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LIVRE III. — MAGNÉTISME ET ÉLECTRICITÉ

un vate d*eau forlement acidulée , le fil de platine devient rouge à rinstant , par le seul effet du courant qui le traverse.

Avec une pile d*une vingtaine de couples, disposée comme celle des figures 846 , S47 et 548 , on peut faire h peu près toutes les expériences galvaniques. On la cliarge liabituellement avec de Feau contenant '/is d*acide sulfurique et '/t» d'acide nitrique.

La pile en hélice h*est en réalité qu'une modification de la pile de Wollaslon ; elle est surtout destinée à produire de grandes quantités d'électricité sans donner de grandes tensions. Les figures 349 et 850 représentent les dispositions que J*ai adoptées pour la pile de la faculté des sciences. Sur un cylindre en ho\$ b{flg. 549), de trois pouces de diamètre et d*un pied de long, on enroule deux lames , Tune de zinc et l'autre de cuivre, qui sont séparées par des bouts de lisière de drap l, Joints par de petites ficelles dont l'épaisseur est un peu moindre que celle de la lisière. On forme ainsi des couples dont les deux éléments ont chacun cinquante ou soixante pieds carrés de surface ; un seul de ces couples (figure 550) est capable de produire des effets physiques très-énergiques, et, lorsqu'on réunit seulemept SO couples pareils on a une batterie d'une puissance extraordinaire pour chauffer et liquéfier instanla* nément , non pas des fils , mais de véritables tiges de métal.

336. EffhU p/^êiologîques de la pile» ^ Les corn- MOlions que produit l'électricité de la pile ne sont ni moins vives ni moins redoutables que celles des batteries ordinaires ; leur intensité dépend surtout du nombre des paires, et par conséquent de la force de tension. L'épiderme est un mauvais conducteur, et Ton peut, avec les mains sèches , établir la communication entre les p^les d^une pile de 20 ou 30 paires , sans éprouver la moindre secousse : mais , avec les mains mouillées , ou seulement humides , on reçoit le choc instantanément ; le courant qui s'établit alors dans les membres continue de les agiier aussi longtemps que dure le contact.

. Dans les premiers temps du galvanisme , on a fait de BOinbreuses expériences sur les effets thérapeutiques des courants de la pile ; on a essayé surtout de guérir les névralgies, la goutte, les rhumatismes, les paralysies, etc. : on dirigeait les courants comme les déchargfs électriques, au moyen d'armatures métalliques disposées de part et d'autre des organes affectés, et Ton augmentait peu à peu le nombre des paires de la pile pour rendre les commotions plus vives et plus efficaces. Depuis , Ton est parvenu à donner aux appareils beaucoup plus de précision^l à graduer leur force d'une manière certaine ; en même temps on a obtenu des effets plus assurés , et il parait bien constant aujourd'hui que certaines afieclions cèdent au traitement galvanique lorsquMl est employé avec discernement.

Dans les corps récemment privés de la vie , un courant énergique excite encore des commotions et des

mouvements extraordinaires : on dirait qm toute Torganisation s'agite et fait d'incroyables efforts poor se ranimer ; mais ces violentes convulsions eesseat avec le courant , et tout retombe dans i*inertje de la qmtL

Cependant , dans une série d'expériences que noss avons faites avec MM. Magendie , Andral et Boulîa, sur l'irritabilité produite par les courants électriques , nous avons reconnu que des aninuux asphyxiés aoot promptement rappelés à la vie lorsqu*OD les niMt esitre les deux pôles de la pile: nous avons plusieurs fois ranimé des lapins et des cochons dinde qui étaient asphyxiés depuis plus d'une demi-heure.

Nous avons reconnu pareillement que le courant excite des mouvements péristaltiques trèt-remarquablet dans plusieurs vaisseaux.

La commotion est sans doute le plus simple 4e eet phénomènes physiologiques ; elle est produite par rélectricité ordinaire comme par l'électricité de la pile, et, cependant , on ne sait rien Jusqu'à présent sur sa Térîtabte cause. Quelles sont les substances organiques que le fluide affecte de préférence ? Quelles sont les modifications qu'il imprime , ou à leurs molécules individuelles , ou au système qu'elles ooaposeal? C*est sans doute ce que des expériences ultérieures feront conaaitre. Les substances inorganiques sont, comme nous allons le voir , échauffées par le courant , on décomposées chimiquement ; et il est probable que , dans les corps vivants « ce n'est ni l'un ni l'autre de ces efleU qui produit la commotion.

M. Marianini a constaté à cet égard un fait remar^iable , c*est que quand le courant électrique se propage dans les nerfs , dam le sens de leure ramificeUiotu , il produit une contraction musculaire au moment où il pénètre , et une sensation au moment où il cesse : et qu'au contraire, quand il s'y propage en êenë inveree de leurê ramificalian» , il produit une sensatiou tant qu'il subsiste, et une contraction au aioaient où il cesse. {Jnn. de P/^jn. et de Chim., t. 40 , p. 235).

327. EffhU phxeiques de la pile. — Les courants peuvent produire , comme les décharges des batteiies ordinaires , de la chaleur, de la lumière et du magnétisme.

Lorsqu'un fil métallique assex fin et assex court établit une communication directe entre les pôles de la pile , il s'échauffe, devient rouge, rouge-Mane , et souvent même il se fond et se volatilise.

Le fer et l'acier se liquéfient facilement , alors ils brûlent avec un éclat éblouissant.

Les minces'feuilles d'or sont volatilisées , et , comme on ne peut en toucher un point sans le réduire en vapeur , il s'établit de nombreuses solutions de continuité entre lesquelles on voit briller une foule de petits éclairs d'une couleur verte très-vive.

Les feuilles d*argent présentent à peu près les mêmes phénomènes.

I«es feuilles d'élain brûlent avec moins d'éclat ; elles tombent en petits globules rouges , qui donnent nais-

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