‹ Eléments de physique expérimentale & de météorologieChapitre 16 sur 341 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

apparlement ou même dans une grande Tille, les fils à plomb semblent tout à fait parallèles , parce que le éeulre de la terre , qui est le point où ils tendent , est à une dislance d^enyiron 1432 lieues de 3380 lolses , ou de 1633 lieues de poste de 3000 toises : or 100 toises , par exemple, étant à peu près la trente-millième partie de cette distance , deux fils-à-plomb qui sont à 100 toises ne font en effet qu*un angle de 6", 3. Mais , puis4|u*il en est ainsi, on ne comprend p^s d*abord comment on peut mesurer Tangle des verticales de deux points; car, si ces points sont très-près , Pangle est si petit qu*il échappe aux mesures, et, s*lls sont très-loin, on ne peut plus voir en même temps ni les deux verticales ni Fangle qu*elles font entre elles; toute mesure parait donc Impossible , et le serait en effet , si nous n*avions pas dans le ciel des points d^observation qui servent à nous guider. Les étoiles sont comme des Jalons pour les habitants de la terre : c*est en les observant que nous pouvons mesurer nos angles et tracer nos alignements. la distance du soleil à la terre est de 35 millions de fieues, celle de la terre aux étoiles est 400 ou 500 mille fois 85 millions de lieues; ainsi, en quelque point de son orbite que soit la terre , et en quelque point de la surface de la terre que soit un observateur , les rayons Visuels dirigés sur la même étoile sont des lignes toujours parallèles.

D*après cela, quand une étoile passe au méridien, et 4u\>n Tobserve au même instant à Dunkerque et à Paris, les deux rayons de eipe (flg. 30) sont parallèles , mais les deux angles quils font avec les verticales sont inégaux, et rangle de Paris epv est justement égal à Tangle de Dunkerque eJt/, plus à rang1ej9c<ides deux verticafes , qui est par conséquent la distance angulaire de Dunkerque à Paris.

Toilà donc comment se dirige la pesanteur tout autour de la terre, et voilà comment il est possible de comparer sa direction dans les différents lieux. Il y a une conséquence qui se présente naturellement : c*est qu'après avoir observé Tangle des verticales de Dunkerque et de Paris , après ravoir trouvé de 3« 11' 56'', on peut mesurer en toises ou en mètres la distance de ces deux villes ; et , connaissant ainsi la longueur de cet arc de 2« 11' 56", on peut en conclure la longueur de la circonférence de la t.erre tout entière et ensuite la valeur de son rayon, comme nous le verrons dans un des chapitres suivants.

Page 1