LIVRE Vm. — MÉTÉOROLOGIE
Ton sait que Teau saturée de sel ne peut se soMdifier qu'à — 15%
Le froid des ré(;ions polaires est essentiellement lié à ré(endue et à la profondeur des eaux. Si Ton conçoit, par exemple, une mer libre et profonde, sans lie ni hauts-fonds, occup^int toute la calotte des cercles polaires, et communiquant aux mers équatoriales par de larges issues, il est évident que les courants supérieurs et inférieurs tendraient à maintenir l'équilibre de température avec plus d'efficacité. Mais, si au milieu de cette vaste mer on conçoit des continents ou seulement des hauts-fonds , le refroidissement qui a lieu par le rayonnement pendant la longue absence du soleil devient nécessairement très-Intense puisqu'il se fait sur une surface solide qui ne se renouvelle pas, l'air se refroidit h •on tour sur ces plateaux glacés , et c'est ainsi que se produisent ces froids rigoureux qui régnent au pôle boréal.
Le voyage curieux du capitaine Weddel vert le pôle austral semble annoncer que dans ces régions la mer est beaucoup plus vaste et plus profonde que dans les régions boréales, et que même fa température y est beaucoup plus douce. Dès qu'on a passé la latitude des nouvelles Orcades et des nouvelles Schelland qui forment une barrière de glace, on arrive dans une merlibre qui parait se prolonger jusqu'au pôle. De nouveaux voyages nous fourniront bientôt de nouvelles données sur la température de ces climats, et la théorie de la distribution de la chaleur en recevra sans doute de très-grands perfectionnements.
515. De l'équilibre de température de la terre. — Après avoir exposé les principaux résultats des expériences sur la température du globe terrestre et de l'atmosphère qui l'enveloppe, il nous reste à indiquer, autant que nous pouvons le faire dans cet ouvrage, les principales causes qui concourent à maintenir, dans toute l'étendue de la terre, la distribution de la chaleur et l'ordre des températures que l'on y observe.
Imaginons pour un instant que la terre, suspendue comme elle est au milieu des espaces célestes , ne soit plus chauffée ni par les rayons solaires , ni par aucun autre rayon calorifique, et suivons les phénomènes qui en résulteraient.
Toutes les molécules de Tair atmosphérique, douées du pouvoir émissif comme les autres molécules matérielles, rayonneraient leur chaleur dans tous les sens et se refroidiraient de plus en plus, car leurs pertes ne seraient point réparées; leur densité augmentant, elles tomberaient vers la terre tandis que d'autres molécules monteraient pour aller se refroidir à leur tour; et, si l'on supposait que la surface de la terre ne peut pas partager avec elle la chaleur qui lui reste, il est évident qu'après un temps plus ou moins long, toutes les couches de l'atmosphère seraient arrivées à un degré de refroidissement dont nous n'avons nulle idée.
Un phénomène analogue se produirait sur la terre : les couches de la surface rayonneraient au travers de l'at-
mosphère; promptement refroidies par ces pertes noi compensées, elles recevraient de la chaleur des coodies intérieures, et cette chaleur reçue serait bientôt pertfae par la même voie. Ainsi, après quelque temps, oopieiM après quelques siècles, toute la chaleur du çlobedtia terre, tant la chaleur centrale et primitive que licbleur superficielle, et maintenue par le soleil, se(nn^ rait dissipée dans l'espace; mais otite dissipation kts plus ou moins prompte dans les divers pays^tuiv^â que la surfiace du sol serait plus ou moins rayonnafitr, et la conducibillté des couches intérieures pluionaMnl parfaite.
Ce qui arrive en supposant que l'atmosphère et la (em ne puissent pas partager leur chaleur arriverait de méit en rétablissant cette propriété de communicatioQ qcc l'on ne peut supprimer que par hypothèse : car Tair pourra bien réchauffer le sol, ou le sol réchauffer fah mais, en définitive, la chaleur totale n'en sera pas moid perdue dans les espaces célestes.
Tout, sur la terre, parviendrait ainsi au /'rouf aMr.
Rétablissons maintenantles choses telles qu'elles soflt. supprimons encore pour un instant les rayons solaim qui arrivent à la terre, mais considérons les astres If nombrables qui occupent les diverses régions do cid Tout nous porte à croire que ces astres si éblouisnû de lumière ne sont pas dépoin'vus de chaleur; Wjié» probablement une certaine température dans les espiM célestes, et le globe de la terre, suspendu au miliak ces espaces avec l'atmosphère pour enveloppe diilbe* mane, cesserait de se refroidir lorsqu'il se serait oiia équilibre, conformément au théorème que noosaTOU démontré précédemment.
Ainsi, abstraction faite de la chaleur solaire, le gi«k terrestre serait maintenu à un certain degré de diakv qui a, sans nul doute, une grande influence sur la upérature des divers climats, et particulièrement srli température des pôles. Ce premier point établi, Atil évident que l'action calorifique du soleil se feitseodri son tour avec ses intermittences du Jour et de la onit. et avec $es variations d'intensité qui changent de ré(|ia* teur au pôle suivant les périodes des saisons. AiBS^ l'ordre et la valeur des températures terrestres toA l'effet composé de deux causes sans cesse agissantes: la chaleur de l'espace qui est à peu près uniforme tout autour de la terre, et la chaleur du soleil qui cbaogei tout moment. Déterminer la puissance de cbacooe de ces causes, telle est la question fondamentale qae ^ science doit se proposer. Avant de donner ici une Uti des expériences que j'ai faites pour résoudre cette qoestion, il est essentiel d'indiquer encore les effets^ rayonnement nocturne dont la découverte est duel M. Wells.
Après le coucher du soleil, quand l'air est calsKft le ciel serein, toute la surface du sol et l'atmosphère» refroidissent par leur rayonnement vers l'espace, ^ la chaleur est insufiisante pour les maintenir à la te»pérature qu'ils ont acquise f en même temps lescon4