CHAPITRE IV
De raction des courants sur les courants.
255. C'est à Ampère (jue Ton doit la découyerte de raction mutuelle que les courants exercent sur les courants, et c'est presque uniquement à ses recherches que Ton doit en même temps la connaissance non moins importante des lois mathématiques qui les enchaînent. La théorie générale à laquelle il est parvenu, et qu'il a exposée dans l'un des ouvrages les plus remarquables de notre époque {Théorie des phénomènes électro-dynamiques^ etc. Paris, 1826), n'embrasse pas seulement l'action des coiu'ants proprement dits, mais elle s'étend encore aiix actions magnétiques elles-mêmes et aux actions mutuelles des courants et des aimants; elle ramène par conséquent à un même principe des phénomènes qui avaient jusqu'alors été considérés comme dépendant de forces différentes. Pour atteindre ce but, Ampère a été obligé, il est vrai, de recourir à des considérations hypothétiques sur la constitution des aimants; mais ses hypothèses sont dans l'ordre de celles que les géomètres doivent admettre pour appliquer le calcul aux phénomènes physiques ; elles semblent d'ailleurs avoir reçu un nouveau degré de probabilité par les découvertes dont elles ont été suivies.
Nous regrettons vivement que le cadre d'un traité élémentaire ne nous permette pas d'exposer cette tliéorie dans son ensemble, mais nous nous attacherons du moins à fidre connaître toutes les principales expériences qui lui servent de base, en substituant, autant qu'il nous sera possible, un ordre logique à l'ordre mathématique adopté en dernier lieu par Ampère, et en simplifiant les appareils pour les rendre plus intdligibles.
256. AetioB des «•«ramts pavmlléles* — Deux courants parallèles ne peuvent pas être en présenœ sans exercer l'un sur l'autre une action plus ou moins vive , qui dépend de leur distance, de leur intensité et de leur longueur; en ne considérant cette action que par rapport à la direction des effets, elle est
HM UVRE UI. — KAGKËTISME ET ÉLECTRICITS.
soumise à cette loi générale très-simple : Deux courants parais nies s*aUirent quand ils marchent dans le même sens ^ ei ils se repoussent quand ils marchent en sens contraire.
C'est ce que nous allons démontrer au moyen de rappareîl suivant :
abcdefÇFic. 22) est un fil de cuivre plié en rectangle, dont les extrémités s'adaptent dans les deux coupes a: et ^ qui tenmuent les deux colonnes ^ et f^ ; lorsque ce rectau^e est en place, le courant qui entre par la colonne ^le parcourt dans le sens des flèches pour sortir par la colonne i^; alors les courants de let de de marchent dans le même sens en montant, ceux de f^ et de bc mai-chent dans le même sens en descendant, et il y a une vive attraction qui ramène sans cesse le rectan^e dans la position où le coté de est près de f, et le côté bc près de (^; donc les courants qui vont dans le même sens s* attirent.
En substituant le rectangle de la figure 23 à celui de la figure 22, on a, dans ce rectangle et dans les colonnes, des coarants qui marchent en sens contraire, et Ton observe ime répulsion, donc les courants qui uonten sens contraire se repoussenJt.
Dans ces expériences, il faut disposer les appareils pour que le mouvement du rectangle ne puisse pas être attribué à Faction de la terre à laquelle il se trouve soumis , comme nous FaTons vu précédemment.
L'intensité de ces attractions et de ces répulsions est évidemment proportionnelle à la longueur des côtés verticaux du rectangle, et au carré de l'intensité du coinçant qui est en circulation (huis l'appareil; elle serait aussi en raison inverse de la simple distance, si les colonnes t ex, \> pouvaient être considérées comme ayant une longueur infinie par rapport à la longueur des courants mobiles sur lesquels elles agissent.
Lorsqu'un fil est rephé sur lui-même (Fie. 24) de manière à donner passage à deux courants égaux et contraires, son eflFet attractif ou répulsif est évidemment nul , car les actions qu'il exerce, soit sur des aimants, soit sur des courants, se détruisent toujours comme étant toujours égales et opposées.
Sl$7. Action des eoaramts sinaenx. — L'action d'un courant sinueux quelconque est équivalente à celle d'un courant linéaire de même longueur et de même intensité , pourvu toutefois que ces actions s'exercent à une distance très-grande par rapport à