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CHAP. VU. — ÉLÉMENT DE BECQUEREL

se clégage en abondance sur la lame de la dissolution de potasse, tandis que Ton voit sur la lame de l'acide azotique cet acide se désoxygéner, passer à Tétat d'acide azoteux ou hypoazotique, sans dégagement de gaz. M, Edm. Becquerel ne définit pas <rune manière précise la direction du courant; cependant, M. Becquerel (t. V, p. 216) dit que la lame de Valcali prend l'électricité négative, et celle de Tacide l'électricité positive; je crois, en efFet, que c'est ainsi que les choses se passent.

Pour donner ici une explication nette et complètement satisfaisante des phénomènes qui se produisent dans cet appareil, il me manque plusieurs données qui n'ont pas été recueillies et discutées avec assez de rigueur.

M. Becquerel a réuni plusieurs éléments de cette espèce pour former des piles, et il a constaté en même temps leur puissance, qui est remarquable, et la constance de leurs efTets ( t. V, I'* part. , p. 2 1 8 et suivantes).

Élément de Bunseii. — Il est représenté dans la figure 31; les deux liquirles sont : l'acide azotique du commerce et l'acide sulfurique étendu de 10 à 12 volumes d'eau; les deux corps qui reçoivent l'électricité sont le zinc et le charbon ; les liquides sont séparés par un vase poreux de terre cuite rf, que l'on remplit avec l'acide sulfurique étendu , et dans lequel plonge un manchon de zinc amalgamé z\ ce diaphragme repose sur le fond d'un vase de verre f (^ qui contient l'acide azotique ; dans cet acide, et autour du vase poreux faisant l'office de diaphragme, se place le cylindre de charbon ce. Celui-ci est épais, très-résistant, et percé de plusieurs trous, pour la libre circulation de Tacide dans lequel il plonge ; il se fabrique par des procédés particuliers en pressant dans un moule de fer du coke ou de la houille grasse en poudre, mélangés en proportions convenables, et en soumettant ce mélange dans le moule lui-même à un degré de cuisson convenable; il paraît qu'après lui avoir donné ce premier degré d'agrégation, on le plonge dans une dissolution sirupeuse pour le soumettre ensuite à la dernière cuisson qui se fait à un feu assez vif. Ces cylindres sont très-bons conducteurs de l'électricité. et tout à fait inaltérables dans l'acide nitrique; à leur partie supérieure, et hors du liquide, ils portent un corde de aiivi*e sur lequel s'adapte la bande propre à établir les communications électriques.

690 LIVRE ITL — MAGNËTISIIE ET tLXCmCITÉ.

Le fntinchon de une porte une bande pamlie, et c^est pviiiif pinre do mi^al cpi*on les réunît pour composer lea piles. Quand le xinc est bien amalgamé, il n*éprouYe dans Fëlément deBonseo. non plus que dans IVIément de Smée, aucune accion tant que la rommiiiiicatîon n'est pas établie h Textérieur entre lui et le charbon ; mais dt>s que cette communication est établie, le ziar s*oxyde, le sulfate de '/Jnc se forme, Facide azotique est en paitie désoxygiMié, sims qu*il se manifeste un dégagement sensiÛe ie gac, soit sin* le charbon dans Tacide azotique, soit sur le zii:c dans Tacide snlfuriqiie éfendn ; en même temps le courant pas6f dans les conducteurs allant du charbon au bîuc, c^cst-à-dire que le charbon forme le pôle positif de la pile, et le zinc, ccHnme à Tordinnire, le pile négatif.

L'élecU-icité est encore produite ici exclusivement par la décomposition de l'eau, et l'origine de l'action me paraît élre aussi dans rafTiiiité chimique du zinc pour l'oxygène; par cette alEnité , soit qu'elle sVxerce efTectivement sur quelques aUHDts fFoxygène, et produise u.ie quantité tivs^-petite d*oxyde, soiî qu'elle tende seulement à sVxercer entre toutes les molécules superficielles du zinc et les molécules d'oxygène qui les toudient, la masse du zinc se trouve constituée à Tétat ni^tif , et ici k charbon partage cet état des qu'il est mis en oommunicadon avec lui par des conducteui's extérieu» convenables; alors, comme dans IVIément de Smée, la chaîne liquide peut être Aécompostée par ses detix extrémités, le z'nc prenant l'oxygène, et le charbon ici prenant Thydrogène ; mais cet hydrogène à IVuî naissant agît sur l'acide azotique poiu* lui enlève r de l'oxygène, rt ]>our le transformer par conséquent en adde hypoazotique «pii HO dissout dans le bain. Il ne parait pas impossible non plus c{ue, sous certaines conditions, l'hydrogène se combine en partit' avec le charbon.

L* élément de Bimsen conserve une force sensiblement constante pendant assez longtemps ; mais pour ne pas lui donner un vohune embarrassant, on a coutume de donner an vase poreux une capacité insuffisante : le sulfate de zinc qui se forme devient trop vite une proportion considérable du liquide.

La pîh ffe Bnns^i me paraît être celle qui mérite la préférence. loi-squ^on veut agir avec un grand nombre» d*éléments puissants, et obtenir des cfTets réguliers et constants dont la durée se prf>-

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longe pendant plusieurs heures; il nj a ici aucun dépôt à enlerer et aucun soin assidu à prendre pour maintenir les liquides à IVtat de saturation. Lorsqu^on cesse de s'en serrir, on jette les diaphragmes dans un baquet d'eau , les zincs dans un autre, et Ton rëamalgame ceux qui en ont besoin, ce qui est Taffaire d'un instant.

Je n'ai pas eu occasion de m'aperccToir qu'il se dégageât des vapeurs nitreuses d'une manière incommode.

Éléments de Sehceubeiii. — M. Schœnbein a obtenu de trèsbons effets de deux éléments qui ne sont en quelque sorte que des modifications du précédent. Au lieu d'un vase de verre, M. Schœnbein emploie un vase de fonte rendu passifs et c'est dans ce vase qu'il verse, non pas de l'acide nitrique seulement, mais un mélange de trois parties d'acide nitrique et une partie d'acide sulfurique ordinaire; le cylindre de charbon est supprimé ; le diaphragme poreux, contenant le zinc amalgamé et Teau acidulée, se place au milieu du vase de fonte, qui devient ainsi le pôle positif de la pile. Dans une autre combinaison, M. Schœnbein remplace le zinc amalgamé par un simple manchon de fonte non passif {Archii^s de rélectricitéy de M. de La Rive, t. II, page 286). Les actions chimiques sont ici les mêmes que dans l'élément de Bunsen; du moins je ne suppose pas qu'elles soient modifiées par la présence de l'acide sulfiirique dans l'acide nitrique.

Éiéments de Grove. — Cet élément, qui est le plus petit de ceux qui ont été imaginés, est représenté dans la figure 29 ; le (liaplu*agme poreux est une tête de pipe. Le petit bout de'tube qui rente adhérent à la tète est fermé ; ce diapliragme se fixe au milieu d'un verre ordinaire et se remplit d'acide azotique coi^» œntré, tandis que le verre contient lui-même de l'acide dilor- Itydrîque ou de l'adde sulfurique étendu, dans lequel plonge du zinc amalgamé. Cet âément ne diffère de celui de Buoseo que par la nature du diajdiragme, et aussi par le pôle positif qui est ici une lame de platine. {Çanptes r^mdus^ 1839, t. YIII» page a69,)

M. Grove a donné à ces éléments une autre dispositian, (FiG. 27 et 28); le diaphragme poreux i/ a la forme d'un paraU lélipipède ; il contient Tadda anolicp» concentré et la lame de platine; le vase exitétieur v¥ ecNitient l'acide SMlfurique é^du cl

la lame de zinc amalgamé zz qui se replie sous le diaphragme, et qui, sur les aités, en reste très-rapprodiée. M. Grove fait remarquer avec raison que cet élément perd beaucoup de sa force dc^s que Tacide azotique est assez aflaibli pour qu'il se dégage de riivdrogène sur le platine.

Quelquefois M. Grove a substitué à Facide sulfurique de Tacide chîorhydrique étendu de deux volumes d^eau; [dans ce ras ce u'esl plus Toxygène qui détermine Taclion, mais le clilore; l\*au n'est plus décomposée , c'est exclusivement Facide cfalorliydrique dont Thydrogcnc vient agir sur Facide azotique.

Élémeiit de de Lm Klve. — M. de La Rive, en adoptant la forme de Félément précédent de Grove, a eu Flieurcuse idée de substituer à Facide azotique un autre coi*ps conducteur facile à désoxygéner ; il a essayé le peroxyde de plomb qui lui a complétenient réussi. I/oxyde de plomb est tassé dans le diaphragme de chaque côté de la lame de platine. M. de La Rive a fait des observations intéressantes, en associant plusieurs éléments à oxyde de plomb, ou Fun de ces éléments avec des éléments de Grove et de Daniell ; il a pareillement reconnu que la substitution d'une lame de cuivre à celle de platine diminue rintensité du courant {Jnn, de C/iini. et de Phjrs.y 1843, t. VIII, p. 36). On peut espérer que M. de La Rive donnera suite aux expériences curieuses qu'il a di^à faites sur ce sujet, et qu'il expliquera les anomalies remarquables qu*il a eu l'occasion d'observer.

309. M. Grove est parvenu à construire une pile d'après des doniu'*es si nouvelles et si inattendues, qu'elle me semble être une découverte des plus intéressantes pour les diéories électrochimiques. Otte pile est représentée (Fie. 35); elle se compose de petites cloches, en partie pleines d'hydrogène et d* oxygène, plongeant dans de l'eau pure légèrement acidulée avec de l'acide sulfurique. Chaque verre contient deux de ces cloches, l'une d'oxygène, l'aulre d'hydn>gène, et dans chacune il y a une petite bande de pintine platiné qui en occupe à peu près toute la hauteur. Dans le «yslème qui est représenté sur la figure, cei handes sortent par le haut des cloches où elles sont hermétiquement scellées; dans d*autrcs systèmes, M. Grove introduit sim-

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