CHAPITRE II
De la pile de YolU,
m. Prineipeê $ur UêqueU repoêe la canitmcHon éê lu pile. — La pile se construit avec trois corps différents : deox sont métalliques et bons électromoleurs ; et le troisième est non métallique, bon conducteur, et Irès-Aiiblement électromoleur.
Les néuax qu'on emploie avec le plus d'avantage sont le zinc et le cuivre : le premier forme les éUmentê poêUifè de la pile, le deuxième les éléments nègalifê: ëen éléfflenls réunis ou soudés ensemble , l'un positif et Tautre négatif, composent ce qu'on appelle une paire ou tm couple.
Le corps non métallique est ce qu'on appelle le cofsduetemr: tantôtc*est wktrùndellehumidej c'est- à*dire
une rondelle de drap ou de carton Imbibée d'eau pure ou de quelque dissolution acide, alcaline ou saline; tantôt c'est la dissolution elle-même ; d'autres fois c'est un corps sec , et alors la pile est ce que Ton appelle une. plie sèche.
Concevons une plaque de cuivre, ou un élément négatif, communiquant au sol par le fil conducteur non métallique représenté par f (fig. 537) ; sur sa surface supérieure posons une plaque de sine de même dimension : à l'instant du contact , la force électromotrice exerce son actiqn ; le fluide résineux qu'elle développe passe sur le cuivre , et s'écoule dans le sol ; le fluide vitré, au contraire , passe sur le zinc et s'y accumule jusqu'à ce qu'il ait acquis la tension maximum que la force électromotrice est capable de retenir, il ne faut pour cela qu'un moment inappréciable ; cette tension , ou plutôt répaisseur électrique qui la produit , étant prise pour unité, nous dirons que le cuivre est à l'état naturel, tandis que le zinc est couvert d'une épaisseur 1 d'électricité vitrée. Si par quelque moyen nous allions enlever au zinc une partie du fluide qui le couvre, il n'aurait plus répaisseur 1 qu'il doit avoir : la force électromotrice le reproduirait à l'iustant par un nouveau développement qui réparerait exactement la perte , et par un égal développement de résineux qui s'écoulerait dans le sol. A chaque portion de fluide que l'on viendrait de la sorte enlever au zinc, il y aurait une réparation subite pour reproduire sans cesse l'épaisseur 1, qui est l'état de l'équilibre galvanique; et, si l'on établissait par exemple la communication du zinc avec le sol par un fil non métallique^ son fluide vitré s'écoulerait sans cesse , et serait sans cesse réparé ; en même temps le fluide résineux développé sur le cuivre s'écoulerait de même : tellement que, si l'on approchait l'un de l'autre les deux fils non métalliques qui touchent le zinc et le cuivre, les fluides se recomposeraient à leur point de contact, et l'on aurait une circulation électrique continue; les fluides seraient séparés au contact des métaux, et recomposés au contact des fils conducteurs non électromoteurs qui communiquent avec eux.
Cela posé, laissons le cuivre seulement communiquer au sol , et sur le zinc plaçons une rondelle humide ; il est évident qu'elle partagera l'électricité vitrée du zinc, mais que, la perte étant réparée à l'instant, l'épaisseur sera 1 sur la rondelle et sur le zinc, comme elle était d'abord.
. Il en sera de même encore si nous posons une plaque de cuivre sur la rondelle humide, puisqu'il n'y a point de force électromotrice entre ces corps.
Mais si nous posons une deuxième plaque de zinc sur celte deuxième plaque de cuivre , le phénomène sera plus compliqué, et c'est ici que se montre le véritable principe de l'accumulation de l'électricité dans la pile. Supposons pour un moment que l'action de la force électromotrice soit suspendue dans ce deuxième couple: alors, il est évident que le zinc prendrait une épaisseur t de fluide vitré, comme l'ont fait la rondelle humide