LIVRE Vm. — MÉTÉOROLOGIE
lois du rayonnement nocturne. CVtt le docteur Wells qui a le premierdécoiiverl et développé ces conséquences dans une série d'expériences ingénieuses qui remonlenl à peu près à Tannée 1800; son ouvrage sur la rosée fut couronné en 1816 par la Société royale de Londres.
Pendant les nuits calmes et sereines , Tair atmosphérique et tous les corps dispersés sur la surface de la terre se refroidissent par leur rayonnement vers les espaces célestes ; mais ils se refroidissent inégalement : Taîr conserve mieux sa chaleur , et presque tous les corps deviennent plus froids que lui , les uns de l*', d'autres de 2*, S"", d'autres enfin de 10 ou même de 130.
Nous avons vu que ces divers abaissements au-dessous de la température de Tair ambiant dépendent de trois causes principales , savoir : l» du pouvoir rayonnant, de la conducibilité et des dimensions des corps euxmêmes ; 3* de Taspect sous lequel ils peuvent voir le ciel et les objets circonvoisins ; 3» de leur position oblique ou inclinée , et de la manière dont ils sont exposés au vent ou aux courants d*air.
Quand il fait un vent plus ou moins fort, toute» ces inégalités disparaissent plus ou moins , parce que Tair ramène les corps à sa température à mesure qu'ils se refroidissent par le rayonnement ; quand le ciel est couvert, elles disparaissent encore, parce que la chaleur diffuse des nuages, diversement absorbée par les différents corps , rend leurs pertes à peu près égales, et analogues à celle de Tair.
Ces faits et celui de la condensation de la vapeur , dès qu'elle arrive à son maximum , suflSsent pour expliquer tous les phénomènes si divers que présentent la rosée, le givre et la gelée.
Pour la rosée , il suffit maintenant de remarquer , que la température de l'air étant par exemple de 15** à une certaine époque de la nuit , il y aura des corps à 14% d'autres à 15 , et les plus rayonnants seront même à 7 , à 6 ou à S^" , s'ils se trouvent convenablement placés. Alors , si l'air est très-humide , c'est-à-dire si le point de rosée est voisin de IS"", presque tous les corps auront de la rosée, les plus chauds en petite quantité et les plus froids en grande proportion; si l'air est moins humide , si le point de rosée est , je supposé à lO** , les corps qui sont à plus de 10*" resteront secs, ceux qui sont à moins de 10** seront plus ou moins couverts de rosée; enfin , si l'air est excessivement sec , si le point de rosée est inférieur à S"", tous les corps resteront secs , aussi bien les plus froids que les plus chauds.
Pour d'autres températures de l'air , soit à une heure plus avancée de la nuit, soit dans une saison différente, le raisonnement est exactement le même.
Le givre, ou gelée blanche, n'a pas une autre cause , car c'est de la rosée congelée ; il suffit donc qu'à l'instant du lever du soleil , la température de l'air ne d^asse pat 6 ou 7^ pour qu'il y ait des corps couverts
de givre , si d'ailleurs les conditions qui donnent de li rosée sont remplies , puisque alors , les corps les plus froids tombant au-dessous de 0 , la rosée qui les coum ne peut manquer de se prendre en glace ou piolet en petites aiguilles de neige.
Les gelées d'automne et surtout les geléei de prinr temps , qui sont quelquefois si ftonesles aux récolta, ont encore la même origine , seulement l'état de rimmidité de l'air n'exerce alors aucune influence : ee a'est plus la vapeur déposée qui se congèle , c'est Teau contenue dans les jeunes pousses des plantes , dans lei bourgeons , dans les fleurs ou dans les embryons dfs fruits, qui se gèle elle-même , lorsque ces divers organes délicats, soumis au rayonnement nocturne cobbu tous les corps dont nous venons de parler , finissent par atteindre une température de >'!• ou !• ms-^eMovsdeO; ce qui arrive infaiHiblement dès que la températore de l'air descend à 5« ou 4» àu-^es$%n de 0, le ciel étSBl serein et l'air calme.
En général Pair n'est pas immobile autour des di> verses parties des arbres ou des arbustes , car les cosches d'air qu'elles ont refroidies par leur conctKt giiisent comme sur des plans inclinés et sont remplacéei par d'autres; ce mouvement tend à les rédiauflfer, et il est probable que par cette cause elles ne toabest pas à plus de 4 ou 5 degrés au-dessous de la tempéra* ture de l'air.
11 résulte de ces principes que , pour empêcher la 96 lée dans les circonstances dont nous venons de pari», il suffit d'atténuer les effets du rayonnement, et l'oa j parvient en cachant le ciel aux plantes qu'on veut protéger, soit en mettant autour d*eHea, à une certaiDe distance , des toiles ou des paillassons , aoit en les couvrant avec de simples gazes. Ces moyens , qui sont esployés avec tant de succès pour empêcher les gelées locales', ne peuvent rien contre les gelées géoéralei, c'est-à-dire contre celles qui arrivent parce qne Pair est lui-même tombé à une température plus bane que 0.
Les effets du rayonnement sont rendes bien sensiUei par les procédés qu'on emploie pour foire la glace as Bengale. M. Williams parle de manufacturée de cette espèce , qui occupent jusqu'à trois cents ouvrim (Transact. Philosoph., vol. LXXXIIl). Toutl'artiâce consiste à choisir un terrain bien découvert et d'âne étendue convenable, que l'on divise en petits carréi de 4 ou 5 pieds de côté , entourés d'un petit rebord de terre de 4 à 5 pouces de hauteur. Dans ces coaparâmenls , couverts de paille ordinaire ou de cannes à sucre sèches, on place autant de terrines remplies d'eao quils peuvent en contenir. La glace se produit aboadamment quand l'air est calme et le ciel serein; Ici nuages et le vent empêchent sa formation. M. WilUsBi a reconnu par l'expérienee que la température de l'sir ambiant est presque toujours de plusieurs degrés asdessus de 0 , et une féis le thermomètre , placé sur la paille à côté des terrinef , v^ descendit pas (