‹ Eléments de physique expérimentale & de météorologieChapitre 75 sur 341 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

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148. Les liquides qui ne se combinent pas chimique- Bt peuvent bien être mêlés pendant quelques instants, mais Ils se séparent peu à peu et se dégagent l'un de

l'autre pour se superposer dans Tordre de leors densi* tés, comme l'huile se superpose sur l'eau. Si les gu et les vapeurs avaient des propriétés pareilles, tout serait changé sur la terre : on verrait , par exemple, les vapeurs qui se forment à la surface des eaux s'élever comme des ballons , en vertu de leur légèreté spécifique ,* et , poussées de la sorte jusqu'aux dernières couches de l'atmosphère ) elles en sortiraient par leur élasticité pour se répandre de toutes parts dans le vide; l'évaporation étant continuelle, cette ascension se renouvellerait sans cesse ; à la fin , les lacs et les bassins des mers seraient à sec , et toutes les eaux de la terre seraient suspendues au-dessus de l'atmosphère.

Il est donc visible que les fluides élastiques , dans leurs mélanges , n'obéissent pas , comme les liquides , aux lois de la densité.

Celle vérité fondamentale a été mise hors de doute par une expérience directe, fierthollet avait fait descendre dans les caves de l'Observatoire deux ballons séparés par un robinet : l'un était plein d'hydrogène, et l'autre d'acide carbonique , à la même preuion ; après les avoir disposés , l'hydrogène en haut et l'acide carbonique en bas , on attendit longtemps avant de tourner le robinet pour établir la communication. Les deux gax étaient certainement à la même température, dans le repos le plus absolu et à l'abri de toute agitation. Cependant le mélange se fil assez promplement : la moitié de l'hydrogène, malgré sa légèreté, descendit dans lo ballon Inférieur, et la moitié de l'acide carbonique, malgré sa densité, s'éleva dans le ballon supérieur. Ainsi , chacun des gaz pénétra l'autre et s'étendit , par sa force expansive , pour occuper tout l'espace qui lui était offert : en doublant de volume , chacun prit une élasticité moitié; mais l'élaslicilé totale resta la même, c'est-à-dire égale à la somme des élasticités partielles. . Ce qui arrive pour deux gaz mélangés arrive pour un plus grand nombre, et le principe général du mélange des fluides élastiques est le suivant : Lorsqu'on accumule dans le mêtne espace divers fluides élastiques, qui sont sans action chimique, chacun se répand dans toute l'étendue de cet espace, et Vélasticité du mélange est égale à la somme des élasticités que prendrait chacun des fluides s'il était seul.

Celte vérité peut être constatée pour les vapeurs, au moyen de l'appareil suivant : / {fig. 308) est un tube large et gradué, portant à chaque extrémité un robinet enfer; le robinet supérieur a n'est pas /Tercé de part en part, il est seulement creusé, et s'appelle , pour celle raison , robinet à capsule. A sa partie inférieure, le tube t communique au tube f^ qui est plus long et plus étroit. On peut enlever le robinet supérieur pour faire passer dans l'appareil un courant d'air sec ; alors on remet le robinet, on verse du mercure, par la branche ouverte, on incline plus ou moins pour faire sortir l'air excédant, et l'on arrive aisément à avoir, dans le grand tube t, de l'air sec qui se trouve sous la pression atmosphérique. Ensuite, on met un liquide au-dessus du

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