LIVRE Vm. ^ MÉTÉOROLOGIE
partt pM tntrt «a bloc et le 911190 ? Tout MmbUi indl*» qiier qu*il faudrait pour cela des proprtéiéa électriquaa différentes des propriétés connues.
30 Si les deux nuages superposés sont forienent élee* trisés comme ils doivent l*élre pour enlever des masses pesantes, et si les gréions font la navette dans Tespace qui les sépare , comment se fait^il que l*électricité ne s'écoule pas subileraent d*un nuage sur Tautre? Les gréions ne forment-ils pas entre les nuages une espèce de cbaine de communication qui favorise à un haut de* gré Texplosion de Téclair , comme on le voit dans l'ex* X>érience elle*méme que Ton fait pour imiter la grêle avec des balles de sureau ?
Si ces objections ne détruisent pas la ibéorie de Yolta, elles peuvent du moins la mettre an doute, et prévenir les observateurs qu*il y a encore quelque eboae à chercher pour avoir sur ce point toute la vérité.
 cOté de la théorie de Volta s*en présente une autre \ on peut supposer que le refroidissement étant produit par le vent , o*esl aussi la puissance du vent qui entraîne les gréions horizontalement ou au moins très^bli* quement dans Tatmosphère ; qu'ils parcourent ainsi quinze ou vingt lieues , et qu*iU n'ont pas besoin d'être suspendus bien longtemps au milieu des nuages trèsdenses et très-refroidis pour atteindre le volume énorme qu'ils dot quelquefois. Ainsi , ce serait une même cause qui déterminerait la formation et l'accroissement de la grêle. Quant à l'électricilé qui accompagne toi^ours ee phénomène , elle serait un effet et'non pas une cause ; il est impossible que raccumulallon de vapeur qui est nécessaire pour engendrer la grêla puisse sa faire sans un grand dégagement d'électricité, puisque tous les nuages qui viennent se condenser au foyer même oà se forme la grêle , y viennent avec une électricité positive ou négative qui acquiert une grande tension par la condensation*
On voit donc, en dernier résultat , que le phénomène de la grêle est encore enveloppé d'une grande obscu* rite , et qu'il faut encore de bonnes et nombreuses observations pour l'expliquer dans tous ses détails.
Pluieê de sang , pluieê de cendrée, etc. Pour donner une idée des circonstances qui accompagnent quelquefois ces météores, nous choisirons comme exemple la pluie rouge qui est tombée le H mars 1618 dans le royaume de Naples et dans les deux Calabres. M. Sementini a rendu compte de ce phénomène de la manière suivante.
« Le 14 mars 1613, par un vent d'est qui souflait depuis deux jours , les habitants de Géraœ aperçurent une nuée dense s'avancer de la mer sur le continent. ▲ deux heures après-midi, le vent se calma; mais, la nuée couvrait d^à les montagnes voisines, et commençait à intercepter la lumière du soleil ; sa couleur, d'abord d'un rouge pftle, devint ensuite d'un rouge de feu. La ville fut alors plongée dans des ténèbres si épaisses que, vers les quatre heures, on fut obligé d'allumer des chandell(» dans l'intérieur des maisons. Le peuple , effrayé et par
l'obscurité et par la couleor de la nuée , eounit ea Me dans la cathédrale faire des prières publiques. L*obscurité alla toujours en augmentant, et tout le cid punt de la couleur du fer rouge; le tonnerre eomnença 4 gronder, et la mer , quoique éloignée de six millet ëe la vUle , augmentait l'épouvante par ses mugisseneBU} alors, commencèrent à tomber de grosses gouUaée pluie rougeâtres, que quelques-uns regardaieat eenae des gouttes de sang , et d'autres comme des gooltei de feu. Enfin, aux approches de la nuit, l'air coffliaeoça à s'édaircir , la foudre et le tonnerre cessèrent, et It peuple rentra dans sa tranquillité ordinaire.
» Sans commotion populaire , et avee quelques différeuees en plus ou en moins , le même phénomène é'uM pluie de poussière rouge eut lieu non-seulement éin les deux Calabres , mais encore dans l'extrémité oppoiée des Abruzzes.
• Cette poussière a une couleur d'un jaune de esaaefle et une saveur terreuse peu marquée ; elle est onctacise au toucher, tant est grande sa ténuité , quoiqu'on y découvre i la loupe de petits corps durs ressemblsat ai pyroxène, mais qui sont étrangers à la poussière, et ((li s'y sont accidentellement mêlés lorsqu'on l'a reeocillie sur le terrain. La chaleur la brunit , puis la rend tnt è fait noire , et enfin la rougit si elle devient plus ii* tense. Après l'action delà chaleur , elle laisse apereevoir, même à l'csil nu , une multitude de petites lames bril^ lantas qui sont du auca jaune : elle ne fait plus sisn eCkrvescence avee les aeides, et a perdu environ n dixième de son poids. Sa pesanteur spécifique, ionqu'elle a été privée de corps durs, est de §,07; eBeoi composée de : silice, 53,0; alumine, 15,5; ckati, 11,5; chrome, 1,0; fèr, 14,6; acide carboniqac,9,9. La perte est due à une substance résineuae, de osaltir jaunâtre , que l'on obtient en traitant la poudre parfaicool et en faisant évaporer è siccité le poids du rétidi correspondant i très-peu près i la perte éprouvés dau l'analyse. Cette matière résineuse donne à la pondre la propriété de déflagrer avec le niire. ■ (Ciam. à Fisica, etc^ dieoade seconda. I. 3S.)