LIVRE VIU. — MÉTÉOROLOGIE
UBi^iM ei d*aTOir loa eentre d*acUon près do centre de la terre 9 te trou?e au contraire être une force multiple dont les centres d*action sont pour cliaque lieu assez voisins de la surface pour n*affecter sensiblement que les aiguilles qui sont les plus rapprochées d'elle. Cette question est fondamentale , et Jusqu'à présent elle ne me semble point résolue par l'ensemble des faits connus ; il est peut-être même permis de dire que , conlrairement aux opinions reçues, beaucoup de faits semblent indiquer que pour chaque région le centre d'action du magnétisme terrestre est à une distance assez considérable du centre de la terre.
Nous avons annoncé (p. 1S6) que, d'après les observations de Daniel Bemoullli et celles de La Torre, les tremblements de terre et les éruptions volcaniques pouvaient quelquefois produire dans la déclinaison des periurbatioHê considérables et permanentes. M. Capocci a annoncé dernièrement à l'Académie que l'éruption du Vésuve du l«r janvier 1859 avait, à Naples, brusquement diminué la déclinaison de plus d'un demidegré.
$ II. FaritUtoHi diumea.
5451. Nous avons indiqué (p. 12S) le caractère général des variations diurnes , du moins pour Thémisphère boréal ; nous devons ajouter ici que l'influence des saisons sur l'heure précise et sur l'étendue de ces variations n'est pas également bien constatée pour tous les points decet hémisphère. Il faut encore de longues séries d'observations pour démêler en chaque lieu toutes les forces qui concourent à ce phénomène. Cependant , une question importante parait être résolue par les travaux de divers expérimentateurs, et surtout par ceux des officiers de la Fénuê ; c'est la question de savoir si les variations diurnes sont les mêmes sur les côtes orientales et sur les côtes occidentales d'un même continent. On comprend qu'il y a là une donnée essentielle pour l'explicatton du phénomène ; car il y a une telle liaison entre le mouvement du soleil et les mouvements diurnes de l'aiguille , qu'il eût été assez naturel de rapporter ces derniers à quelque changement de température dans les couches superficielles du sol \ et, comme les eaux et les continents se trouvent à cet égard dans des conditions tout à fait différentes , les aiguilles placées sur les côtes orientales et occidentales ne pourraient guère sans doute présenter les mêmes variations. Or , les officiers de la Vénuê onl observé à Pétropauloêkoi, sur la côte occidentale du Kamtêohaika, quant aux heures et aux amplitudes, les mêmes mouvements diurnes qu'on aurait observés sur la côte orientale. L'inégale distribution de la chaleur à droite et à gauche du méridien magnétique ne parait donc pas exercer une Influence sensible sur les variations diurnes de Taiguille aimantée.
Les mêmes officiers ont aussi constaté dans l'hémitphère austral, au Callao, sur les côtes du Pérou , un
fait important, déjà signalé par M. Oay et arispirU tout à fait hors de doute sur plusieurs points de la céli du Chili , et particulièrement à Yaldivia , par imesHà entière d'observations. Dans ces parages , l'aigHlHe • pendant le jour trois temps d'arrêt ou une double «cillation : le matin elle marche à l'est , dans le wM de la journée elle rétrograde vers l'ouest, pids danth soirée, en partant de trois ou quatre heures de ripri» midi , elle reprend son mouvement vers l'est (Comfk rendue, p. 550, et p. 5S9). Aucun phàiooièDe piiti n'a été observé jusqu'à présent, dans l'héaûqilÉt boréal.
Avant que ce fait fût bien établi, on avait peaié^ les variations diurnes australes étaient anakigiei an variations boréales pour les heures et les aoipliUiÉt, mais contraires pour le sens di^ mouvement; et ru était ainsi conduit à cette conséquence qu'il Ml exister quelque part dans la zone équat<Miale,tQitprti de l'équateur terrestre , soit près de l'équateur nagnttique , une ligne sans variations diurnes, car U est i» p<Msible de passer d'un mouvement à un moimnot contraire sans un point de repos. Maintenant, m perdre de vue cette conséquence , il faut chercher ecOe ligne de repos , si elle existe , ses déplacements aoBuk ou séculaires si elle en offre ; mais en même laufkï faut examiner l'étendue et les limites géographiqueié ce mouvement diurne à double oscillation , en coait* toutes les circonstances par rapport aux saisons et a conditions géologiques et hydrographiques, et dienà enfin s'il ne serait pas lui-même un mode particolieri passage de l'hémisphère boréal à l'hémisphère amtni. sur une certaine zone dont il faudrait déterminer li pi' sition par rapport à l'équateur terrestre ou à réqaKor magàétique.
d& voit que les variations diurnes ne présentcit^ à nos recherches un sujet moins vaste que les ièàt naisons elles-mêmes, et que ce sujet se oompIiqMA circonstances nouvelles très-extraordinaires.
Quant à la cause qui produit ces mouvements, sa k sait pas , jusqu'à présent , si die est une force secoaéiÉt ou perturbatrice mise en jeu accidenteliement sous nifluence de la chaleur, de la lumière ou du rayonaeiMi solaire, ou si elle est la force magnétique eUeni^i éprouvant intégralement dans sa direction et son itUisité des modifications journalières qui cbangeitf pémdiquement ses effets sur l'hémisphère éclairé de la toit; car les aiguilles peuvent bien éprouver des pertute* tions pendant la nuit, mais, en génial, eUes t'éprouvent pas des variations aussi sensibles, aussi légulières que pendant le jour. Nous devons remsrqier, toutefois, que cette distinction ne s'applique pu également à toutes les théories du magnétisme lerreslK, puisque dans la théorie des courants , soit protorfSi soit superficiels, la cause perturbatrice se coaloàM aisément avec la cause générale.
Les variations diurnes sont particulièrement aiedéa par les aurores boréales , comme nous le verrons S Yl;
CHAP. V.~DU MAGNÉTISME TERRESTRE
I il ne paratl pas que les tremblements de (erre , qui agissent quelquefois sur la déclinaison elle-même, poitsent déranger la régularité du mouTement diurne, autrement que par nne simple action mécanique. Ce feit a été encore confirmé récemment dans le voyage de, la yénuê, puisque la marche diurne de raiguille n*a pas été altérée à Jcapulco^ sur la côte occidentale du Mexique, par les tremblements de terre fréquents qui ae disaient sentir à une asses petite distance sur toute la côte orientale.
S m. InoUnaism.
545. ^inclinaison semble avoir, pour chaque point de la terre, un mouvement progressif comme la déclinaison ; mais, diaprés le tableau que nous avons donné pour Paris (p. 138) , on voit que rien encore ne semble indiquer que ce mouvement approche du terme où il doive se ralentir sensiblement , soit pour rester stationnaire, soit pour devenir rétrograde. Il n*y a guère qu*un demi-siècle que Ton sait observer Tinclinaison avee une exactitude suffisante , et dans cet intervalle elle a été irrégulièrement mais à peu près continuellement décroissante à Paris, sans qu'on observe à cet égard une différence sensible entre les dernières années et les années antérieures.
Ce que nous avons dit de la déclinaison s'applique à riDclinaison. Ce n'est pas en considérant ce qui arrive à Paris ni même en Europe que Ton peut arriver à quelque déduction importante pour la science. Les phénomènes du magnétisme, comme ceux de la distribution de la chaleur, du mouvement de l'atmosphère et de l'équilibre des eaux appartiennent essentiellement au globe entier de la terre. Sur ces sujets, les observations locales faites avec la plus scrupuleuse assiduité pendant de longues suites d'années, ne peuvent être considérées, en dernier résultat, que comme des points lumineux imperceptibles, qui doivent être accumulés et pressés en nombre infini pour donner une lumière aensible. Il faut donc multiplier de toutes parts des séries d'observations séculaires avant de hasarder sur les lois de ces phénomènes des conclusions qui seraient prématurées ; mais comme il n'y a guère d'espoir que tons les pays, même en ne comptant que les plus civilisés , puissent concourir avec le même zèle ou le même succès à des recherches de cette nature, il est bon de suppléer, par des méthodes expéditives, aux données €|ni manqueront infailliblement sur un grand nombre de points. C'est par ces considérations que la science attache une importance particulière à connaître la marche des phénomènes dans telles ou telles régions , qui sont en quelque sorte %^t lieux de prédilection. Pour le magnétisme, et surtout pour ce qui regarde rinclinaison et l'intensité, les régions importantes sont celles de Véquateur magnétique et des pôleê magnétiqueê. On conçoit en effet que, si l'équateur oiagnétique était parfaitement connu dans toutes ses
sinuosités , qu'il le fût aussi dans tous les déplacements et les déformatious qu'il éprouve d'une époque à une autre ; que la situation des deux pôles magnétiques et la loi de leurs mouvements fût de même une donnée acquise à la science, il suffirait sans doute de connaître les variations de l'inclinaison, de la déclinaison et de l'intensité sur un nombre de points bien plus restreints pour découvrir enfin la loi suivant laquelle s^accomplissent tous les changements magnétiques que nous observons.
La direction de l'équateur magnétique a été dé(er« minée dans plus de la moitié de son cours par un assex grand nombre d'expériences. Cette portion la plus étudiée comprend l'océan Atlantique , les côtes orientale et occidentale de l'Amérique et le grand océan équinoxial jusqu'au 150* degré de longitude; puis le grand archipel d'Asie depuis Bornéo jusqu'au 175« degré de longitude orientale; mais l'Intérieur de l'Amérique, toute l'Afrique et l'océan indien ne présentent encore qu'un petit nombre d'observations isolées. On voit sur la figure 876 la trace de la moitié la mieux connue de l'équateur magnétique, sauf la partie de l'océan Atlantique qui n'a pu être indiquée par ce genre de représentation. Cette carte est due aussi à M. Duperrey; elle est particulièrement destinée à faire voir la position géographique des pôles , et le tracé des courbes qu'on obtiendrait en promenant à partir de l'équateur terrestre des boussoles de déclinaison vers chaque pôle, sous la condition qu'en chaque lieu le méridien magnétique fût le point osculateur de la courbe décrite, ou que la direction de l'aiguille de déclinaison fût la tangente de cette courbe. Les lignes irrégulières qui ont été ainsi obtenues par M. Duperrey, de dix en dix degrés de longitude , ont l'avantage de donner à la première vue une idée générale de la déclinaison ou de la trace des méridiens magnétiques d'un pôle à l'autre. Les autres lignes , qui vont de l'est à l'ouest et qui sont perpendiculaires aux premières , sont celles qu'on obtiendrait avec la boussole d'inclinaison, en la promenant, sous la double condition qu'en chaque lieu l'aiguille d'inclinaison fût verticale, et que le plan de rotation dans lequel elle peut alors se mouvoir fût le plan osculateur de la courbe décrite à la surface de la terre. Ces eourbes sont en quelque sorte des parallèles magnétiques ; mais, cependant, la discussion des expériences a fait voir qu'elles ne sont ni des courbes d'égale inclinaison , ni des courbes d'égale intensité.
Pour déterminer expérimentalement les positions géographiques des différents points de l'équateur magnétique, on se sert de la formule suivante, sur laquelle nous reviendrons $ Y :
tang. m
tang. t'.
t est une inclinaison assez voisine de l'équateur magnétique pour ne pas dépasser 35 ou 30«.