SECTION II. — ÉLECTRICITÉ. — CHAP. IV
éimreoce «Mentlelle enlre les deux élecCrlciléft résiiMUM et yilrée : on peut les oblenir avec un conducteur ordinaire communiqua ut à la machine , mais on les obtient plus belles et plus régulières au moyen de la bouteille de Lejde. Pour cela on prend une bouteille ckargée et l*on trace des figures sur un gâteau de ré« tlne très-sec : d*abord avec le bouton , qui contient par exemple l'électricité vitrée j et ensuite avec la panse , qui contient Téleclricité résineuse. Après cela , avec un toofllel qui contient un mélange de soufre et de minium très-bien pulvérisé , on souffle sur le gftteau de résine et ron distingue alors les traces électriques que la bouteille a laissées sur la résine. Les traces vitrées devienneot Jaunes et les résineuses deviennent rouges , parce que dans la poudre mélangée le soufre est électrisé ré^ •iiieuaement et le minium vitreusement. Ces traces sont très-différentes : les Jauues sont comme héri$êées en filets divergents, tandis que les rouges offrent partout dee contours arrondis.
Le pèrtm-carte {flg, 850 ) offlre un phénomène eu* fieux ; chaque pointe élant mise en communication arec Tune des faces de la bouteille, rélincelle part et ta carte est percée d*un trou plus grand qu*un trou d*é> piBSie; des deux c6tés, on observe autour du trou un petit bourrelet et des filaments tirés en dehors , comme si le fluide était parti du milieu de la carte pour sortir par ses deux faces. M. OBrsted explique ce fait et beaueeap Vautres analogues, en supposant que Télectricité ■^éprouve pas un mouvement de translation dans les corps, mais seulement un mouvement de vibration par lequel s'opèrent , autour de chaque molécule , des décompositions et recompositions successives ; ainsi , le fhiide vitré qUl se présente au point a décompose les fluides naturels des molécules qu'il rencontre, attire le réslBeiix avec lequel il se recombine par une étincelle , le vitré , qui va â son tour décomposer les I naturels des molécules suivantes, attirer le réaiaettx pour se recombiner avec lui par une nouvelle étincelle, et repousser le vitré; et ainsi de suite; de sorte qu'il y a autant d'étincelles que de molécules de Matière pondérable : on peut rendre cette supposition aaasible en faisant passer la décharge électrique par àt$ grains de métal enfilée dans la soie et séparés l'un de rentre.
Ifoas reviendrons plus tard sur cette importante tbéoffie,qai seasble confirmée par tous les faits de l'électricité cbinlque.
Le trou de la carte 6e se foit pas à égale distance des 4e«x polBles ; mais , dans l'air ordinaire^ il se fait toujenra près de la pointe résineuse, et , dans l'air raréfié sous la cloche de la maciiine pneumatique, il s'en éloigne pour se rapprocher de plus en plus de la pointe vUrée. Ce flUl, constaté par M. Trémery, reste sans «fliplieatjon.
Pour percer le verre par la décharge électrique , on dunge on peu la dispositiott de l'appareil précédent , fWPOe qu'il est alors nécessaire de mettre à l'cxtrémilé
de l'une des pointes nne goutte d'un liquide èonducleur , une goutte d'huile par exemple , qui touche im* médiatement le verre dans une étendue un peu considérable.
Le percB-Witrê est représenté dans la figure 8^.
On enflamme tes liqueurs spiritueuses avec ta bouteille de Leyde plus sûrement qu'avec l'étincelle directe du conducteur de la machine. On peut même enflammer du coton roulé dans le lycopode et dans la résine pulvérisée.
C'est au moyen de la bouteille de Leyde que l'on â essayé d'apprécier la vitesse avec laquelle le fluide électrique se transmet dans les corps. Des fils de métal isolés, dont l'ensemble forme une lieue, transmettent instantanément la décharge électrique ; ces expériences furent faites en France et en Angleterre, de 1745 à 1750. A cette époque on essaya pareillement la transmission de l'électricité par l'eau et par le sol sec ou humide: en partant d'un point donné , un fil de métal de plusieurs centaines de toises de longueur , isolé sur des piquets de bois très-sec , s'en allait s'enfoncer dans le sol par son autre extrémité , après avoir traversé des rivières et des terrains de différentes natures ; au point de départ, il était mis en communication avec l'une été faces de la bouteille , tandis que ie sol était mis en commucication avec l'autre face ; les fluides ne pouvaient se Joindre qu'après avoir traversé toute la longueur du fil métallique et toute l'étendue du sol et de l'eau, depuis la seconde extrémité du fil Jusqu'au lieu de l'observation ; et , malgré tant d'espace et tant d'obstacles , la décharge de la bouteille était instantanée , comme si elle eût été faite par l'excitateur ordinaire. Dans un point quelconque de cette longue chaîne , on pouvait enflammer des liqueurs spiritueuses , et c'était alors un spectacle fort étonnant de voir l'alcool s'enflammer par du feu qui venait de traverser une rivière.
La cofuffto/tofi de la bouteille de Leyde est assn forte pour être dangereuse : elle passe par les bras et la poitrine , lorsqu'une main tenant la panse de la bouteille , l'autre en vient toucher le bouton. Alors , les faibles charges se font sentir dans l'avant-bras seulement, les charges un peu plus fortes se font sentir au coude , et les charges plus fortes encore donnent une vive douleur à la poitrine. Pour faire passer la commotion entre deux points donnés du corps « il suffit d'établir des armatures sur ces deux poinU , c'esl-è-d)re des plaques de métal que l'on fait communiquer aux deux faces de la bouteille.
Lorsque plusieurs personnes forment In cAolne en se tenanS par la main , si la première touche la panse de la bouteille et la dernière ie bouton , tout le cercle reçoit instantanément la commotion : les personnes qui aoirt au milieu éprouvent un choc un peu moins vif que celles qui louchent la bouteille. On était autrefois fort cnriiiux de savoir Jusqu*où pouvait s'étendre cette puissance du choc électrique , et , après l'avoir tenté sur des eereics nombreux , on l'essaya sur nn régiment