LIVRE Vlil. — MÉTÉOROLOGIE
quelle exactitude se trouvent ainsi reproduils tous les Donbres qui avaient é(é donnés par l'oliserva lion, même quand Tobservation correspond à des épaisseurs atmosphériques qui sont quadruplées par Teffel de Tobllqui(é. Ainsi , dans les expériences du 4 mai , les rayons tolaires avaient à traverser une épaisseur atmosphérique de 24 lieues à midi , et de 86 lieues à six heures du soir, et cependant le nombre calculé se trouve encore parfaitement d'accord avec le nombre observé. On comprend toutefois que c'est seulement quand le temps est bien fixe et bien établi que la formule peut s'appliquer avec exactitude à une journée entière avec la même valeur de p : s*il survient des changements brusques dans rétat de Tatmosphère , les valeurs ^de p éprouvent aussitôt une altération plus ou moins grande. J'ai pu m>n assurer par une foule d'expériences correspondant à toutes les saisons de Tannée. On peut même présumer que dans certains lieux, surtout dans les pays de montagnes et près des rivages de la mer, les valeurs ôep subissent chaque jour des variations périodiques , correspondant à la diffusion et à la condensation des vapeurs.
Si dans la formule précédente on suppose p=l , ou t=:0, on trouve
c^est-à-dire que le pyrhéliomètre prendrait une élévation de 6<>, 72 si Tatmosphère pouvait transmettre intégralement toute la chaleur solaire sans en rien absorber, ou si Pappareil pouvait être transporté aux limites de l'atmosphère pour recevoir là , sans aucune perte , toute la chaleur que le soleil nous envoie. Cette valeur de t^ multipliée par 0,2624, donne :
Telle est donc la quantité de chaleur que le soleil donne en une minute sur un centimètre carré , aux limites de Patmosphère , et qu'il donnerait pareillement k la surface de la terre si Tair atmosphérique n'absorbait aucun des rayons incidents.
Les valeurs précédentes de p indiquent les proportions de chaleur solaire qui ont été transmises dans les différents jours auxquels elles correspondent, et les valeurs de 1 — p indiquent , au contraire , les diverses proportions de chaleur solaire qui ont été absorbées aux mêmes époques. Ces valeurs, toutefois, correspondent à t=l , c'est-à-dire qu'elles indiquent les proportions de chaleur solaire qui auraient été transmises et absorbées dans les lieux qui avaient le soleil au zénith, en y supposant , au moment de l'expérience , le même état atmosphérique qu'à Paris. Il en résulte que, dans le trajet vertical , l'atmosphère absorbe au moins les 'Vîoo de la chaleur incidente , et au plus les '7/><>«9 ^^n* que le ciel cesse d'être serein ; je dois ajouter cependant que le 28 juin , auquel correspond l'absorption
de '7/,^, on distinguait un léger voile Manc sur la voùle du ciel. D'ailleurs, d'autres observations, pom* lesquelles les séries n'ont pas pu être complètes, ne m'ont accusé qu'une absorption de "/««o* Ainsi , l'on peut dire que l'absorption atmosphérique est comprise entre 18 et 24 ou 25 centièmes , sans qu'il soit possible de distinguer , dans le ciel , des vapeurs qui en troublent U transparence.
Au moyen de cette donnée et de la loi suivant laqodle diminue la chaleur transmise à mesure que l'obliqaité augmente , on peut calculer la propoKion de chaleur incidente qui arrive à chaque instant sur rhémisphère éclairé de la terre , et celle qui se trouve absorbée daos la moitié correspondante de l'atmosphère. Et le ctlcoi fait voir que ,' pour p=:0,75, la proportion qui arrire au sol reste comprise entre 0,5 et 0,6 ; et par conséquent la proportion absorbée par Patmosphère se troare elle-même comprise entre 0,5 et 0,4 , mais très-voiuoe de 0,4.
Ainsi, quand Patmosphère a toutes les apparences d'une sérénité parfaite , elle absorbe encore près de b moitié de la quantité totale de chaleur que le soleil éaiet vers la terre , et c'est l'autre moitié aeulement de cette chaleur qui vient tomber sur la surface du sol , et qoi s*y trouve diversement répartie , suivant qu'elle a traversé l'atflMMphère avec des obliquités plus ou noiiis grandes»
Connaissant la quantité de chaleur que le soleil eovoie à la terre pendant une minute , par son action perpendiculaire sur un centimètre carré , il est facile de déterminer la quantité totale de chaleur que le globe entier de la terre et Patmosphère reçoivent à chaque minute. En effet , cette quantité de chaleur est celle qui tomberait sur le cercle d'illumination , si l'hémisphère de la terre , qui est à la fois éclairé et échauffé par le soleil , se trouvait enlevé. Or, la surface de ce cercle d'illumination étant « r, , la quantité totale de cbaleor qu'il reçoit est
Si cette chaleur était uniformément répartie sur fo« les points de la terre, chaque centimètre carré ne rec^ vrait , pour sa part, que
1,7655. irf 4irr-
ou 0,4408.
Il est facile de voir, d'après cela , que , dans le ooors d'une année , la quotité totale de chaleur reçue par la terre de la part du soleil est la même que si , dans cet intervalle , il en entrait, par chaque centimètre carré de la surface qui limite Patmosphère ,
251675 unités.
En transformant cette quantité de chaleur eo quan-