CHAPITRE PREMIER
De l'action des AinumU sur eux-mêmes et sar les substances magnétiques.
173. On trouve dans le sein de la terre , et souvent même à la surface du sol , des substances qui ont la propriété d'attirer le fer ; ces substances, quelle que soit leur forme ou leur composition, s^appellent des aimants naturels ; nutretois on les appelait pierres d'aimant ^ parce qu'en effet elles ofireut dans leur structure une apparence pierreuse plutôt qu'une apparence métallique. U y a des aimants très- faibles ^ c'est-à-dire que, sous un grand volume, ils n'exercent sur le fer qu'une attraction peu sen^ble ; mis en contact avec de fines limailles , ils peuvent à peine en soulever quelques parcelles : mais il y a aussi des aimants tellement puissants qu'ib sont capables de tenir suspendues des masses de plus de cinquante ou même de plus de cent kilogrammes.
Pour montrer la force attractive qui s'exerce entre le fer et l'aimant , on peut faire les expériences suivantes :
1^ Si l'on plonge un aimant, par une de ses extrémités, dans la limaille de fer , on voit les parcelles de métal s'attacher à sa surface , et s'attacher les unes aux autres en formant une sorte de chevelure plus ou moins longue : cette adhérence des particules entre elles et leur arrangement est un phénomène
digne de remarque, sur lequel nous reviendrons; pour le ment nous nous bornons au fait principal qui est une pienTO évidente de Fattraction mutuelle du fer et de Taimant.
2'' Si Ton présente à Taimant , suivant son degré de force, dei morceaux de fer plus ou moins volumineux , à peine en sonl-ib approchés à quelques millimètres de distance qu^on les sent de« venir plus légers : ils sont entraînés, et se précipitent sur sa surface pour> y rester suspendus ; il faut ensuite un effort plus ou moins considérable poiu* les en arracher. Cette expârienoe est surtout frappante lorsqu'on la fait avec rélectro-aimant, dont la construction sera expliquée plus loin; cet appareil agit sur des masses de clous ou de pointes de Paris, comme Taimant naturel ordinaire agit sur la limaille.
En variant ces expériences on peut reconnaître quelques caractères essentiels de cette force attractive , et constater : V qu'elle s'exerce à distance; 2'' qu'elle s'exerce au travers de l'air, au travers du vide, et au travers de tous les corps, pour?a qu'ils ne soient pas du fer ; S'* qu'elle diminue à mesure que la distance augmente.
Toutes les attractions étant réciproques , on doit conclure que si l'aimant attire le fer, il est attiré par lui avec la même éaet^ gie et suivant les mêmes lob. Cette vérité nécessaire peut , an reste , se vérifier directement par des expériences inverses des précédentes : en suspendant l'aimant pour le rendre mobile, et en faisant agir sur lui des morceaux de fer à diverses distances.
Cette force attractive étant distincte de toutes les autres forces naturelles , on lui donne un nom particulier , on l'appelle force magnétique , du mot jiaYvriç, qui était chez les Grecs le nom de la pierre d'aimant; car les anciens avaient quelque connaissance de ses propriétés : Platon en parle dans plusieurs de ses dialogues, et il faut remonter jusqu'au temps de Pjthagore pour ivcueillir les premières notions qui nous aient été transmises sur ce sujet.
i 74. Toat aimant a nue ligne moyenne et denx p^lea* —
Le fer semble être à l'égard de l'aimant ce que sont les corps pesants par rapport au globe de la terre : la masse du globe attire les corps dans tous les sens , et les presse sur sa surface. Essayons de voir s'il en est de même de l'aimant, et si, de tous les points de son contour, il exerce une action pareille pour sol^