LIVRE III. — MAGNÉTISME ET ÉLECTWaiÉ
autsiCôt qu*oii irrile la lorpille, on Toil briller TétiBcelle entre les deux feuilles cl*or.
M. Matleucci a pareillement confirmé Tobeervatlon importante de MM. Becquerel et Bretctiet sur le sens du courant; il a constaté de ton côté que le dos est positif, et le ventre négatif.
Nous regrettons de ne pouvoir donner de plus amples détails sur ces diverses recherches , qui Jetteront sans doute beaucoup de jour sur les propriétés électriques et physiologiques de la torpille.
275. Fropriétiê du gymnote. — Le gymnote électrique, que Ton appelle aussi Vanguille de Surinmm, est doué d*une puissance électrique encore plus grande que celle de la torpille. Walsh fit venir de Surinam des gymnotes , sur lesquels il confirma les résultats qu*il avait obtenus de la torpille quelques années auparavant; mais, de plus, il fit cette observation curieuse, que la commotion du gymnote peut se transmettre d*un conducteur à un autre au travers d*une petite lamed*air, et qu*aIors on voit briller une étincelle électrique {Joum, de Phy9,, t. 8, p. 505).
M. de Humboldt a fait, en Amérique, avec M. Bonpland, un grand nombre d'expériences sur le gymnote. Voici ce qu*il rapporte, dans son ouvrage, des habitudes de ce poisson singulier et des moyens de le pécher.
« Nous partîmes, le 9 mars, de grand matin, pour le petit village de Raitro de Abasot de là, les Indiens nous conduisirent à un ruisseau qui , dans le temps des sécheresses , forme un bassin d'eau bourbeuse entouré de beaux arbres, de clusia, d'amyris et de mimoses à fleurs odoriférantes. La pèche des gymnotes avec des filets est très-difficile à cause de Textréme agilité de ees poissons qui s'enfoncent dans la vase comme des serpents. On ne voulut point employer le barbamiOj c'està-dire les racines du pU cidia erithrxna$ du jmcqui' nia armillariê et de quelques espèces de pkjrHantkUB qui I Jetées dans une mare , enivrent ou engourdissent les animaux : ce moyen aurait affaibli les gymnotes. Les Indiens nous disaient qu'ils allaient pêcher a90C de$ ohevausf. Nous eûmes de la peine à nous fkire une idée de cette pèche extraordinaire; mais bientôt nous vîmes nos guides revenir de la savane , où ils avaient fait une battue de chevaux et de mulets non domptés ; ils en amenèrent une trentaine qu'on força d'entrer dans la mare.
9 Le bruit extraordinaire causé par le piétinement des chevaux fait sortir les poissons de la vase et les excite au combat. Ces anguilles. Jaunâtres et livides, semblables à de grands serpents aquatiques , nagent à la surface de l'eau , et se pressent sous le ventre des chevaux et des mulets; une lutte entre des animaux d'une organisation si différente offre le spectacle le plus pittoresque. Les Indiens, munis de harpons et de roseaux longs et minces , ceignent étroitement la mare ; quelques-uns d'entre eux montent sur les arbres , dont les branches s'étendent horizontalement au-dessus de la
surfUM de l'eau $ par leurs cria ttUTafee ei Hi I de leurs joncs , ils empêchent les chevaux de ae i en atteignant la rive du bassin. Les angiii1l«a« élossrdies du bruit, sa défendent par la décharge réitérée ém lesn batteries électriques ; pendant longtemps eltea •eii Vmir de remporter la victoire. Plusieurs chevaux aoeeoMbcat à la violence des coups invisibles qu'ils rcçoiresH de toutes parts dans les organes les plus essoiitieU A la vie ; étourdis par la fèrce et la fréquence dea cttSBWO tins, ils disparaissent sous l'eau \ d'autres, hakâart, la crinière hérissée, les yeux hagards, et exprimant Tasgoisse , se relèvent et cherchent à Aiir l'oraiso ^i les surprend. \{9 sont repoussés par les Indiens au niÂlîeo de l'eau. Cependant un petit nombre parvient à tromper l'active vigilance des pécheurs ; on les voit ftaicaer la.rive, broncher à chaque pas , s'étendre dana le aaiile, excédés de fatigue et les membres engourdie |Nir les commotions électriques des gymnotes.
» En moins de cinq minutes , deux cfaeranx étaient noyés. L'anguille , ayant cinq pieds de long ai — prasant contre le ventre des ebevaux, fait une décliarge de toute l'étendue de son organe électrique : alla atta^oc à la fois le crnur, les vlMères et le|ilaariM oos/taïasse des nerfi abdominaux. 11 est naturel que l'effuc ^u^éprouvent les chevaux soit plus puissant que celui que le même poisson produit sur l'homme lorsqu'il sm le touche que par une des extrémités. Les dia^aiiii ne sont probableoient pas tués « mais simpteawot étourdis. Ils se noient , étant dans rimpossibilité da ae relever par la lutte prolongée entre les autres olievaux al les gymnotes.
» Nous ne doutions pas que la pèche ne aa taruUaàt par la mort successive des animaux qu'on f em^Me. Mais peu à peu l'impétuosité de ce combat iaé^l diminue i les gymnotes fatigués se dispersent , ils ont besoin d'un long repos et d'une nourriture abondante pour réparer ce qu'ils ont perdu de force galvanique : les mulets et les chevaux parurent molDa efttyéa « ils ne hérissaient plus la crinière, leurs yeux exprimaiani moins d'épouvante : les gynanotes s'approchaient timidement du bord des maraia , où on les prit au nojreo He petits harpons attachés à de longues cordes. Loraque les cordes sont bien sèches* les Indiens, en aauleraat le poisson dans l'air, ne ressentent point de ^ammotiens. En peu de minutes nous eftoMS oinq grraades anguilles, dont la plupart n'étaient que blessées { d'autres furent prises vers la soir par le i moyen,
• La température âtê eaux dans lesquelles viyeut habituellement les gymnotes est de )G« à 97». On assure que leur force électrique diminue dans lea aanz plus froides ; et il est assex remarquable en général» œaime l'a déjà observé un physicien célèbre, que las aniawux doués d'organes électromoteurs, dont les éthU deviennent sensibles à l'homme , ne se rencontrent pas dans l'air , mais dans un fluide conducteur de l'éleotricité. Le gymnote est le plus grand des poissons éleclriqcifs ;
SECTION IV. — ÉLECTRO-MAGNËTISHE. -- GHAP. V.
f tQ ai neiaré qui avaient cinq piedt à cinq pieds trois pouces de long. Les Indiens assuraient qu'ils en avaient TU de plus grands encore. Nous avons trouvé qu*un poisson qui avait trois pieds dix pouces de long pesait douse livres. .Le diamètre transversal du corps était (sans compter la nageoire anale , qui est prolongée en forme de carène) de trois pouces cinq lignes. Les gymnotes du Cano de Bera sont d*un beau vert d*olive : le dessous de la léte est Jaune mêlé de rouge ; deux rangées de petites taches Jaunes sont placées symétriquement le long du dos, depuis la tête Jusqu*au t>out de la queue; chaque tache renferme une ouverture excrétoire : aussi la peau de ranimai est constamment couverte d*une matière muqueuse , qui , comme Yolta Ta prouvé, conduit Télectricité vingt à trente fèis mieux que Teau pore. Il est, en général, assez remarquable qu*ancttn des poissons électriques découverts Jusqu*ici dans les différentes parties du monde ne soit couvert d*éeailies. »
En opérant sur ces poissons, dont les batteries sont ai poiasantes, M. de Humboldt n*a pu découvrir aucune •cUoB directe sur les électromètres les plus sensibles , el auoun phénomène de lumière électrique.
S74. De l'organe éiêotrique. — Dans les divers poissons électriques^ Torgane dans lequel se développe réieciricilé a sensiblement la même texture et les Bénies apparences, quoique différent par sa forme, par sa grandeur et par sa disposition. Nous essayerons atulement de donner une|idée de l*organe de la torpille, qui a été Tobjet des recherches les plus précises. Cet organe se divise en deux parties symétriquement plaeées de chaque côté de la tête et appuyées contre les branchies ; elles occupent Tune et Taulre toute Tépaisaair qui sépare les deux plis de la peau. Lorsqu*on en lait la dissection , on voit qu*il est composé d*un tissu eellnlaire extrêmement lâche , à grandes mailles , qui alfecle la forme d*un cylindre ou plutôt d'un prisme de cinq à six pans. On en fait une comparaison sensible- Bient exacte, en disant qu'il ressemble aux alvéoles d*un rayon de miel; seulement les cloisons ne sont pas de minces membranes , mais plutôt des fibres, séparées et tendues dans des sens différents.
On compte ordinairement dans chaque organe quatre à cinq cents de ces petits prismes , et il parait que Hunier en a compté une fois Jusqu'à onze cent qualre- Tingt-deux. U» sont à peu près perpendiculaires à la direction de la peau , à laquelle ils sont fortement adhérents par leurs deux extrémités. Si Ton observe en Mail la structure de chacun de ces prismes , on y dislingue une foule de lames minces perpendiculaires à Taxe, séparées Tune de Tautre, et ajustées enfin comme les divers éléments d'une pile. Ces petits feuillets dis- Uncls, tantôt plans , tantôt ondulés , sont séparés par des couches muqueuses très-adhérentes; mais, en pressant un organe, on ne peut faire sortir aucune quantité sensible du fluide.
Quatre faisceaux nerveux d*un grand volume vien-
nent se distribuer dans Torgane, et^ d*après M. Mat* teucci , le siège de la puissance éleclrique parait être dans le renflement qui leur donne naissance.
Celte organisation a certainement des rapports frap* pants avec les piles de Yolta ; mais il faudrait des ob* servations analomiques plus précises, des expériences physiques et physiologiques plus nombreuses, pour porter jusqu'à l'évidence ces analogies qui se présentent d*uoe manière si séduisante ; il faudrait surtout s'attacher à reconnallre si l'accumulation de réieciricilé dans les organes électriques est le résultat d'una action physiologique volontaire ; et distinguer, s*il y a lieu, les influences sous lesquelles l'appareil se chargCi et les influences sous lesquelles il se décharge par des modes qui semblent essentiellement différents. C*est là sans doute ce que des expériences ultérieures ne tarderont pas à nous apprendre.