‹ Eléments de physique expérimentale & de météorologieChapitre 320 sur 341 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Db magnétifaM terreitre.

540. Les phénomènes du magnétisamterreitit, CM. sidérés dans leur ensemble, sont rentrés dam la nélii' rologie |orsqu*U est arrivé, par les déoeuterUim^ deroes, que la météorologie eel devenue eUsnaésuh physique du globe, c'eet-è«dire la science qui tfav oliyet de déteraïUner les lois des torées natmeUii ^ exercent leur action d^uie nuinière générale m ki divers poinU du globe de la terre* Parmi esi lireei, celle du magnétisme se distingue de loulm les mm par des caractères remarquables t la pesaate«r,rél» tricité et la chaleur semblent agir de concert pearpnduire les plus grands bouleversements qui poiiMt ébranler notre planète : la lumière , au coniraîfe, ImI en développant les phénomènes loe plusadaûraMuei les plus variés, n'exerce jamais la moindrs SfilatiM dans la matièrei et le nmgnétisme, destiné sa qeilvi sorte à un rôleintennédiaire, ne seinble pouvoir m» nifester à nous que par les mouvements tOlUoantoMi, réglés et périodiques qu'il imprine aux aigaillii * nos boussoles.

Renfermés dans un cercle aseei restreint, Isi pl^ nomènes magnétiques se présentent cependant leiiè apparences si prodigteusement variéee, avec dsieva tères si difficiles à saisir, à défluir et à géoéraliar. qu'à eux seuls ils suffiraient encore pour euroerna doute , pendant bien des siècles , rinfatigable sète *i physiciens.

Nous ne pouvons pas entreprendre d'expcssr idlia ce qui est connu sur le magnétisme terrestre, deÉicuter tous les faits, toutes les hypothèses, touiliifrfcédés d'observation ; mais nous essayerons da mm de résumer en peu de mots les résultats génémaks mieux établis, et d'indiquer les questions qui, ^ l'eut actuel de la science , semblant attendre ki tili' lions les plus produines.

Ce chapitre se divise en six paragraphes: 1'^ muêoni 3« vartaHouê diumegf g* ineUatùf^f équaUur moffnéUqMe et pôiêê mi4$gnèiipt9t : ¥» t0n$iêés 5« conêidérations ihéorigtiôê êif^rmMktfînéraieê; 6" aurareê boréaleê.

Nous n'avons k revenir, ni sur les premièreiBotiiv de ces phénomènes , ni sur la description des ap^reb qui servent è les observer : nous avons donné à es im«i des détails suffisants dans le preaûer voIubm (lif* ^s chap«UtP.118),

541. I>ans tous les lieux de U terre la décUaiiiiB subit des variations que Ton pourrait appeler sécubuWt

CHAP. V. ^ DU HAfiNÉTlSME TERRESTRE.

pâree qiÉ*«1lM i*aeo<MnplliMAt progreMiTement dans le nème mus peiHlant un (rèt-grand nombre d*anné€9. Le tableau des décllnaitona de Paria (p. lil) noua montre en effet que depuia 15S0 Jutqu*cn ISf 4, c*eat-à-dire peudant enrlron deux aièclea et demi « la déclinaison a marebé vers rouett de trente et quelques degrés ; non pas, Il est ?rai, avec une vitesse uniforme et régulière , ouais d*un nionvement brusque, saccadé. Incertain et quelquefois même rétrograde. Depuis 18N , c'est-à-dire pendant seiieans, la déclinaison n*éprouveque de faibles Yariations , tout semble indiquer qu'elle a atteint , non pas une valeur désormais stable ou peu changeante, nais une sorte de limite maximum , d'où elle partira sans doute pour exécuter vers l*orlenC des mouvemenu analognes à ceux qu'elle avait exécutés vers Toccident. Ce qui s'est manifesté à Paris pendant près de trois siècles s'est aussi manifesté avec plus ou moins de force ou d'amplitude dans tous les lieux où il a été permis aux physiciens et aux navigateurs de constater la direction de l'aiguille depuis des époques assex reculées Jusqu'à nos temps modernes. Mais les séries séculaires d'observations locales sont trop peu étendues et trop peu nombreuses pour qu'il soil permis dès à présent d'examiner si le mouvement progressif de la déclinaison s'est opéré tout autour du globe de la terre, suivant des lois soumises A quelque régularité. Biles servent seulement A constater le fait en lui-même , comme fait général , qui s'est accompli dans la grande universalité des points de la terre , mais dans des périodes de temps différentes, et avec des conditions de vitesse et d'ampli* tade pareillement différentes.

On peut donc maintenant m repréaenter tout autour du globe , depuis le pOle boréal Jusqu'au pèle austral , mr les mers et sur les continents, les directions actuelles de toutes les aiguilles de déclinaison, et regarder comme ira lait acquis è la science , que, dans un siècle , toutes eos directions seront changées, les unes vers l'orient, les autres vers l'occident, et le problème qui se présente alors aux physiciens , c'est d'observer ces changements individuels sur un très-grand nombre de points, con- Yeoablement répartis dans toutes les régions, sous tous les dinaU; de constater A des époques asiex rapprochées leur amplitude, le sens dans lequel ils s'accom* pliaaent et leurs périodes directes ou rétrogrades, en signalant en même temps les causes perturbatrices ou locales qui peuvent exercer quelque influence. Ces données qui exigent tant de zèle, tant d'exactitude et un travail si persévérant , sont des éléments nécessaires qui doivent s'ajouter A d'autres non moins indispensables , dont nous parlerons plus loin { ce n'est qu'après avoir reooelUi toutes ces observations qu'il sera possible d'établir sur leurs véritables bases les lois générales du magnétisme terrestre. Pour faciliter ces recherches et lortoat les comparaisons que l'on est sans cesse obligé le foire entre les déclinaisons des différents lieux , nous avons réuni dans le tableau suivant, pour l'hémisphère occidental à partir du méridien de Paris.et pour rbémi*

sphère oriental , toutea les déelinalaona de 0 en 5 dogrés de latitude et de longitude. Ce tableau correspond A l'année liS5, il a été composé presque exclusivement au moyen des belles cartes que M. le capitaine Duperrey a publiées en 18Sd. Tous les physiciens savent maintenant avec quelle sagacité ce savant et habUe marin a discuté toutes les observations qui avaient été faites A cette époque. Les opérations graphiques auxquelles H a fallu recourir pour relever les courbes de M. Duperrey et les Intercalations qui sont devenues nécessaires pour ramener les déclinaisons A dés degrés justes de latitude et de longitude ne permettent pas de regarder notre tableau comme parfaitement exact , surtout pour les latitudes élevées. Cependant , malgré les inceriitudes qu'il peut offrir sur plusieurs points , il m'a semblé qu'il pourrait être d'un grand secours pour l'étude du magnétisme. On y remarque des irrégularités qu| pourront paraître choquantes : on verra, par exemple, sur un même méridien ou sur un même parallèle , des déclinaisons qui ne paraissent aucunement soumises A la loi de continuité ; mais elles ne doivent pas cependant être prises pour des erreurs ; la plupart ont été vérifiées sur la carte elle-même et sur les documents originaux, quand il a été possible. La région qui présente les singularités les plus frappantes est celle qui se trouve comprise entre le 40* et le 70* degré de latitude boréale et entre le 1 10« et le 140* degré de longitude orientale. Ce grami espace qui occupe les deux versants des monts Doourie et Stanovoy , qui comprend au sud le bassin du fleuve Amour et au nord le bassin du fleuve Lena , ferme en quelque sorte une Ile Isolée où les déclinaisons se porteht vei*s l'occident, tandis que tout autour elles paraissent se porter vers l'orient. CetU région , il est vrai , est encore peu explorée; mais elle doit fixer particulièrement l'attentioB dea voyageurs et des physiciens, il faut savoir A quoi s'en tenir sur un fait aussi singulier.

Quelques physiciens semblent attacher une grande importance A tracer sur le globe les iigne$ aone décli* nmiêon pour une époque donnée, et A suivre les mouvements et les inflexions qu'elles prennent A diverses époques; mais il est difficile que ces lignes, considérées isolément, puissent conduire A quelque résultat général : leur déplacement est sans aucun doute lié d'une maniera intime A tous les autres changements de déclinaison qui s'accomplissent autour du globe , et c'est par l'ensemble seul de tous ces changements qu'il sera permis un Jour de reconnaître si les variations de déclinaison sont réellement périodiques , si la durée de la période varia d'un lieu A l'autre , et s'il est possible de rapporter A une cause unique et générale les amplitudes deschangementa de déclinaison dea différents lieux pour un intervalle de temps donné , ou s'il faut les attribuer A des forces dif* férentes, exerçant des actions locales plus op aaoins étendues et plus ou moins profondes. 8i, par exemple « les déclinaisons étaient troublées sur un hémisphère sans l'éire en même temps sur l'autre, il faudrait bien en conclure que la force directrice, au lieu d'être

Page 1