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CHAPITRE V

De U Inmière électrique et do mouvement des corps électrisés.

207. CandUione générales pour que l'électricité dotme de la Afmiére.— Les plus grandes charges électriques accumulées sur les corps, soit directement, soit par dissimulation , ne donnent jamais aucune apparence lumineuse quand Téquilibre est établi et que le fluide est en repos. Ainsi , la première condition de la lumière électrique est le mouvement des fluides ou la rupture de leur équilibre. Cette condition , toujours nécessaire , n*est pas toi^ours suffisante ; il faut encore que la tension des fluides qui détermine leur mouvement soit une force assez considérable. Par exemple, réiectricité d*une machine ordinaire ne donne point de lumière sensible quand elle s*écoule dans le sol par un fil de métal ; tandis qu*une machine puissante peut environner d^une auréole brillante un fil de fer de cinquante pieds de long , communiquant au sol aussi parfaitement qu^il soit possible (Tan-Marum, Description ée la grande machine du musée de Texler). La tensloo nécessaire à la production de la lumière est tout à «aH d^[»eiidante de Fétat, de la forme, et de la con-

ductibilité du milieu dans lequel les fluides électriques doivent se mouvoir : quelquefois de faibles tensions donnent une lumière éclatante; d*autres fois , les plus for^ tensions qu*on puisse accumuler né donnent pas la moindre apparence lumineuse.

208. LumÛre électrique dans l'air et dans les gaa sous la pression de l'atmosphère. — La distance à laquelle on peut tirer Tétincelle d'un corps électrisé dépend surtout de la conductibilité de sa substance , de rétendue de sa surface et de Tépaisseur de la couche électrique dont il est chargé; car, la seule condition pour que rétincelle parte est que la tension de réiectricité puisse vaincre la pression de Pair. Dans les corps à formes anguleuses , celte condition se trouve rem* plie , même pour des charges assez faibles, et le fluide se dissipe spontanément , en formant des aigrettes de lumière qui brillent dans les ténèbres et dont les traits divergents présentent quelquefois plusieurs pouces de longueur. Dans les corps à formes arrondies , il faut de très-puissantes charges pour que rétincelle parte d*elle-méme ; mais, si on leur présente un conducteur communiquant au sol , il s*exercc à Tinstant une action par influence , les fluides se déplacent en vertu de la conductibilité , s^accumulent en raison de retendue des surfaces, et rétincelle jaillit dès que la pression de rair est vaincue sur Tun ou i*autre des corps qui sont mis en présence. Une machine est très-forte quand elle peut , sans le secours des conducteurs secondaires , donner des étincelles à vingt ou trente pouces. A cette distance , la lumière électrique forme un sillon de feu dont les sinuosités sont tout à fait analogues aux zigzags de réclair.

Pour multiplier les étincelles que donne une machine, il suffit de multiplier les solutions de continuité du conducteur par lequel le fluide s'écoule dans le sol. C'est sur ce principe que reposent tous les jeux de la lumière électrique.

Avec des grains de métal enfilés dans de la soie et maintenus par des nœuds à quelques millimètres de distance , on peut composer des chaînes, des guirlandes ou des dessins , qui paraissent resplendissants de feu pendant tout le temps que Pou tourne la machine avec laquelle ils communiquent : entre le dernier grain et Pavant-dernier la lumière parait au même instant qu'entre le premier et le second, tant est rapide la communication de Pélectricité dans toute la longueur de la chaîne.

Les tubes étincelants {flg, 303) se composent avec de petits losanges de feuilles d'étain que Pou colle sur le verre en approchant leurs pointes à de très-petites distances Pune de l'autre; Pélincelle jaillit au même instant entre tous ces losanges, et le tube ou le matras parait illuminé dans toute sa longueur.

Les carreaux étincelants offrent à l'œil des dessins plus fins et plus variés : on les forme en collant sur un carreau de verre ordinaire de petites bandes de feuilles d'étaln bb', ce", etc., {flg. 309), qui ferment

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