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CHAP. II. — ÉLECTRICITÉ PAR INFLUENCE

et dépouillée, et mieux encore avec une grenouille vivante telle qu'elle sort de Teau,

En présence d'une puissante machine, un homme qui communique au sol éprouve des seoflRisses analogues; on en peut faire l'expérience avec un conducteur d'une grande superfiçMis deux personnes placées aux deux extrémités de ce conducteur n'éprouvent pas d'effets sensibles pendant qu'il se charge; mais l'une d'elles s'approchant assez près pour tirer des étincelles, Vautre éprouve, à l'instant, toute la violence du choc en retour, sans qu'il paraisse aucune trace d'électiieité ni de lumière entre elle et le conducteur.

En étudiant les effets de la foudre^ nous verrons qu'un nuage orageux peut agir d'une manière analogue, et foudroyer à la fois par le choc direct et par le choc en retour.

Quand le corps conducteur qui reçoit l'influence électrique n'est pas en communication directe avec le sol, il se peut faire qu'il perde peu à peu celle des électricités qui est repoussée, et qu'ensuite, la cause décomposante étant subitement détruite, il perde tout à coup, par une seule étincelle, l'autre éleotfioîlié qui s'est accumulée sur sa surface. C'est ce qu'on vérÎjBb 4;VÇÉi un pistolet de Yolta disposé en présence des conducteurs ï4t k^ aiachine.

213. Ea loaehani les corps coadaeCeurs, lorsqu'ils sont soumis A l'Influence» on en peul llrer l'une ou l'aulre éleclrl* cité s mais on ne peul les charger que d'une seule éleclrlcilé» en les menant en communicallon avec le sol. — Reprenons Fun des cylindres isolés de la figure 12, et supposons que ses électricités naturelles soient décomposées par l'influence de la machine : son fluide résineux étant appelé en r, son fluide vitrén, repoussé en i^, et la ligne neutre nul marquant sur sa surface les * points qui séparent les deux fluides contraires. Dans cet état, si on vient le toucher avec un plan d'épreuve, on prendra de l'électricité résineuse dans la région nr \ [de la vitr^ dans la région n\>^ et l'on ne prendrait point d'électricité sensible sur la ligne neutre nrl . Mais si, au lieu de toucher le cylindre avec un plan d'épreuve très-petit, on vient le mettre en communication avec le sol , on obtiendra des résultats tout à fait différents : s'il communique au sol par un {point de la région n\>^ tout le fluide vitré s'écoule, et le fluide résineux reste en totalité main-

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tenu par TattiactioD du fluide Titré de la macbine ; 8*3 oommiinique au sol par un point de la région /ir, c'est encore le flmiie i^itré qui s'écoule, et le fluide résineux qui reste.

Ce phénomène remarqualile, très-facile à vérifier, est aoBÎ très-lacile à expliquer : car le Cl de métal qui établit la commiK nication avec le sol éprouve luinnéme la décomposition par influence ; son fluide vitré est refoulé dans le sol, tandis que son fluide résineux est attiré, passe sur le cylindre, et neutralise, en s'y répandant, tout le vitré qui s'y trouve; le résultat est le même que si le cylindre avait été en communication avec le sol avant d'éprouver rinfluence des conducteurs de la machkie.

Qr, si, en touchant la r^on nr avec le plan d'épreuve, qui est très-petit, on en tire de l'électricité résineuse, et si, en la touchant avec le soi, qui est très-grand, on en tire de la vitrée, il faut bien qu'il existe des corps isolés, d'une certaine dimension, qui n'en pourraient tirer ni l'un ni l'autre des fluides.

Cette conséquence est importante, et nous ne la présentons ici que pour indiquer d'avance que, dans la déoomposidon par influence, le lieu et la forme de la ligne neutre dépendent d'une foule de conditions, et que, dans le contact des corps électrisés, il se produit des phénomènes très-complexes.

814. Éleeiroseopes. — Nous avons déjà fait connaître le pendule électrique, l'aiguille électrique et Vélectroscope de Coulomb^ mais on a été conduit, par les phénomènes de l'électricité par influence, à construire d'autres électroscopes qui conservent mieux l'électricité qu'on leur donne, et qui sont plus propres à donner approximativement une idée des forces électriques qui les sollicitent. Tous ces appareils se composent essentiell«nent d'un ifase de verre^ d'un conducteur fixe et d'un conducteur mobile.

Le vcLse de verre a la forme d'une cloche ou d'un flacon: l'orifice supérieur est étroit ; et le fond peut être de verre ( Fig. 14), mais le plus souvent il est de métal (Fig. 13), et alors il porte deux boules de cuivre, ou bien il communique à deux petites lames d'étain e^ qui sont collées verticalement sur les parois intérieures de la cloche.

Le conducteur fixe est une petite lame métallique qui se termine en haut par une boule (Fig. 13) ou par un anneau Fig. 14); elle est mastiquée avec de la gomme laque dans le

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col du vase, et même, pour plus de précaution, la surface extérieure du verre est vernie jusqu'à une distance ifu' .

Le conducteur mobile est suspendu à rextrëmité inférieure du conducteur fixe , c'est de sa nature que dépend le nom de Télectroscope : dans Vélectroscope à pailles^ il se compose de deux pailles légères que Ton suspend au conducteur fixe par de petits anneaux de fil de métal très-fin; dans Vélectroscope à lames dor^ il se compose de deux lames d'or qui se collent, par simple apposition, sur Textrémité aplatie du conducteur fixe (FiG. 14); dans Vélectroscope à balles de sureau^ il se compose de deux fils de métal très-fins , qui s'attachent comme les pailles et qui portent à leur extrémité inférieure des petites balles de sureau bV (Fig. 13). Ces conducteurs mobiles viennent, dans leur plus grande divergence, toucher les boules ou les lames d'étain pour se décharger de leur électricité; car, s'ils allaient toucher la surface du verre , ils y resteraient adhérents , et lui communiqueraient une électricité qui pouirait pendant longtemps troubler les résultats.

Les expériences dont nous avons parlé précédenunent sufiisent pour indiquer l'usage des électroscopes.

Lorsqu'on voudra simplement reconnaître la présence de l'électricité dans un corps , il faudra l'approcher graduellement du conducteur fixe de l'électroscope, et observer la divergence toujours croissante des conducteurs mobiles. De deux corps de même forme , placés à la même distance , celui qui produira la moindre divergence aura évidemment la moindre force électrique; mais les intensités ne seront pas proportionnelles aux angles d'écart , elles suivent une loi beaucoup plus compliquée.

Lorsqu'on voudra reconnaître l'espèce d'électricité que possède un corps, il faudra préalablement donner à l'électroscope une électricité connue, ce qui se fait de la manière suivante. On approche un corps électrique, et en même temps on touche avec le doigt le bouton de l'électroscope : le fluide repoussé passe dans le sol , et , en retirant dcd}ord le doigt et ensuite le corps «kctrisé, l'électroscope reste chargé du fluide attiré^ c'est-àdire, du fluide contraire à celui du corps qu'on lui présente. Dans cet état , tout corps qu'on en approche , et qui augmente sa divergence, est certainement chargé de la même électricité que l'électroscope , mais l'inverse n'a pas lieu : tout corps qui

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diminue la divergence n'est pas nécessairem^it chargé d*iuie électricité contraire à celle de réleclroscopej car les corps conducteurs , pris dans leur état naturel , doivent eux-mêmes produire cet effet sur les conducteurs mobiles , à cause de la décomposition par influence qu'ils éprouvent.

Ainsi, l'augmentation de divergence est une épreuve dedsnre: tandis que la diminution est une épreuve incertaine, à moiiis toutefois que cette diminution ne soit très-grande, et que k corps qui la produit , étant approché davantage , ne soit capable de déterminer une divergence contraire, après avoir ramené jusqu'au contact les conducteurs mobiles de Félectroscope.

Quand Fair est humide, Vélectricité se perd promptemient, et il serait impossible alors de faire des expériences comparatives avec les électroscopes , si Ton n'avait soin de dessécher Vair qu'ils contiennent, ce que l'on fait avec quelques fragments de chlorure de calcium ; et même il est bon de dessécher aussi 'air qui les environne , en les enveloppant d'une cage au fond de laquelle on place des corps propres à absorber riiumidité.

SIS. Éleeirophore. — Cet instrument, imaginé par Volta, repose encore sur les principes de T électricité par influence : il se compose d'un gâteau de résine (Pl. 16, Fig. 15), et d*un plateau p^ auquel est adapté un manche isolant m, La résine est coulée dans un moule de bois ou de métal, il importe que sa surface supérieure soit sensiblement plane; le plateau est de cuivre avec un rebord arrondi , ou simplement de bois revêtu d'étain; son diamètre est moindre que celui du gâteau. Après avoir électrisé toute la surface de la résine en la battant avec une peau de chat , on pose sur elle le plateau par son manche isolant, et avec le doigt on en tire une étincelle : c'est son électricité résineuse qui s'écoule dans le sol. Ensuite, en relevant le plateau , on le trouve fortement chargé d'électricité vitrée. On peut répéter rexpérience plusieure centaines de fois de suite sans qu'il soit nrcessaii*e de dï)nner au g:\teau une nouvelle charge avec la peau do chat. L'électricité de la résine, agissant par influence sur les électricités naturelles du plateau, à travers la milice couche d'air qui l'en sépare, y produit une grande décomposition, et l'élecuicité viuxHî qu'elle attire ne peut pas venir la neutraliser, parce qu'elle ne peut pas s'acciunuler siur un

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point pour yaincre la résistance de Tair. L*électrophore vaut à lui seul une machine électrique.

816. Maehlaes électriques. *- Les machines électriques se composent d'un corps frottant , d'un corps frotté et d'un conducteur isolé.

Le corps frottant est un coussin élastique rembourré de crin ; sa face frottante est un cuir enduit d'or massif ( deutosuUuré d'étain), ou de divers amalgames^ parmi lesquels l'amalgame de zinc paraît être de beaucoup le plus efficace.

Le corps frotté est un cylindre ou un plateau de verre.

Le conducteur isolé est en général un système de cylindres creux, de laiton, terminés par des surfaces sphériques ou arrondies, et supportés par des colonnes de cristal vernies à la gomme laque.

Nous allons indiquer les diverses dispositions les plus usuelles.

MaehiM ordinaire (Pl. 16, FiG. 29). — Le plateau de verre a, dont le diamètre peut varier de \ mètre à 1 ou 2 mètres, est percé en son centre d'un trou dans lequel passe l'axe à manivelle 6. Les écrous c servent à fixer très-solidement le plateau sur son axe. Les montants d (Fig. 30) sont disposés pour supporter à la fois le plateau et les deux paires de coussins e et ^', qui le frottent de chaque côté, depuis la circonférence jusqu'au tiers ou à la moitié du rayon (Fig. 29). Le conducteur fgf (même figure), isolé sur les colonnes A, se termine par deux mâchoires /, qui embrassent le bord du plateau aux extrémités de son diamètre horizontal.

Pour mettre la machine en activité; on sèche les colonnes h et le plateau a avec des réchauds, ou en les frottant avec du papier sans colle, sec et très-chaud; on sèche les coussins en les présentant au feu; on les frotte l'un contre l'autre après les avoir enduits d'ormussif ou d'amalgame; on les remet en place, et on y adapte les armatures en taffetas k (Fig. 31); on fait ensuite communiquer les coussins au sol au moyen d'une chaîne, et il n'y a plus qu'à tourner la manivelle m pour que les conducteurs se chargent d'électricité.

En effet , l'électricité vitrée que le firottement développe sur le plateau agit pour décomposer par influence les électricités naturelles du conducteur, et surtout celle des mâchoires /, elle repousse la vitrée, qui se répand sur toute la surface des conduc-

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teurs, et attire la résineuse, qui passe des mâdiCMres au plaAaaa pour le remettre à Tétat naturel , ou du moins pour neotraliicr d'une manière plus ou moins complète rélectricité Titrée dcMtt il est chargé.

L'électricité résineuse du coussin s* écoule dans le sol, et il ctt nécessaire quelle s'y écoule librement, car, si les ooiuôns étaient chargés d'électricité résineuse, ils déyelopperaîent maînt d'électricité vitrée sur le plateau.

Ou emploie quelquefois des conducteurs secondaires qui MHtt des cylindres de cuivre ou de fer-blanc, suspendus au plafond avec des cordes de soie. En mettant ces conducteurs en comiim* nicalion avec ceux de la machine , c'est le système entier qui se charge d'électricité, et l'on peut en tirer des étincelles plus fortes.

Machlae de TaB-Maram. *- Cette machine, représentée (Pl. 16, FiG. 32), diffère de la machine précédente en ce qu'elle est disposée pour recueilUr à volonté l'électricité résineuse ou la vitrée , c'est-à-dire l'électricité des coussins ou celle du plateau. Les deux paires de ox>ussins sont alors disposées sur un diamètre horizontal, et portées par les demi-globes en laiton z et z', et E y a deux arcs mobiles , xx' et yy' , qui doivent toujours ^re dans des plans perpendiculaires. Quand l'arc xa! est vertical^ yy' est horizontal; il communique aux coussins, et fait passer leur électricité dans le sol, tandis que Tare xx' et le globe ^ se chargent d'électricité vitrée. Au contraire, quand xx* est horir zontal, y y' est vertical; il communique au plateau, et le remet à l'état naturel , tandis que xx recueille l'électricité des coussins , qui se répand alors sur le globe g et sur les demi-glo* bes z£ ,

Maeldae de Nairne. — Cette machine (Pl. 16, FiG. 33), est disposée aussi pour donner les deux électricités ; mais elle les domie simultanément, sur deux conducteurs différents, v et r. Ici le corps frotté est un grand cylindre de verre a, mobile autour dun axe horizontal &, et frotté dans le sens de sa longueur par un seul coussin e\ on peut y adapter aussi une armature ^ c'est-à-dire une pièce de taffetas gommé qui empêche le contact de l'air, toujours plus ou moins humide, du heu où se trouve la machine.

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