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CHAP. U. —DE L'AIR ET DES VAPEURS ATMOSPHÉRIQUES

Sa Titeite était de^eize lieues et demie à Theure sur les deux bandes , mais la bande orientale avait un peu d'*avance sur la bande occidentale.

Dans chaque lieue, la grêle ne tomba que pendant sept à huit minutes.

Les gréions n'avaient pas tous la même forme : les uns étaient ronds , les autres longs et armés de pointes; les plus gros pesaient 8 onces.

Le nombre des paroisses dévastées fut en France de mille trente-neuf; le dommagequ'elles éprouvèrent fut, par une enquête officielle , évalué à S4,690,000 firancs. Ce phénomène est, parmi tous les phénomènes connus , Texemple le plus prodigieux , et des puissances qui agissent pour rassembler la vapeur d*eau et pour la maintenir suspendue dans les airs , et des puissances qui agissent pour produire au milieu des chaleurs de Véié un refroidissement subit dans diverses régions de ratmosphère.

Après avoir fait connaître ce que Ton sait des effets «le la grêle et de leur intensité , nous essayerons maintenant de présenter , en peu de mots , les opinions qui ont été émises sur leurs causes. Pour expliquer la grêle, ii n*y a que deux difficultés; mais elles sont grandes , et, nous pouvons le dire d*avance, elles restent audessus de tous les efforts qui ont été faits pour les résoudre.

Il s*agit de savoir d'abord comment se produit le froid qui congèle Teau , et ensuite comment un grêlon qui a acquis assez de volume pour tomber par son poids, reste encore suspendu dans les airs pendant tout le temps qu'il lui faut encore pour arriver à un volume de 1 2 à 1 5 pouces de circonférence.

Sur la première question , Volta avait pensé que les rayons solaires , en frappant la surface supérieure d*un nuage très-dense, sont absorbés presque en totalité, qu*il en résulte une très-rapide évaporation , et que c*est celte évaporation qui produit assez de froid pour congeler Teau. Mais, Ton pouvait dire, et c'est, je crois , M. Bellani qui Ta dit le premier, on pouvait dire que quand un liquide s'évapore par la chaleur , soit par la chaleur reçue au contact soit par la chaleur rayonnante, son évaporation ne peut devenir plus rapide qu'à la condition que sa température devienne plus haute ; ou , ^ en d'autres termes, qu'un liquide ne peut pas à la fois recevoir plus de chaleur , et par cette chaleur ellemême se refroidir davantage , sans qu'il intervienne une ' autre cause.

On a dit ensuite, mais très>vaguement, que le froid

^ est produit par le vent. Cette idée mérite considération.

Nous avons vu qu'il y a en effet des vents qui sont tou-

^ jours accompagnés d'un refroidissement plus ou moins

grand : ce sont ceux que nous avons caractérisés en les

^ appelant vents d'aspiration. Le fait prouve qu'ils

peuvent produire sur la terre un abaissement de 17», et

' il n*y a aucun doute que dans les régions élevées ils ne

puissent produire un refroidissement plus grand. Les

météorologistes doivent donc porter leur attention sur

ce point, afin de constater si les vents qui portent les nuées de grêle sont ou ne sont pas des vents d'aspiration. Si le froid qui porte les grêlons n'a pas cette origine , la difficulté reste entière : il faut chercher d'autres voies pour la résoudre.

Sur la seconde question. Voila avait proposé une théorie qui a eu une grande célébrité , et qui est en effet très-ingénieuse. £n admettant que les noyaux des grêlons soient formés , et qu'il existe un froid suffisant pour lès grossir, Volta suppose que deux vastes nuages chargés d'électricités contraires soient disposés l'un audessus de l'autre; alors les grêlons, encore très-petits, tombant sur le nuage inférieur , y éprouveront deux effets : V en pénétrant à une certaine profondeur, ils se couvriront d'une nouvelle couche de glace, parce que la température est très-basse; S"* ils s'électriseront de l'électricité même du nuage, et seront repoussés par lui en même temps qu'il seront attirés par le nuage supérieur. Ainsi, remontant contre leur propre poids, ils arriveront au nuage supérieur , où ils éprouveront deux effets analogues; puis, retombant de nouveau dans le nuage inférieur , ils seront de nouveau repoussés dans le nuage supérieur, et pourront ainsi faire la navette un très-grand nombre de fois , exactement comme le représente l'expérience que nous avons rapportée. Mais bientôt , soit que les grêlons deviennent trop lourds , soit que les nuages perdent leur électricité, ou se trouvent emportés par le vent à des distances trop grandes , la cause qui maintient la grêle suspendue au milieu des airs sera insuffisante , et on la verra tomber instantanément presque en masse.

Volta essayait même d'indiquer les causes qui peuvent déterminer la formation de deux nuages superposés et chargés des électricités contraires; il la trouvait: l'* dans la propriété qu'il attribuait aux rayons solaires de déterminer une prompte évaporation ; 3° dans la propriété qu'il attribuait aux vapeurs de s'éleclriser négativement en se formant , et positivement en se condensant. D'après ces hypothèses , il concevait qu'au-dessus d'un gros nuage frappé par le soleil s'élève une colonne de vapeur élastique chargée de la même électricité que le nuage, et que cette vapeur, une fois arrivée à une région assez haute , et par conséquent assez froide pour se condenser , se condense en effet pour former un nouveau nuage chargé d'électricités conlt aires. Ces hypothèses sont inadmissibles : mais, comme il est constant, par le fait, que les nuages orageux sont tantôt positifs et tantôt négatifs, et, comme le mouvement de va-etvient des grêlons repose seulement sur ce fait , il reste à examiner s'il est possible en lui-même. Or, on a fait beaucoup d'objections contre cette possilyîli lé : plusieurs sont mal fondées , mais les deux suivantes me semblent d'un grand poids.

1» Comment se peut-il qu'une puissance électrique qui n'exerce point son action d'une manière brusque et instantanée soit capable d'enlever un bloc de glace d'une demi-livre? Comment se fait-il que l'étincelle ne

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