CHAP. Y. — ACTIONS CHIMIQUES
en communication avec le sol, 1* appareil est promptement cbai;gé par rélectricité vitrée que T acide carbonique cède a la plaque à mesure qu'il s'élève contre sa surface. On comprend que si, ,au lieu de séparer Tacide carbonique au moment de sa formation, on le laissait en contact avec le charbon , Ton n'aurait plus que des signes électriques équivoques; c'est, en effet, ce que l'on obtient en brillant le charbon par sa paroi latérale, au lieu de le brûler par sa base supérieure.
Dans la combustion de F hydrogène^ l'oxygène s'électrise encore positivement, et l'hydrogène négativement. Pour recueillir l'électricité négative, on adapte à la vessie qui contient l'hydrogène un tube de métal que l'on fait communiquer au condensateur, et à l'extrémité duquel on enflanune le gaz; on peut encore adapter au plateau du condensateur un long fil de platine dont l'extrémité est roulée en spire étroite, et faire soigneusement plonger dans \ intérieur de la flamme la totalité de la spire (FiG. 8).
Pour recueillir l'électricité positive de l'oxygène, il suffit de présenter la spire précédente à quelque distance de la flamme (FiG. 9) , ou de lui donner un diamètre plus grand que la flanune elle-même, de manière qu'elle puisse l'envelopper; alors elle prend de l'électricité positive, même à la distance de plusieurs millimètres. On comprend, d'après cela, combien les résultats doivent être variables et incertains, lorsque la spire est en partie dans la flamme et en partie en dehors. M. Becquerel pense que , dans ces expériences , l'électricité est en grande partie développée par l'inégale température du fil de platine , et il pense, de plus, que la flamme fait simplement l'olfice de corps conducteur (Becquerel, t. II, p. 86 et 87). Je regrette de ne pouvoir aucunement partager cette opinion. Les détails consignés dans mon Mémoire ne me permettent pas de l'admettre.
En faisant germer des plantes dans des capsules isolées, et au milieu d'une atmosphère suffisamment sèche, il m'a été possible de recueillir aussi les électricités qui se développent dans Tacle de la végétation.
Ces expériences, et d'autres analogues, conduisent à ce principe général : Toutes les fois que Voxygène se combine ai^ec un autre corps ^ il y a dégagement d'électricité ; Voxygène donne
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toujours r électricité positii^y et le corps combustible 9iégatiife,
On ne doit pas s^étonner, d* après cela, que, dans toutes ks décompo»tions chimiques qui s'accomplissent au moyen de k pile, Toxygène se rende au pôle positif et les corps oombustîUa au pôle négatif; car il faut sans doute que, pour se séparer et reprendre leur état libre, ces éléments recoirent predsémaitla même quantité du même fluide qu'ils ont dégagé dans Facte de leur combinaison.
Les phénomènes électriques qui se développent dans les décompositions chimiques sont précisément inverses de ceux qm se développent dans l'acte de la composition ou de la combinaison des éléments. Ce résultat général a été établi dans mon deuxième Mémoire sur Vorigine de ^électricité cUmasphériqsi [Ann. de Chim. et de Phys.^ t. XXXVI, p. l). Après avoir démontré que les changements d'état des corps ne donnent jamais aucun signe électrique, je fais voir que l'électricité apparaît aussitôt qu'il y a dans une dissolution quelques éléments chimiques qui se séparent. Mon appareil est le condensateur représenté dans la figure 6 ; seulement , à la plaque de laiton, roa peut substituer une tige terminée par un anneau ; sur la plaque ou dans l'anneau de la tige , on dispose un creuset de platine préalablement porté à une température plus ou moins haute, depuis 40 ou 50® jusqu'au rouge, ou au rouge blanc, et, dans ce creuset, on projette quelques gouttes des dissolutions que l'on veut soumettre la Tépreuve; les éléments volatils se d^geant, il y a ségrégation chimique et développement d'électricité ; la charge du condensateur est quelquefois si grande, qu'oD Tobserve sans faire communiquer au sol, et que les lames d'or sont projetées contre les parois de la cloche presque aussitôt que le liquide tombe dans le creuset.
Dans les solutions alcalines, la vapeur d'eau a l'électricité négative et l'alcali a l'électricité positive.
Dans les solutions acides, au contraire, c'est l'eau qui est positive, et la solution restante qui est négative.
Lorsque les acides agissent sur les métaux, il se produit en général deux phénomènes : le premier est l'oxydation du métal, qui est une combustion ; et le second, qui succède ordinairement au premier, est la combinaison de l'oxyde avec l'acide, qui est