‹ Éléments de physique expérimentale et de métédrologieChapitre 194 sur 231 · CHAP. VII. — PILE A GAZ DE GROVE · texte numérisé non relu

CHAP. VII. — PILE A GAZ DE GROVE

plement ces bandes jusqu'au sommet des cloches, et il les replie au sortir de l'ouverture ioférieure pour les faire sortir du liquide. La pile se compose etdÊbant communiquer , par exemple, la bande hydrogène du pronier verre avec la bande oxygène du second; puis la bande hydrogène de celui-ci avec la bande oxygène du suivant, et ainsi de suite ; les deux bandes extrêmes appartiennent à des gaz différents; celle d'oxygène forme le pôle positif de la pile, et celle d'hydrogène \e pôle né^ gatif. Lorsque ces pôles sont mis en communication, ils constituent un courant d'une intensité remarquable ; voici les phénomènes que M. Grove a observés avec une batterie de cinquante paires {Trans. phiL^ 1843, et Archives de Vélectricité^ t. III, p. 489):

1* Une commotion sensible fut éprouvée par cinq personnes qui se tenaient par la main ;

2" Un électroscope à feuille d'or fiit fortement affecté;

3* Une étincelle brillante, visible même au grand jour, se manifesta entre deux pointes de charbon ;

4® L'iodure de potassium, l'acide chlorhydrique et l'eau acidulée avec l'acide sulfurique fuirent successivement décomposés.

En même temps que le courant passe et produit ces effets, les volumes des gaz diminuent dans les cloches ; ils sont visiblement absorbés, et l'hydrogène plus que l'oxygène.

Dans d'autres séries d'expériences, M. Grove a constaté que le vohime d'hydrogène qui disparaît est double du volume d'oxygène ; et lorsque la pile est exclusivement employée à décomposer l'eau, les volumes de gaz recueillis dans le voltamètre, tant pour l'hydrogène que pour l'oxygène, sont exactement égaux à la somme des volumes de ces gaz qui disparaissent dans les cloches. Ainsi, pendant son action, l'appareil dont il s'agit recompose une quantité d'eau précisément égale à celle qu'il décompose.

Lorsque les bandes de platine ne présentent aux gaz des cloches qu'une petite surface, l'action est faible, et elle augmente avec l'étendue des surfaces mises en contact avec les gaz.

M. Grove a déjà varié beaucoup ses expériences sur ce sujet important ; mais l'incertitude qui règne encore sur les véritables causes des effets chimiques et électriques qui se manifestent dan6

694 LIVRE m. — MAGNâTISIS ET ÉLECTRICITÉ.

SDii appareil, ne me permet pas d'entrer ici dans Texuiien des e cplîcations plus ou moins ingénieuses par lesquelles M. Gnne el d'autres physiciens ont essayé^lTen rendre conqpte.

510. Pile de PaiveraMiehe». — M. Pahrennacher a doosé ù la pile zinc et cuivre une disposition nouyelie et mgénieuse qui est représentée (Pl. 23, Fig. 12, 13); les éléments de cette pile sont fabriqués de la manière suivante : une longue tige de bcM^ convenablement préparée est recouverte mécaniquement d'aa fil de une et d'un fil de laiton qui ne se touchent pas, mais qui sont très-près Tun de Tautre, un peu incrustés dans le bois par la pression qui les enroule. Une fois recouverte, cette tige est coupée en morceaux d'environ 2 centimètres de longueur, ooatenant, par exemple, 10 tours de chaque fil; à un bout le fil de zinc est libre , tandis que le fil de cuivre vient s'attader à un petit crochet de cuivre planté dans Taxe du bois ; à Tautre boni (^*est le contraire, le fil de laiton est libre, c'est le fil de zinc qui vient par son extrémité se souder à un autre petit carochet planté dans Taxe; ensuite en accrochant les morceaux les uns aux autres dans un ordre convenable, c'est-à-dire, de nuuiîère que le crochet de zinc du premier élément reçoive le crochet de cuine du deuxième, et ainsi de suite, on forme une chaîne de 10, iO, 30 ou même 100 éléments. Pour amorcer cette pile d*un nouveau genre, il suflit d'humecter la chaîne avec un peu d^eau légèrement acidulée à Tacide acétique ; alors on reçoit une vive commotion lorsqu'on vient en toucher les deux extrémités avec la main ; ces conunotions persbteut tant que la chaîne est humide.

A cette invention , M. Pulvermacher en a joint une autiv : c'est un moyen mécanique des plus ingénieux pour régler l'intensité du courant , ou plutôt la force de la commotion ; ce régulateur était indispensable pour Tusage médical auquel cette pile est particuUèrement destinée.

S 4. j4f fini tes chimiques modifiées par la lumière

et par V électricité.

311. La lainière exelte un «•«rant éleetrlque émmm les snbstaBees photographiques. — On peut appeler substances photographiques celles qui éprouvent, sous Tinfluence de la lumière, des changements perceptibles, soit dans leur état

CHAP. VU. — COUHANT ÉLECTRIQUE PAR LA LUMIÈRE. 69t»

lairc, soit daus leur coloration ; ainsi les sels d^argent sont, en général , des substances photographiques, puisqu'ils accusent la présence de Faction de la lumière par des changements de couleur plus ou moins rapides ; on' les appelle aussi substances sen* sib/es , substances impressionnables , comme pour indiquer qu'elles conservent des traces de la lumière qui les a frappées. On ne sait pas quel est le caractère de ces phénomènes : quand le chlorure d'argent, par exemple, qui est d'un blanc si pur, au momeut où il est précipité d'une dissolution d'azotate d'argent, p.isse au violet plus ou moins foncé, par l'action seule de la lu* micrc, on ne sait pas quelle est la nature des changements qui se sont accomplis. Le chlorure coloré est-il chimiquement ce qu'il était auparavant? a-t-il perdu quelques-uns de ses éléments? a-t-il reçu des éléments nouveaux? C'est ce que l'on ne sait pas jusqu'à présent d'une manière certaine.

11 étak donc très-intéressant de recherdier si ces phénomiènes sont accompagnés d'un dégagement d'électricité; et M. £d. Becquerel a résolu cette question par des expériences déUcates et habilement conduites [j4nn, aie Chim. et de Phys.^ t. IX, XXII , XXV et XXXII et Comptes rendus de VAcad^ des Sciences^ t. IX et XIII). Voici le procédé auquel il a définitive» meut donné la préférence. Des plaques d'argent parfaitement pur , de 5 centimètres de hauteur , 3 centimètres de largeur et ^ de millimètre d'épaisseur sont soudées à de petites tiges d'argent pur (Pl. 23, Fig. 19) qui servent à les soutenir dans les bains où elles doivent être placées, et à établir les communî* cations électriques. Ces lames polies avec soin et parfaitement nettes sont d'abord chlorurées par l'action de la pile : pour cda on les suspend dans un bain d'eau contenant -jj- ou -j^ en volume d'acide dilorhydrique , en les mettant en communication avec le pôle positif d'un élément Bunsen ordinaire \ aussitôt, on plonge dans le bain, et à une distance assez grande , un fil de platine communiquant au pôle négatif de l'élément ; l'action commence, la lame se colore, passe par diverses nuances que Ton observe à la lumière diffuse du laboratoire, qui ne doit pas être trop éclairé. Lorsqu'on voit paraître le violet du 4* ou du 6* ordre, on arrête l'action, qui dure environ i\ et la lame, retirée du bain, est soigneusement lavée et séchée. La seconde opération est celle du recuit y elle exige de grandes précautions; elle con^

69G LIVRE III. — KAGNÉTISME ET ÉLECTRICITi.

sîste à exposer la lame pendant quelque temps à une température de 150 ou SOO*, jusqu'à ce quelle deyienne rosàtre, Ceh fait , les lames sont préparées : on en prend deux pareilles, on les plonge, l'une devant Tautre, dans une petite cuTe de vene (Pl. 23, FiG. 19\ qui contient un bain composé de 100 grammes d'eau et 1 gnimme de sulfate de potasse, ou 1 gramme d'acide sulfurique à 66*; ces liquides sont assez bons conducteurs, et surtout à cause du recuit, ils n'agissent pas sensiblement sur la couche superficielle de clilorure d^argent. La cinre de Terre est disposée dans la chambre noire , le rayon solaire doit, tout à riieure, entrer par une de ses faces et frapper seulement la première lame , sans arriver à la seconde ; pour cela les trois auti^es faces sont couvertes, et celle qui donne aons à la lumière est munie d*un écran portant une fente d'enTiron A centimètres de hauteur et dont la largeur, toujours moindre que celle de la lame, se règle au moyen d'une coulisse et d'une vis. Un multiplicateur de RuhmkorfT, de 3000 tours, est mis en communication avec les deux lames, par des tiges de cuivre, et l'on attend que l'équilibre soit bien établi. La sensibilité du multiplicateur est telle , qu'il s'agite longtemps , par les faibks courants qui se développent, même dans les ténèbres, à cause des inégalités presque inévitables que présentent les lames; quelquefois il faut attendre l'équilibre pendant plus de douze heures. Enfin lorsqu'il est décidément établi, on fait agir la lumièi'e, et Ton aperçoit à Tinstant une vive action qui se manifeste, Taiguille est déviée de 20 ou 25* par première impulsion , parce que Ton a réglé l'écran pour que la déviation permanente se maintint autour de 15^. Ainsi un courant se produit au moment même où la lumière vient exercer son action sur la couche impressionnable ; ce courant est persistant , son intensité se scmitient, à peu près égale, pendant des heures entières, surtout quand la couche sensible a le degré d'épaisseur convenable. Si l'on ferme l'écran, le courant cesse, l'aiguille revient au zéro; elle reprend, au contraire, sa déviation au moment où Ton redonne à l'écran le même degré d'ouverture.

La sensibilité de l'appareil est assez grande pour que la lumière d'une bougie placée à 10 centimètres de la cuve à eau et pr conséquent à 12 ou 13 centimètres de la première lame, donne une déviation permanente de 12 ou 15*, quand elle agit

Page 1