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CHAP. YII. — ÉLÉMENT DE BAGRATION

liquide je dois mentionner encore un appareil à chlorhydrate d'ammoniaque, imaginé par M. le prince de Bagration, et particulièrement convenable , à ce qu'il paraît , pour les expériences de galvanoplastique. Cette, pile, dont je n'ai pas eu occasion de me servir, se construit en mettant dans un vase de verre ou de bois des cylindres ou des lames parallèles de zinc et de cuivre, à une petite distance l'une de l'autre. Le vase est en partie rempli de terre ou de sable , et arrosé de temps à autre avec du chlorhydrate d'ammoniaque; des communications convenables s>ont établies entre les plaques de zinc et de cuivre.

Les piles de Smée , de WoUaston , de Young , de Muuch , de Sturgeon et de Wheatstone, dont nous venons de parler, ont ce caractère commun, qu^elles sont toutes à un seul liquide ; que l'électricité y est toujours produite par la décomposition de leau, résultant de l'affinité du zinc pour l'oxygène ; que les deux métaux qui les composent s'y trouvent l'un et l'autre à l'état négatif par la communication plus ou moins conductrice qu'ils ont entre eux au dehors du liquide , et que l'hydrogène qui est positif ne vient à l'élément non oxydé, platine, cuivre ou fonte, que parce que cet élément est chargé de l'électricité négative qu'il a reçue du zinc, et peut ainsi, en décomposant l'eau en sens inverse,* c'est-à-dire en prenant l'hydrogène, compléter la chaîne des décompositions successives entre toutes les molécules liquides qui séparent les deux métaux.

La tension électrique élémentaire de ces diverses piles peut cependant être variable ; il en est de même de la quantité d'électricité développée sm* une surface donnée , à cause des états divei*s dans lesquels se trouve le zinc, à cause de la conductibilité propre du liquide , et enfin à cause de l'état différent dans lequel se trouvent les surfaces sur lesquelles l'hydrogène se dégage ou se combine pour opérer des révivifications métalliques.

308. Pour types des piles à un seul liquide, nous avons choisi de préférence l'élément de Smée, parce que les phénomènes s'y accomplissent d'une manière simple et régidière. Pour les piles à deux liquides , nous choisirons par les mêmes motifs l'élément de Daniell , qui a d'ailleurs l'avantage de donner facilement des courants d'une intensité constante.

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Élément ée DanlelU — Cet élémeiit est représenté sous traii formes différentes dans les figures 24, 36, SO. Uâémeiitdek figure S4 est celui qui m'a servi à déterminer les lois de Fînteasité des courants hydro-éloctriques (voj. n*" 98ff et suivants). le vais d'abord en donner la description : il se ccmipose d'un cj- Ijndre creux de cuivre rouge très-mince a, lesté arec du sabki, et fermé de toutes parts; le fond intérieur e est plat, et le foni supérieur d est conique ; au-dessus de la base de celui-ci s'dèfe un rebord e, percé de plusieurs trous f; ce cylindre s^engage dans une vessie g qui vient se lier autour du rdbord «, mais audessus des trous /. On verse sur le cône d une dissolution saturée de sulfate de cuivre , qui tombe par les tious fet qui vieil remplir tout l'espace compris entre la vessie et le cylindre ; ensuite on met sur le même cône des fragments de sulfate de cuivre que l'on renouvelle à mesure qu'ils se dissolTcnt dans k liquide , qui doit toujours les baigner un peu ; un manchon de zinc A, qui est fendu sur sa longueur pour s'élargir à Tolontéi est plongé dans une dissolution de sulfate de zinc ou de dik^ rure de sodium, contenue dans un vase i de verre ou de faïence. On met le cylindre de cuivre dans le manchon de zinc, et ks deux bandes de cuivre /? et n^ soudées l'une au cylindre et l'aiH tre au manchon , représentent les deux pôles de réiément ; dés qu'on établit entre elles une communication métallique, on obtient un courant d'une Inlcnsitc constante, pendant des heures, des journées entières, si cette communication reste la même.

Pendant que le courant se produit et que son intensité s'observe avec les boussoles dont nous avons parlé (284), le cylindre de cuivre se charge d'un dépôt de cuivre métallique révivifié, qui est en général pulvéïiilent et sans adhérence, et la dissolution de sidfate contenue dans la vessie s'appauvrirait rapidement, si l'on n'ajoutait pas de temps à autre sur le cône d des fragments solides qui disparaissent et la maintiennent à Tétat de saturation. D'un autre côte, le zinc s'use, et au dehors de la vessie, dans le vase de veri'e, la proportion de sul&te de zinc augmente.

Les phénomènes chimiques peuvent ici, comme dans les cas analogues, être interprétés de plusieurs manières. Les réactions qui s'accomplissent n'ont pas été analysées jusqu'à présent avec une exactitude sufTisante pour qu'il soit possible d'en rendre

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compte d ane manière rigoureiiae. Cependant, il est prÀumable que le zinc tend à s'oxyder par la décomposition de Teau qui le touche, et qaû est ainsi constitue à Tétat négatif; qu'au moyen des conducteurs extérieurs, il communique cet état au cylindre de cuivre, qui par là devient apte à recevoir l'hydrogène et à absorber son électricité poikive. Toutefois, Thydrogène naissant, au lieu de se dégager, réduit Toxyde de cuivre du sulfate ; le métal se dépose, et Tacide sulfurique devenu libre ne tarde pas à s'emparer de Toxyde de xinc qui s'est formé. On voit que cette explication est incomplète en ce qu'elle ne montre pas comment l'acide sulfiirique mis en liberté arrive au zinc pour dissoudre l'oxyde de zinc à mesure qu'il se forme. Quelques physiciens disent, il est vrai, qu'à l'instant où le zinc est mis en communication avec le cylindre de cuivre, il se fait une double décomposition : celle de l'eau et celle du sulÊite de cuivre ; qu'en conséquence, l'oxygène et l'acide sulfurique viennent ensemble au zinc, tandis que l'oxyde de cuivre et l'hydrogène s'en vont ensemble au cylindre de cuivre. Mais cette hypothèse ne me parait pas résoudre la difficulté : elle n'explique pas pourquoi le sul&te de cuivre est décomposé , à moins que Ton n'ajoute que le courant produit par la décomposition de l'eau entraine la décon^>osition du sulfate de cuivre et le transport de ses éléments; ce qui ne me semble aucunement justifié.

Malgré l'incertitude qui peut rester sur quelques-unes des actions secondaires et sur leurs causes, je suis porté à croire que dans l'élément de Daniell, comme dans les précédents, la cause unique du développement de l'électricité qui constitue le courant est la décomposition de l'eau ; et que si l'on employait ici du zinc amalgamé et de l'acide sulfurique étendu, de manière à n'avoir aucun dégagement de gaz, on trouverait que pour un équivalent de zinc détruit on aurait exactement un équivalent de cuivre révivifié. Ces résultats ne me paraîtraient pas, du reste, devoir être changés, en sid[>stituant à I acide sulfurique étendu une dissolution de sulfate de zinc ou de chlorure de sodium, ou des mélanges de dissolutions analogues , qui agissent sur le courant par leur conductibiUté propre et aucunement par les actions secondaires diverses auxqudles elles donnent naissance.

La pile de Daniell se forme par la réunion des éléments, soit en joignant les pôles de même nom pour avoir des quan-

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tltés d'électricité plus consûlénbles arec la même tenâoD, soit en joignant les pôles de noms contraires pour cditenîr des ensions plus grandes avec la même quantité d^électricité (S87 et 288).

Les éléments de Daniell, représentés dans les figimes 26 ft 30, ne diffèrent aucunement de celui que nous Tenons de décrire, quant aux phénomènes chimiques et électriques ; ils en diflerent seulement parla disposition. Dans celui delà figure 26, la vessie Cbt remplacée par un vase poreux de porcelaine dégou^ die; alors le zinc est en dedans et le cuivre en dehors; le cuivre est le vase même qui contient la dissolution de sulfate de cuÎTie. On ménage à la partie supérieure une petite grille mobile pour loger les fragments solides de sulfiite de cuivre qui doiventV dissoudre; le vase poreux est rempli d'acide sulfurique étendu ou d'une dissolution étendue de sulfate de zinc, de chlonire'ide sodium, etc.; le zinc lui-même qui plonge dans cette dissolutioa est une simple plaque amalgamée.

L* élément de la figure 30, dont on fait particulièrement usage en Allemagne, ne diffère du précédent que par la petite cellule ménagée pour recevoir les fragments de sidfate de cuivre. Au reste, Télémcnt de Daniell a éprouvé une foule de modifications diverses en ce qui regarde le diaphragme poreux ; on a essayi*. à cet égard, une foule de substances organiques ou inorganiques : des peaux diverses, du cuir tanné, des toiles serrées Ac chanvre, du bois, du plâtre, des terres cuites divei'ses, etc., etc. Élément de Beequerel ou ehalne simple A oxy^ne. — Cet appareil a été imagé par M. Becquerel (Becquerel , Traite rfVlectriciU'y t. III, p. 292, et t. V, P« partie, p. 215 ; et Edmond Be<*qutTel, Notice sur les piles à courant constant j Ann, de Chim. et de Phys.^ 1841, t. III, p. 436); il est ici représenté (FiG. 23) : il se compose d'un large tube de verre, dont l'exlremité inférieure est fermée par un tampon sur lequel on met un centimètre d'épaisseur d'argile (kaolin exempt de carbonate de chaux), humectée avec une dissolution de chlorure de sodium; le tube se remplit ensuite d'une dissolution concentrée de potasse; ce tube plonge dans un verre rempli d'acide azotique concetarè\ une lame de platine plonge dans la potasse, une autre dans Tacide azotique, et on les met en communication avec des fils de platine. Aussitôt que la communication est établie, Y oxygène

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