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GHAP. IV. — AIMANTS ARTIFICIELS ET NATURELS

déjà dit qu'on appelle en général aimants naturels les substances qui sont aimantées au sortir du sein de la terre, et aimants aiw tificiels toutes les substances dans lesquelles nous parvenons, par nos procédés, à fixer du magnétisme. Un aimant naturel, chauffé au rouge , et réaimanté après cette opération , serait un véritable aimant artificiel. En donnant les procédés d'aimanta* tion et les moyens de changer et augmenter la force coercitive , nous avons donc donné les méthodes d'après lesquelles les aimants doivent être composés ; nous n'avons plus à présent qu'à faire connaître comment on peut les conseiTcr, et comment on peut les assembler pour augmenter leur puissance.

Les aiguilles, les lames et les barreaux de toute espèce sont des aimants d'une seule pièce, qui, étant une fois aimantés i saturation, conservent très-bien leur magnétisme : cependant y les lames et les barreaux pouvant être disposés de différentes manières à l'égard de la force terrestre, cette force peut, dans des circonstances favorables , déterminer ime recomposition partielle des fluides. Par exemple, dans' nos climats, un bar» reau qui serait tenu verdcalement son pôle boréal en bas, éprouverait une diminution magnétique, et si, dans cette pod* tion, il recevait quelques chocs ou quelques coups de marteau, il pourrait en peu de temps être réduit à une force très^£adble, ou même prendre des pôles contraires. C'est pour empêcher ces recompositions que l'on emploie les armatures. On appelle en général armures ou armatures des pièces de fer doux qui sont mises en contact avec les aimants pour maintenir leur activité par la décomposition magnétique qu'elles éprouvent. Pour ar* mer des barreaux, on les dispose parallèlement dans leurs boîtes, de manière que les pôles contraires se correspondent , et, aux deux extrémités, on ajoute transversalement deux prismes quadrangulaires de fer doux qui complètent le parallé* logramme. Chacune de ces pièces de fer devient ainsi un aimant qui réagit sur les barreaux pour 7 fixer les fluides décomposés.

Les aiguilles qui sont en activité ne peuvent point recevoir d'armature, mais elles n'en ont pas besom, puisqu'elles se tour* nent sans cesse pour obéir à la force qui les sollicite ; c'est cette force elle-même qui leur sert d'armature.

Les faisceaux magnétiques sont des assemblages de plusieurs lames dont les armatures exigent beaucoup plus de soin. La

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fignre 32 (Pl. 14) représente uo fiûsceao cuurtFuii dTapres ki méthodes de Coulomb; il se compose de 15 lames rectuMbires disposées en 3 couches de chacune 5 bmes. Les Immes de la couche supérieure et celles de la couche in^rienre sont ph» courtes de 7 ou 8 centimètres que celles de la coodie moyenne; ce qui donne à chaque extrémité un retrait de 3,5 à 4 centimètres. Toutes ces lames, qui sont du reste pareilles dans leurs dimensions, s^ajustent dans les pièces de fer /*, qui serrent d'armatiires; im lien de cuivre ce les retient à diaque bout et les presse de manière que le système entier soit parfaitement immobile. Ces grands faisceaux sont destinés à être fixes lorsqu^on s'en sert pour aimanter; on construit, sur \es mêmes principes, des faisceaux glissants qui ont une moindre longueur et qui ne se composent que de 6 ou 9 lames.

La figure 19 représente un aimant en fer à chmml : c*est un assemblage de plusieurs lames qui sont immédiatement super«> pos<*es. Après les avoir trempées, on les recuit, et on les flresse de manière qu'elles puissent s'appliquer exactement Tune sur l'autre ; deux vis i^ et i^', de fer ou de cuivre, les retiennent dans cette position. Ces lames sont aimantées séparément avant d*éti« assemblées : pour cela, on les met en prise, aux deux bouts, avee les pôles contraires de deux puissants barreaux , et , en partant du milieu ou du sommet de la courbure, on fait, par la mé^ thode de la double touche, autant de frictions qu'il est nécessaire. Un anneau un sert à suspendre l'aimant, et une pièce de fer doux pp' qu'on appelle le portant ou le contact^ reste toujours en prise avec les deux pôles contraires a et i. Le contact n'a en général que le tiers de Tépaisseur de Taimant, et il est légère* ment arrondi sur sa surface de contact, de telle sorte qu'il ne touche l'aimant que par une seule ligne. Les aimants bien faits peuvent soutenir, au moyen du poitant, jusqu'à 10 ou 20 fois leur poids.

Les armatures des aimants naturels sont représentées dans les figures 20 et 21 : les paities /, /' sont les ailes de Tarmature; et les parties p <) p' en sont les pieds. Ou donne aux ailes une largeur égale à celle de l'aimant, et une épaisseur d'environ 3 ou 4 millimètres; les dimensions des pieds dépendent de la force de Taimant, et ce n'est que par des essais successifs que Ton peut arriver à la forme et à la grandeur le plus convenables.

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