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0W. Mirage ohêervi en Egypte, «- Lonqu^on regarde des objets éloignée, il arrive touTent, dane oertaioee circonstaDcei , que ces objets donnent plusieurs images, droites, obliques ou renversées, et toujours plus ou moins altérées dans leurs contours. Cest Tap* parence de ces iauiges, sans réflecteur visible pour les produire , qi(i constitue les phénomènes du mirage.
Noua donnerons d'abord la description de ces phénomènes tels qu*ils se présentent dans les plaines de rËgypte.
I#e sol de la basse Egypte forme une vaste plaine, aur laquelle se répandent les eaux du Nil au temps de rioondation. Sur les bords du fleuve , et Jusqu'à une grande distance vers les déserts, soit à Torient soit à roccident , on aperçoit de loin en loin de petites émi- Banecssur lesquelles s^élèvent les édifices ou les villages. Dana les temps ordinaires , Tair est calme et très«pur : an lever du soleil, les objets éloignés se distinguent avec une netteté parfaite : Tobservateur peut embrasser alors un vaste horizon , qui n'a rien de monotone , malgré son uniformité : mais , quand la chaleur du Jour se fait sentir, quand la terre est échaufiFée par le soleil, les couches inférieures de Tair participent à la haute température du sol , de nombreux courants s'établissent avec plus ou moins de régularité ; il en résulte dans Tair une espèce de tremblement ondulatoire très-sensible à rœil , et tous les objets éloignés ne donnent plus que des images mal définies, qui semblent se briser et se recom* poser d chaque instant. Ce phénomène, qui s'observe aussi dans nos climats pendant les chaleurs de l'été, n*est pas encore le phénomène du mirage. $i le vent ne soufile pas , et si les couches d'air, qui reposent sur la plaine , restent parfaitement immobiles pendant qu'elles a'échau£fent au contact de la terre , alors le phénomène du mirage se développe dans toute sa magnificence ; Tobservateur qui regarde au loin dislingue encore l'image directe des éminences , des villages , et de tous les objets un peu élevés : mais, au-dessous de ces objets, il voit leur image renversée , et cesse , par conséquent, de voir le sol lui-même sur lequel ils reposent. Ainsi , tous les objets élevés paraissent comme s'ils étaient au milieu d'un lac immense , et l'aspect du ciel vient com* pléter cette illusion , car on le voit aussi comme on le ▼errait par réflection sur la surface d'une eau tranquille \ à mesure que Ton avance, on découvre le sol et la terre brûlante au même lieu où Ton croyait voir l'image du ciel ou de quelque autre objet; puis au loin , devant soi ,ron retrouve encore le même tableau sous un autre aspect. Ce phénomène a été souvent observé pendant l'expédition de l'armée française en Egypte. C'était un spectacle bien nouveau pour nos soldats , et en même temps une illusion bien cruelle. Quand ils voyaient au loin , sur les plaines brûlantes , le reflet du ciel , l'image renversée des maisons , des palmiers et de tous les ob-
Jets de lliorten , lis ne pouvaient douter que toutes ces images ne fussent réfléchies à quelque distance sur la surface d'un lac. Fatigués par des marches fèroées , sous Tardeur du soleil, dans un air chargé de sable, ils couraient au rivage \ mais , ce rivage fuyait devant eux : c'était l'air échauffé de la plaine qui prenait l'apparence de l'eau , et qui donnait cette image réfléchie du ciel et de tous les objets élevés de la terre. Témoins de ce phénomène , les savants de l'expédition eurent , comme toute l'armée , un instant d'Illusion , mais cet instant fut court i Monge ea découvrit sur-le-champ la cause , et en développa toutes les circonstances. C'est , comme nous allons le voir , un Jeu particulier de la réfraction.
596. E»plicati(m du mirage, — Supposons que • h représente la surface horizontale du sol {fig. 865), l'expérience prouve que par l'effet de la chaleur les couches inférieures de l'air peuvent prendre une densité croissante à mesure que l'on s'élève, qu'à une certaine hauteur cette densité devient à peu près constante, puis, qu'elle décroît ensuite, conformément aux lois ordinaires de la constitution de l'atmosphère. Cela posé, concevons un point élevé A, et examinons comment sa lumière doit être modifiée pour arriver à l'esil que nous supposons placé en p. 11 est évident d'abord que l'osil verra une image directe du point h par les rayons voisins de p A : ces rayons, il est vrai, ne viendront pas en lignes absolument droites, puisque, entre p et A, l'air n'a pas absolument la même densité ; mais ils ne pourront éprouver que de légères inflexions, et il en résultera seulement une certaine irrégularité dans les contours de l'image»
Mais, parmi les rayons que le point h envoie dans tous les sens, il s'en trouvera qui suivront la route hi ki m n op, et qui donneront, par conséquent, dans la direction p 0 s, une image renversée de l'objet, comme s'il y avait réflection sur un miroir, fin effet, le rayon A t', par exemple, arrivant obliquement pour pénétrer dans la couche & qui est moim réfringente que la couchée dans laquelle il se trouve, doit se réfracter en s'écar^ tant de la normale. Par la même raison, il doit s'écarter aussi de la normale en passant de la couche c dans la couche (/\ et s'en écarter encore en passant de celleci dans la suivante. Ainsi, l'obliquHé augmentant sans cesse, il pourra bien arriver qu'à la fin le rayon ne puisse plus passer du milieu réfringent où il est dans le milieu moins réfringent auquel il se présente $ alors, il sera forcé de se réfléchir, et, continuant sa route vers rail, il arrivera dans la direction mnopi l'ceil verra donc le point A dans la direction p o s, et dans une position à peu près symétrique du point A par rapport au plan m v, sur lequel est censé se faire la réflection.
La marche du rayon est ici tracée en ligne brisée ; mais, comme la densité va croissant par degrés insensibles depuis la surface, on conçoit que le rayon se dévie aussi par degrés insensibles, et qu'il suive une ligne courbe, et non une ligne brisée.