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CHAP. II. — ÉLECTRICITÉ PAR INFLUENCE

distances. Il suffit de jeter les yeux sur la figure 12 pour voir la disposition que l'on peut donner aux appareils dans ces expériences.

m est un conducteur de la machine,

c un premier cylindre isolé,

e' un second cylindre pareil,

b une boule de cuivre,

et b' une petite balle de sureau.

La divergence des balles indique la présence de Télectricité, et les signes -+- et — marquent son espèce.

Lorsqu'un corps conducteur est déjà chargé d'électricité, il n'en éprouve pas moins TinQuence d'un autre corps électrisé, une seule expérience suffit pour montrer combien de phénomènes curieux peuvent résulter de ce principe. Le petit anneau à pendule, de la première des expériences qui précèdent, est électrisé résineusement : on lui présente un corps électrisé résineusement comme lui, et la divergence des balles augmente; 'donc son électricité résineuse est repoussée et refoulée dans les balles par l'électricité résineuse qui agit sur lui par influence, ou, si l'on veut, ses électricités naturelles sont séparées : la résineuse est refoulée dans les balles, où elle s'ajoute à la résineuse qui s'y trouve déjà ; tandis que la vitrée est appelée dans l'anneau, où elle neutralise une égale portion de résineuse en se recomposant avec elle. La charge primitive de l'anneau et celle du corps qu'on lui présente peuvent être telles que, pendant l'action par influence, l'anneau se trouve encore électrisé résineusement, ou qu'il reprenne son état naturel, ou même qu'il se montre avec une charge d'électricité vitrée. C'est ce que l'on peut vérifier avec le plan d'épreuve.

Ces phénomènes sont plus apparents lorsqu'on donne à l'anr neau une charge primitive d'électricité vitrée : alors, sous l'inflaence des corps résineux, qu'on approche graduellement, les bdUes se rapprochent peu à peu, reviennent au contact, et di- ▼ei^gent de nouveau ; ce qui prouve d'une manière évidente que leur électricité vitrée a été peu à peu appelée dans l'anneau, qu'elle y est venue en totalité, et qu'enfin, pour une moindre distance du corps agissant, il s'est fiad- une décomposition nou- Tdle qui refoule du fluide résineux dans les balles et qui leur dmine une nouvelle divergence.

212. Les e«rps éieetrisés pmw iaflaesee retomlbemt 4 Um étal primitif dés qae l^iaflaeace eesse. — Puisque la décomposition par influence est instantanée dans les corps conducteurs, la recomposition doit être instantanée dès qu'on détruit la cause décomposante.

Or, on peut en général la détruire de deux manières : soit graduellement, en tirant du corps électrisé de petites étincelles avec un corps isolé, ou en augmentant la distance du corps conducteur qui reçoit son influence ; soit subitement, en tirant du corps électrisé une étincelle totale qui le décharge complètement lorsqu'il est lui-même conducteur.

Dans le premier cas, la recomposition est graduelle comme la diminution de la force, et Ton s'en aperçoit à la divergence des balles, qui diminue de plus en plus. Dans le second cas, les deux électricités, séparées par influence, se rejoignent par leur attraction mutuelle, et se recomposent en totalité, comme on le voit par le rapprochement des balles, qui est subit et complet.

Dans ces phénomènes, ni Tim ni l'autre des fluides ne sort de la masse qui reçoit l'influence électrique, mais ils éprouvent tous deux un mouvement de translation dans l'étendue de cette masse, soit quand ils se séparent, soit quand ils se rejoignent; et ces mouvements rapides de l'électricité produisent dans les molécules pondérables des secousses mécaniques ou des effets cliimiques très-remarquables.

Par exemple, une grenouille, préparée et disposée comme on le voit (Pl. 16, FiG. 11), semble n'éprouver aucun effet lorsqu'on tourne lentement la machine qui charge d'électricité vitrée le conducteur c : cependant, son électricité naturelle est décomposée par influence, la résineuse est appelée eu r, tandb que la vitrée est repoussée dans le sol par le lil jr, et, dès qu'on tire luie étincelle au conducteur, la recomposition subite des électricités de la grenouille imprime à tout son corps une sorte de convulsion qui la fait sauter (M>mme si elle s'élançait par un mouvement volontaire; preuve frappante que, dans le retour à l'état natui*el, les molécules des corjis sont agitées par les fluides qui se pressent pour se ixjoindre. Les commotions de cette espèce s'appellent le choc en retour. L'expérience serait tentée sans succès sur une grenouille tuée depuis cinq ou six heures : mais elle réussit très-bien avec une giruouillc qui vient d'être coupée

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