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LIVRE Ifl. — MAGNÉTISME ET ÉLECTRICITÉ

ment : on remarque, en général , que let pelitet atpérilét de la surface donnent aux corps , tk surtout aux corps mauvais conducteurs, une tendance à prendre réiectrieité résineuse. Ainsi , en frottant l'une sur Tautre deux lames du même verre. Tune polie et Tautre dépolie, la première prend rélectridté Titrée et la seconde réiectrieité résineuse : cependant , il y a d'autres causes qui produisent le même effet , comme nous rayons indiqué pour le disthène (193).

4« Une lame de métal prend toujours Téleclricité vitrée, lorsqu'elle est frottée par de la poudre plus ou moins fine du même métal ( Becquerel, t. 9, p. 117 ) : on en ttâi Texpérie nce , en mettant en contact avec Tun des plateaux du condensateur une petite coupe dans laquelle on reçoit la fine limaille métallique qui a été projetée avec plus ou moins de- vitesse sur une lame de même métal que Ton tient à la main ; TélectriciCé dont se charge le condensateur montre que la limaille a pris réiectrieité résineuse par son frottement rapide sur la lame.

5» Deux lames de différents métaux , frottées Tune contre Tautre , prennent assez d'électricité pour donner naisunce à un courant sensible : on en fait Texpérience en adaptant les lames aux deux extrémités du fil d'un multiplicateur, et en les faisant ensuite glisser l'une contre l'autre , le sens de la déviation de l'aiguille indique respêce du fluide qui se développe sur chaque lame, et l'on a pu former ainsi la table suivante, dans laquelle chaque métal est vitré avec ceux qui le suivent, et résineux avec ceux qui le préeèdenUBecquerel , t. 3, p. 114):

AnUmoiiie.

ArgeaC

PlatÎM.

Arsenic.

Or.

P«ll«diOBI

CadmitUD.

Çuirre.

Éldo.

Cobalt.

Fer.

Nickel.

Zinc.

Plomb.

Bitmiith.

6o La tension de l'électricité développée par le frottement est Indépendante de la vitesse, delà pression, de l'étendue des surfaces en contact , de l'épaisseur des corps frottants et du mode du frottement (Péclel, Jnmaieê de Phye, et de Chtm., t. 57, p, 537).

360. La simple pression, sans fh>ttement latéral, exerce sur les molécules des corps une action mécanique qui n'est sans doute pas la même que celle du frottement, bien quil soit difficile d'assigner avec précision en quoi consiste la dlBlk^nce; cependant, la pression est capable aussi de développer de l'électricité , comme nous l'avons vu (316).

M. Becquerel a construit un grand appareil pour étudier ces phénomènes, et il parait résulter, de ses nombreuses recherches , que la quantité des fluides dégagés est proportionnelle à la pression. Les liquides n'ont pas été soumis à ces épreuves , et les gax , qui sont si éminemment compressibles , n'ont manifesté aucune apparence électrique. Il nous semble, au reste, qu'en limiUnt même ce sujet aux corps solides , il offre peut-être

beaucoup moins dimportance que de difficultés : 9 eit probable que Ton produirait un courant avec ceUe étoetridté , en prenant très-minces les disques qui éoircat se presser , et en les collant sur des lames de nélsl qii seraient elles-mêmes adaptées aux deux cxtrémiléiéi fil d'un multiplicateur convenable.

Le clivage s'opère avec plus ou moins de tedtlté dm la plupart des corps lamellaires régulièrementcrisUriliiéi, comme le talc, Ife mica, la chaux sulfiiée, la bsrTli sulfatée, le feldspath, la topase, etc. Siroafiieéei manches isolants aux deux grandes faces dH»é bme mince de l'un de ces corps , et que , par un effort particulier, on la divise en deux dans le sens du divage, tai deux lamelles qui en résultent sont électrisées , raae vitreusement, l'autre résineusemenl (BecqMeni,U% p. 113).

Ces électricités sont sans doute trop faibles poirfN l'on puisse les transformer «i un courant sensible.

jicikms pl^eiqueê.

367. Les actions physiques qui dévdoppentderâeetricité sont : les actions captilatrei, et les acUoméeli chaleur, du magnétisme et de l'électricité; car, jiiii|i*è présent , on n'a pas lieu de penser que l'aetioa ëe la lumière puisse , dans aucune drconstanee, détemiaer la séparation des fluides électriques.

368. M. Becquerel attribue à l'action capiliaire lei phénomènes électriques qu'il a observés dans les etresastances suivantes :

A l'un des bouU du fil d'un multiplicateur très-«aiible on adapte une cuiller de ptaiine remplie d'acte nitrique pur, à l'autre bout du même fil on adapte «ai éponge de platine soigneusement lavée à l'acide aitiique , et ensuite chauffa au rouge ; on plonge emaile cette éponge dans l'acide de la cuiller , et i'oa obacrre une déviation dans l'aiguille du multiplicateur; le leat du courant montre que l'éponge a pris l'éledridté négative : cependant, après qudques instants, on obierre un courant contraire.

Lorsque l'acide ost étendu de la moitié de soa poids d'eau, l'on n'oLse.Te que le premier effiet; il dY a plai de courant inverse.

L'acide chiorhydrique concentré donne des sM inverses de ceux de l'acide nitrique pur.

Ces faits sont peut-être trop restreints et trop coah plexes pour qu'il soit permis d'en condure d'une ■»nière générale que l'action capillaire dégage de l*éle^ tridté.

369. L*acUon de la chaleur ne se fait pas aedeacal sentir sur la tourmaline et sur d'autres cristaux poorlei rendre électriques, comme nous l'avons vu (317), w^ die se fait sentir aussi sur les corps bons conductenrt, et particulièrement sur les méuux, pour y développer 6u courants plus ou moins énergiques qui ont étédécai* veruen 1831 par le docteur Seebeck, de Beriin:letc0«rants que l'on appdieMermo-él0C/r£far«f, àcausedeltiff

SECTION IV. — ËLECTRO-MAGNÉTiSME. ^ CHAP. IV.

origise, eonstitoent ai^ourd'hui, sous le nom de thermomagnétisme, r^ine des branches les plus intéressanles de réiectro-magnétisme. Nous ne ferons connaître ici que les principales conditions sous lesquelles ils se produisent | mais, dans Tun des chapitres suivants, nous essayerons d*établirles lois remarquables de leur Intensiié.

Les recherches qui ont été faites sur la formation de ces courants peuvent être résumées par quelques propositions générales que nous allons successivement examiner.

Première proposition. Deux fils métalliques étant sondés bout à bout, de manière à composer un circuit fermé de forme quelconque , il s*établit dans le circuit an courant plus où moins énergique, toutes les fois que les deux soudures sont à des températures difiFérenles , et le courant persiste aussi longtemps que la différence des températures est maintenue.

On démontre cette proposition pour un cas particulier au moyen derappareil qui est représenté dans la fig. 420 : a a' eat on cylindre de bismuth ;sos^ une barre ou une lame de cuijrre recourbée et soudée aux extrémités s et a^ du cylindre de bismuth, a b une aiguille aimantée, libre sur son pivot. Les soudures a' et s étant à la température ambiante, on dirige le plan vertical de Tappareil dans le méridien magnétique ; alors , si Ton échauffe la soudure s par exemple , Taiguille éprouve une déviation plus ou moins considérable , et , si Ton refroidit la même soudure s au-dessous de la température ambiante, raiguille éprouve une déviation en sens contraire»

Ces mouvement^ de raiguille , tantôt dans un sens et tantôt dans Tautre , accusent bien évidemment la présence d*un courant électrique qui se propage dans un sens lorsque la soudure s est plus chaude que la soudure a^y et dans le sens opposé quand au contraire c*est la soodureV qui est plus chaude que la soudure s. Cette conséquence se confirme encore en agissant sur la soudure ^y au lieu d^agir sur la soudure a.

Tous les métaux ne donnent pas des résultats aussi frappants que le bismuth et le cuivre; mais alors, au lieu d^une seule aiguille, on emploie un système de deux aiguilles compensées comme on le voit dans la fig. 491 : la bande supérieure a c a' est i *ndue pour laisser passer raiguille inférieure , et le pivot s*élèveju8qu*à Taiguille supérieure.

Pour faire voir que les différences de température les plus Imperceptibles entre le bismuth et le cuivre sont capables de développer des courants tj^-énergiques , on emploie Tapparellqui est représenté dans la fig. 423. Enfin , pour un très-grand nombre d*expériences , il est nécessaire d'avoir recours à remploi du multiplicateur; mais les multiplicateurs thermo-électriques doivent, en général, être composés avec un fil très-gros et n*avoir qu*un petit nombre de tours, comme nous rexptiquerons plus loin (chap. TI) : si , avec les deux extrémités du fil de cuivre d*un tel multiplicateur, on

POUIUIT. — tLtl. BE PHYSIQUE.

touche , par exemple , un morceau de bismuth ou d'antimoine , on verra que la moindre différence de température aux deux points de contact détermine une déviation considérable*

Pour étudier par ce moyen les courants thermo-électriques donnés par deux métaux quelconques, comme le fer et le platine , il suffit de couper en deux un fil de platine , et d'adapter chacune de ces moitiés à chacun des bouts du multiplicateur, de manière que le contact soit bien métallique ; alors , pourvu que ces jonctions soient exactement à la même température, le mulliplicateur , armé de ses deux bouts de platine , Jouira des mêmes propriétés que s'il était tout entier composé d'un fil de platine continu, c*e8t-à-dire qu'en touchant maintenant avec un fil de fer les deux extrémités du multiplicateur , on aura des courants qui ne pourront résulter que de la différence de température des deux points de contact du fer et du platine.

En soumettant les différents métaux à cette épreuve , ou à d'autres analogues, on arrive aisément à démontrer la proposition générale que nous avons énoncée; mais l'on reconnaît en même temps que les différentes couples métalliques ont à cet égard des sensibilités trèsHiifférentes , car , dans les mêmes circonstances , les unes donnent des courants d'une grande énergie, et les autres des courants excessivement faibles.

On a pareillement essayé , par les mêmes moyens , de classer les métaux À raison de leur tendance à prendre réiectricité positive ou négative, et les résultats que l'on a obtenus sont représentés dans le tableau suivant , où chaque métal est positif avec tous ceux qui le suivent, et négatif avec tous ceux qui le précèdent :

Antimoine.

Leiton.

Cobalt.

Arsenic.

Rhodium.

Palladium

Fer.

Plomb.

Platine.

Zinc.

ÉtaiD.

Nickel.

Or.

Argent.

Mercure.

Cuifre.

MangenèM.

Bismuth.

M. Becquerel a observé qu'à de très-hautes températures le fér et le platine changent de rôle : mais cette inversion ne parait pas constante; car Je n'ai rien observé de pareil dans un très-grand nombre d'expériences dont il sera question à l'article du I^rométre magnétique, destiné à la mesure des plus hautes températures.

Deuxième proposition. Lorsqu'on chauffé ou qu'on refroidit quelques points d'un circuit métallique fermé et composé d'un seul métal homogène, on y détermine, sous certaines conditions , des courants plus ou moins énergiques.

Le bismuth et l'antimoine paraissent être les métaux les plus propres à montrer ce phénomène remarquable : ainsi , en prenant par exemple un morceau d'antimoine de forme quelconque , et en disposant sur une de ses faces une petite aiguille aimantée légèrement suspendue , on trouve toujours sur le contour de ce morceau

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