CHAP. X. — HORLOGERIE ÉLECTRIQUE
S 2. Horlogerie électrique»
345. Une seule horloge peut, par le eovrant éleetrliive» faire mareher les aiguilles d'an grand nombre de cadrans. —
Quelques mots sufEront pour faire comprendre cette application qui est déjà réalisée en France dans les embarcadères de plusieurs chemins de fer. Le levier de l'armature d'un électro-aimant agit d'une manière directe ou indirecte sur une roue de 720 dents qui porte l'aiguille des minutes d'un cadran d'horloge et qui la fait tourner avec elle ; à chaque 5', le courant passe pendant un instant , l'armature est attirée , son levier pousse la roue et la fait avancer d'une dent, 12 dents font 1', les 720 dents font 1 heure ou un tour entier. Le cadran, l'aiguille, sa roue et rélectro-aimant , voilà donc tout le mécanisme de cette horloge d'une nouvelle espèce.
Mais comment le courant peut-il passer exactement à chaque 6" ? C'est précisément pour obtenir cet effet qu'il faut une pendule ou une horloge ordinaire; on y adapte une roue supplémentaire qui fait un tour par minute et qui porte 1 2 dents ; un levier léger est disposé pour être soulevé par chaque dent à l'instant de son passage , et le mouvement qu'il en reçoit produit la fermeture du courant pendant | ou -^ de seconde. Ainsi TaiguiUe du second cadran , du cadran électrique , i^çoit avec la plus exacte fidélité ses 12 impulsions par minute et chemine dans un accord parfait avec l'aiguille de la pendule motrice. Le second cadran peut être aussi loin que l'on voudra; bien plus, rien n'empêche d'en disposer un grand nombre sur le même courant , ou sur la même artère électrique , pourvu que ces dérivations diverses soient conformes aux principes que nous avons établis sur les courants dérivés. Un habile horloger, M. Paul Gamier, est l'un des premiers qui aient résolu cette belle question ; il est le seul à ma connaissance qui en ait fait de grandes applications avec un succès complet.
S 3. Fitesse de V électricité.
546. Les expériences que j'ai faites en 1 837 et dont j'ai rapporté un exti*ait (291), (Pl. 21, Fig. 26), donnent une sorte de l. 51
M2 LITIS m. <— lUfilffiTISMfi ET ËLfiCTliaTË.
limite inférieure de la prodigieuse vitesse avec laquelle Félectricité se propage dans un circiHt donné. L'expérience que j ai citée dans ce passage prouve que dans ^^ de seconde un courant se propage avec toute son intenâté dans le circuit qui lui est offert; d^autres expériences analogues m'ont démontré que cette propagation intégrale se fait encore dans -^^^ et mène dans j^ de seconde. La nature et Tétendue des ôrcints se paraissent aucunement modifier ces résultats; que le courant ah à traverser quelques centaines de mètres ou plusieurs milliers de mètres d'un fil métallique , ou plusieurs mètres d^un trèsHtnauvais conducteur, comme une fine colonne d'eau , Texpérience réussit également bien. On ne peut pas avoir a priori la certitude absolue que la vitesse de propagation est proportionnelle à la conductibilité du circuit; mais en admettant ce prindpe comme extrêmement probable , il en résulterait que , dans certains cas du moins, la vitesse de l'électricité est beaucoup plus grande que celle de la lumière, car en admettant seulement en nombres ronds que dans -^^ de seconde le courant parcourt une colonne d^eau d'un mètre , dans le même temps il parcourrait un ffl de cnirre de même section 'que Teau et de deux mille millions de mètres de longueur, ou de deux millions de kilomètres, ainâ sa vitesse serait environ dix mille fois plus grande que celle de la lumière.
Ou a fait des expériences sur ce point par d'autres procédé: M. Wlieatstone a, par exemple, employé un appareil des plus ingénieux qui peut incontestablement servir à mesurer des intervalles de temps excessivement petits ; mais l'usage qu'il a feit de cet appareil pour déterminer la vitesse de l'électricité ne mi* paraît aucunement atteindre le but.
Plus récemment on a fait de nombreuses recherches sur ce sujet, soit aux États-Unis d'Amérique, soit en France oùBIM. Fizeau et Gounelle ont eu l'avantage d'opérer sur de longues lignes télégraphiques, par des méthodes nouvelles et ingénieuses; mais la question ne me semble pas résolue. Je regrette de n'avoir pas eu le loisir de vérifier avec MM. Fizeau et Gounelle dans quelles limites peuvent être fondées les objections qui se sont élevées dans mon esprit sur la parfaite exactitude des procédés dont ils se sont servis.