‹ Eléments de physique expérimentale & de météorologieChapitre 123 sur 341 · LIVRE m. ^ MAGNÉTISME ET ÉLECTRICITÉ · texte numérisé non relu

LIVRE m. ^ MAGNÉTISME ET ÉLECTRICITÉ

réleclricité au contact des corps hélérogènea ne f*accrédHait que lentement, la févérilé des théories physiques en réclamait àe% preuves encore plus directes et plus décisives, et Yolta ne fut pas longtemps à les produire. Un appareil qu*il avait inventé quelques années auparavant lui en fournit les moyens : c*est le condensateur que nous avons décrit précédemment , et qui est représenté {figure 590).

L'expérience se fait de la manière suivante : après s*étre assuré que le condensateur garde bien le fluide qu*on lui donne , et après Tavoir remis à Tétat naturel, on établit, avec les doigts mouillés, une communication entre son plateau supérieur et le sol ; en même temps une plaque de zinc, communiquant pareillement au sol, est mise en contact avec le plateau inférieur; un seul instant suffit, on rompt les communications, on enlève le disque supérieur, et Ton observe une divergence sensible dans les lames d*or. B^où vient celte électricité ? n est évident qu'elle n'a pu être développée qu'au contact du cuivre avec la lame de zinc ; c'est là qu'une force particulière a exercé son action pour séparer les fluides naturels et pour les mettre en mouvement : le fluide vitré qu'elle a fait passer sur le zinc s'est écoulé dans le sol ; le fluide résineux qu'elle a poussé sur le cuivre du plateau inférieur s'y est accumulé par dissimulation, en agissant sur les fluides naturels du plateau supérieur ; et, ce plateau étant enlevé , toute l'électricité résineuse , dissimulée dans le plateau inférieur, se répand librement, passe dans les lames et produit la divergence qu'on y observe.

En substituant à la lame de zinc une lame de même métal que le plateau, nul effet n'est produit. Mais tous les autres métaux produisent une divergence dans les lames : le plomb , l'étain , le fer , le bismuth et l'antimoine, prennent, comme le zinc, l'électricité vitrée et donnent au plateau une charge résineuse : tandis que for , l'argent , le palladium et le platine, produisent un effet contraire ; ils prennent une charge résineuse, et donnent au cuivre du plateau une charge vitrée. Ces expériences sont décisives, mais elles ne donnent pas encore, de la force qui développe l'électricité, l'idée complète que l'on doit en avoir , car , on pourrait supposer qu^elle agit seulement à l'instant du contact , et qu'elle dérive peut-être du frottement ou de la pression qui s'exerce alors entre les surfaces métalliques. Pour lever tous les doutes à cet égard , Yolta eut l'ingénieuse Idée de faire une plaque double ( figure S36) , dont les deux moitiés, l'une en zinc et l'autre en cuivre, se trouvent soudées à la Jonction sa'. Or, en prenant à la main le zinc de cette plaque, et en loac|^ant avec son cuivre le plateau inférieur du condensatateur tandis que le plateau supérieur communique au sol , on obtient la même divergence dans les lames que si le zinc eût immédiatement touché le cuivre du plateau. Donc, dans la plaque double , après des années de contact, la force agit encore entre le zinc et le cuivre comme si ces deux métaux venaient de w toucher à l'iDstant;

390. De la farce éleolrtmotrice, - Cette fores boovelle, qui s'exerce entre les substances hélérogènei, eit ce qu'on appelle la farce é/ecinmotHee ; elle naUda conUct , elle réside à la surface de Jonction, et U, elle agit pour décomposer rélectrieité naturelle, lépanot sans cesse les deux fluides , faisant passer le vitré m l'un des corps et le résineux sur l'autre. Ainsi, Isfiliqie double iflg. 886) étant isolée, il est impossible qa'elle soit Jamais à l'état naturel.

Toici les principaux caractères de cette forée :

Elle produit la décomposition été fluides nahtrebet empêche leur recomposition : par le premier effet, le fluide vitré est poussé sur le zinc, et se disperse «r toute son étendue en vertu de sa répulsion propre, tandis que le fluide résineux est pareillement poonéel dispersé sur le enivre; par le second effet, ces loidn contraires sont maintenus en présence, Van à droite, l'autre à gauche de la surface de contact, sans pooreir franchir cette surface et se recomposer en fertuie leur attraction mutuelle. Pour avoir une idée ploi précise de cette résistance, on peut concevoir oa asosest qu'il n'y ait pas de décomposition au conUct, et fK l'on donne artiflciellement un peu de fluide vitré m zinc ; alors, ce fluide ne passerait point sur leetlne, la force électromotrice serait comme un obstacle espible de farrêter.

Comme obsude à la recomposition, la force électromotrice a une limite; c'est-à-dfre qu'elle n'est paiopable d'arrêter des charges quelconques de floide Titré sur le zinc, ou de fluide résineux sur le cuivre. Bèi ftt ces charges, acquises naturellement par le conisetoa données artificiellement, atteignent une certsine teision, elles peuvent franchir la snrtece de Jonction pour se répandre au large ou pour se recombiner; mil, dans ce cas , la force électromotrice arrête encore tost ce qu'elle peut arrêter. On admet qu'en représeatast en général par -(- / la tension da fluide vitré fû te trouve sur le zinc , et par — f la tension do fluide résineux qui se trouve sur le cuivre, la différence l+f' des deux tensions est une quantité constante, qM» que soient les charges de fluide vitré ou résineux. Si li cuivre était chargé de vitré comme le zinc, sa leoiiei serait alors représentée par -f f, et la différence !-<' serait encore la même. Cest cette différence des éeix tensions que l'on appelle ieneion moMimmmff»^ qu'elle est en effet le maximum de ce que la foret Utttromotrice peut arrêter et retenir pour empêekrl^éqnilibre ordinaire.

Comme cause de décomposition , la forée élecUiHMtrice est instantanée et perman^ite : peraunente, psree qu'elle est toujours prête à agir dès que la temisi n'est pas ce qu'elle doit être pour l'équilibre galvanique; et instantanée , parce <pi*il ne lui fiant fi*i0 instant inappréciable pour porter cette tension à ao maximum. On reconnaît que cette tension est triifilble, parce qu'une lame de zinc m charge pi ^ condensateur lorsqu'elle est isolée, tandis fMê H

SECTION m. — GALVANISME. — CHAP. il.

diarge ee uo iattant lortqu*elle eommimique au sol.

Les tentiotu éleclriquet, développées et retenues par la force électromotrice, ne sont pas les mêmes au contact de tous les corps. Les métaux sont bons éUctromoiêurt, bien que l*on observe entre eux des différencet très-marquées; et Ton dit, en général, que les autres substances ne sont point éleclromoctrices, parce qu*€n effet elles ne produisent, au moyen du condensateur, que des résultais insensibles : mais, lorsqu'on les éprouve avec des instruments plus délicats , on reconnaît qu'elles développent aussi Télectricité par le coatact \ seulement, les tensions qu'elles produisent sont iBcomparablement plus faibles que celles des métaux.

Ainsi, la force électromotrice découverte par YoUa est une force universelle qui s'exerce au contact de toutes les molécules des substances bélérogènes, qui décompose sans cesse les fluides électriques , et qui donne naissance à des forces nouvelles dont les effets se font sentir à la matière pondérable. Or les éléments qui conposent la terre, soit à sa surface soit à diverses profèndeurs, sont mêlés et confondus de telle sorte qu'il j a partout hétérogénéité entre les parcelles qui se tonclient : combien de substances diverses sont mises en contact dans les plus petits des êtres organisés, et combien de réactions électriques s'y doivent développer ! La terre végétale, les pierres, les roches, les laves, les coucbes géologiques, sont-elles autre chose qu'une agrégation de principes différents entre lesquels la force électfOBoIrice doit agir aussi avec plus ou moins d'intensité? On aperçoit, d'une seule vue , tout ce qu'il y a de fécoad dans cette découverte, et nous verrons que les premiers observateurs n'ont pas été trompés dans lenrs espérances , quand ils ont cru que les principes d« galvanisme deviendraient la clef d'une foule de phé-

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