CHAP. VII. — DE L'OZONE
lampe ; deux fik de platine arrivant à une certaine distance dans l'intérieur de ces tubes pour déterminer le passage de 1 étincelle de la machine. Alors le vide se fait à mesure que l'oxygène est ozone par l'étincelle, et il suffit de briser sous l'eau la pointe de ces tubes pour mesurer le degré d'absorption. Loi-squ'on agit ainsi sur l'iodure de potassium le vide se reconnaît à l'éclat de rétiucelle ; car on voit qu'après quelques heures elle est affaiblie au point d'être à peine visible, elle n'a plus à traverser que le vide; et en ouvrant le tube sous l'eau, on a en efTet la preuve que l'absorption de l'oxygène a été complète.
Que l'oxygène purifié, vienne du chlorate de potasse, de l'oxyde de mercure ou du peroxyde de manganèse les effets sont les mêmes.
Puisque l'oxygène n'est jamais ozone que partiellement, lorsqu'il ne trouve pas un corps sur lequel il puisse se porter imméfliatement, il paraît probable, à MM. Fi^emy et Becquerel, que l'action de l'étincelle peut à la fin ôter à l'oxygène ozone la propriété qu'elle lui avait d'abord communiquée , et produire ainsi les deux effets contraires , suivant les circonstances.
Ces expériences, comme celles de MM. de La Rive et Marignac, démontrent donc, par rapport à l'ozone, ce premier point fondamental : que l'ozone n'est autre chose que de l'oxygène ayant reçu de l'électricité une activité chimique particulière.
MM. Fremy et Becquerel proposent de supprimer le nom d'ozone et de le remplacer par celui d^oxjrgèiie électrisè. Je ne vois à cela aucun avantage : la science a adopté depuis dix ans le nom primitif donné par M. Schœnbein, l'auteur de la découverte, qui ne savait pas, il est vrai, comment l'ozone était composé , mais qui en avait établi les propriétés caractéristiques, par diverses séries d'expériences très-remarquables; pourquoi aujourd'hui effacer cette origine en substituant à cette dénomination juste , une dénomination qui aurait quelque chose de faux , puisque tout oxygène électrisè n'est pas nécessairement de Toxygène ayant les propriétés dont il s'agit. S'il arrive , ce qui est présumable, que d'autres corps reçoivent aussi par l'électricitë des modifications analogues, pourquoi ne pas dire alors de l'oxygène ozone, du soufre ozone ^ même quand il n'aurait aucune odeur particulière, plutôt que du soufre électrisè^ qui ferait une étrange équivoque?
MM. Fremy et Becquerel ont habilement redierAë les di* Ters modes par lesquels rélectridtë peut imprimer à Toxygm ces propriéU's nouvelles; ils ont en conséquence soumis à répreuve les élincelies produites de diverses manières pir h rupture d'un circîuit voltaïque. Deux appareils ont servi à «s recherclies ; le premier est Vappareil d'induction de Ruhmkorfff que nous décrivons plus loin (Pii. 23 a, Fig. 13), et qui a h propriété remarquable de produire, avec deux éléments Bunsn ordinaires, des eiTets de lumière dans Fœuf philosophique, ifâ ne sont ni moins éclatants ni moins intenses que ceux que l'on peut obtenir des plus fortes machines électriques ; le second appareil est le gros électro-aimant du Jardin des liantes.
I/appareil de RuhnikorfT donne dans Toxygcne sous la pression ordinaire des étincelles de 3 ou 4 millimètres de longueur qui se succèdent avec une excessive rapidité ; ces étincelles produisent sur Toxygène le même eflet que celles de la machine; cependant quand Tappareil est trop actif et les étincelles trop rapides, cette action s'affaiblit beaucoup, ce qui résulte vraisenh* blablement de l'élévation de température aux points de jonctini des pièces mobiles.
Le gros électro-aimant était employé de la manière smvanle: un tube de verre représenté en plan et en élévation (Pl. ÎÎ, Fig, 17), contient dans son axe un long fil de platine Mf\ articulé en fl et terminé en f par une masse de fer recouverte d*cmail ; sa portion mobile repose sur un second fil de platine transversal gk ; les appendices effilés, a et c servent à introduire les gaz et sont ensuite scellt^ à la lampe. Un courant de 90 éléments Bunsen passe dans T électro-aimant et vient traverser le fil de platine intérieur de jr en jou de / en :r, le point de croisement du fil longitudinal et du fil transversal établissant la communication. Mais Félectro-aimant disposé au-dessus de |la masse de fer /*, la soulève ainsi que le fil qui la porte, le oouraat est rompu , Tétincelle jaillit, alors la masse de fer retombe, ré> tablit les communications, qui sont presque à Tinstant rompues de nouveau et ainsi de suite. Dans ce mode d'action Foxygène n^est point modifié, mais cela tient, sans aucun dcNite, à aat trop grande élévation de température, puisque cette étinedle ne difË^e que par Tintensité de celle de l'appareil de Ruhmkorff. Une preuve de la haute température est la fusion du fil de pic-