LIVRE Vm. — MÉTÉOROLOGIE
qui serait, pour notre latitude, Theure de 0 heures du matin.
Enfin , l*on ne clierche la température moyenne de Tannée que pour arriver à la température mqyenne du lieu; celle-ci est la moyenne de toutes les tnoxennes annuelles. Il faut de noml)reuses années d*observation pour obtenir un résultat qui approche un peu de la vérité , et même celle vérilé n*exlste que sous une condition : elle suppose que les changements de tempéra- Itire auxquels une localité se trouve soumise sont des changements qui s*accomplissent par oscillation et non par progression. Si un climat pouvait être d'une manière Indéfinie progressivement chaud ou progressivement froid , il ne faudrait pas chercher sa température moyenne sans cesse changeante : il faudrait chercher la loi de la progression croissante ou décroissante de celte température; elle serait irrégulière sans doute, mais elle existerait : tout phénomène durable est soumis à une loi. LeM observations tendent à démontrer que tous les climats de la terre sont stables, et quêteurs vicissitudes ne sont nwe des périodes ou des oscillations plus ou moins étendues. Il existe donc une température moyenne propre à chaque lieu , et c^est là une donnée fondamentale que nous avons à déterminer. Dans les climats où les observations de plusieurs années successives donnent des moyennes très-différentes , il faut un très-grand nombre d'années pour obtenir une température moyenne qui approche de la vérité. S'il arrive , par exemple , que la plus grande différence entre les moyennes de vingt années consécutives s'élève Jusqu'à 50 , on pourra supposer , avec quelque probabilité , que cent années d'observations donneront une moyenne qui sera encore en erreur de '/,oo de degré ou de '/^ de degré. Au contraire , si la plus grande différence entre ces moyennes ne s*élève qu'à 1» , on pourra supposer que cent années d'observation donneront une moyenne dont l'erreur ne dépassera pas de '/i** de degré.
Par exemple, à Paris, la moyenne des trente dernières années est de 10» 80, et la différence entre la plus grande et la plus petite de ces moyennes n'atteint pas tout à fait 3**; ainsi, la vraie moyenne de Paris est maintenant connue à moins de '|., de degré près. Malheureusement , le nombre des points pour lesquels on a ainsi des moyennes suffisamment approchées est encore excessivement restreint. Cependant , M. de Humboldt a essayé de discuter Tensemble des résultais connus, et nous devons donner ici une idée du travail qu'il a publié sur ce sujet. (Mémoire de laSociéié d'Arcueil, t. 3.)
Lignes isothermes. — Sur un même méridien , la température moyenne diminue en allant de l'équaleur vers les pôles , et sur une même verticale la température diminue avec l'élévation absolue. Ainsi, la latitude et la hauteur au-dessus du niveau de la mer sont les deux causesgénéralesqui déterminent la température moyenne d'un point de la terre; mais l'influence de ces causes est modifiée par une foule d'influences accidentelles ou lo-
cales : la distance à la mer, la présence des montagnei, la nature du sol , sa culture et son inclinaison , la dirt«- (ion des vents et tous les phénomènes atmotphériqQet, sont autant de causes secondaires, tantôt cootlaDtes et tantôt variables , qui modifient sans cesse les desi causes générales. On conçoit dès-lors qu'il devient trèsdifficile d'établir de l'ordre au milieu de cette confusion, et de soumettre à une loi commune des phénomènes si variés.
Voici, cependant, quelques définitions qui nous séviront à rapprocher les résultats et à les embrasser dans une seule pensée.
Concevons, par exemple, qu*un voyageur f^ le four du monde en partant de Paris, et qu'il passe par tous les points de Phémisphère boréal, pour lesquels la température moyenne est, comme à Paris, de 10» 8; la roule qu'il aura parcourue formera autour de la terre une courbe d'égale chaleur; c^est ce que l'on nooiBie une ligne isotherme. Ainsi, une ligne isotherme est celle qui passe par tous les points de la surface de Ii terre pour lesquels la température moyenne est lamèoe. La ligne isotherme de 1 0* 8 est loin*'de coïncider am le parallèle de Paris; elle est irrégulière et sinueuse, c'eUà-dire qu'elle passe par des points dont la latitude est très-différente de la latitude de Paris. On peut concevoir de même la ligne isotherme correspondant à ooe autre température moyenne quelconque : elle pourra être sinueuse comme celle de Paris, mais suivant d^ao- 1res lois qui lui sont propres. L'espace coropns entre deux lignes isothermes est ce que Ton appelle une é«iA isotherme ou une sône isotherme. Ainsi, la xône isotherme de IO0 à 50 est celle qui est comprise entre lei lignes isothermes de 10» et de 5o«
Nous nous bornerons ici à diviser rhémisphèrebt^ réal en six zones Isothermes, savoir :
1» La zone de 30* à S3« 5, c'est la zone tornit^
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