Effèto de la fovdre et de l*éiectrirlté mlmespliéHqve
— Les fils télégrapliiques, à raison de leur immense longueur, de leur position élevée et des mauvais conducteurs qui se trouvent sur le sol et autour d'eux , doivent être particulièrement affectés par Télectricité atmosphérique; il n'est pas nécessaire qu'un nuage soit orageux pour que son action par influence se &sse sentir sur ces fils et y développe des courants plus ou moins intenses. C'est là en effet ce que Ton observe assez souvent; tantôt la marche des appareils éprouve des perturbations extraordinaires, tantôt ils se mettent d'eux-mêmes en mouvement sous la seule influence des nuages électriques.
Mais dans les temps d'orage ces phénomènes prennent un autre caractère et une autre intensité : on peut en quelque sorte compter les éclairs qui paraissent sur la ligne , par l'agitation subite et violente que les appareils en reçoivent ; et , si la foudre vient à éclater à quelque distance, il est rare que les aiguilles ne deviennent pas elles-mêmes étincelantes par le contre-coup du choc électrique. Enfin, s'il arrive que les fils soient directement frappés , un courant , plus intense que tous ceux que nous pouvons produire, en traverse toute la longueur, se propage dans les fils plus fins des électro-aimants, qui, à raison de leur finesse même , s'eu trouvent échauffés , fondus , et quelquefois volatilisés.
On a essayé de prévenir ces accidents , et l'un des appareils qui semblent le mieux réussir est celui que M. Breguet a établi sur nos lignes télégraphiques; il est représenté (Pl. 23 b, Fig. 16); c'est un fil de fer ou d'acier d'environ un décimètre de longueur, plus fin que le fil de cuivre des électro- aimants et fixé dans un tube de verre t d'un très-petit diamètre intérieur. Ce fil de fer fait partie de la ligne ; il est établi dans la station , sous les yeux des employés. A raison de sa petite longueur, il ne réduit pas sensiblement l'intensité du courant ordinaire ; il est, par exemple, équivalent à 1 kilomètre du fil de la ligne; ainsi, sur une ligne de 100 kilomètres, il ne réduit Tintensité que d'un centième ; mais, plus mauvais conducteur que le cuivre à section égale, il s'échauffe beaucoup pins ; il entre en fusion et se volatilise avant que le fil de rélectro-aimant soit échauffé d'une manière dommageable. Il arrive assez souvent que le tube de verre est brisé et projcti', on a même vu quelquefois les vis des armatures qui le portent arrachées et lancées au loin.