‹ Éléments de physique expérimentale et de métédrologieChapitre 27 sur 231 · CHAP. IV.-— FIGURE DE LA TERRE · texte numérisé non relu

CHAP. IV.-— FIGURE DE LA TERRE

des mers , on voit qu'il y a deux questions à se proposer sur la figure de la terre , savoir : quelle est la forme générale de la surface solide des continents , et quelle est la forme de la surface des eaux. Pour celle-ci, il faut bien qu'elle soit renflée à Téquateur, car rien ne s'oppose à l'effet actuel de la force centrifage ; les eaux de l'Océan cèdent à son action , malgré les îles et lc$ sinuosités des grandes côtes , à peu près comme elles feraient si elles avaient leur niveau élevé de plusieurs mille mètres au-desms des sommets des montagnes.

Quant à la forme générale de la surface solide des continents, i résulte aussi , des observations qui ont été faites , qu'elle est dle-même aplatie comme la surface des eaux , ou à peu près , c est-à-dîre qu'elle offre la même courbure que si le globe entier de h terre, ayant été fluide autrefois, ne se fût consolidé qu'après aroir tourné snr lui-même, comme il tourne aujourd'hui, «t après aïoîr reçu la forme qui résulte nécessairement de ce mouvement de rotation. Une preuve frappante de l'aplatissement de la surface ooDtinentale, c'est que les montagnes des régions polaires ne sont pas très-élevées au-dessus du niveau de la mer ; et cependant , si la surface de la terre était sphérique , tandis que la surface des eaux est aplatie, on voit qu'à l'équateiu* les montagnes devraient ctre moins hautes qu'au pôle de toute la valeur de raplatissemcnt, cest-à-dire d'environ 20 000 mètres; tandis qu'il paraît au contraire que les montagnes de Téquateur restent encore plus élevées que celles du pôle.

Pour prendre une idée des principes sur lesquels repose la mesure directe et géodésique de l'aplatissement de la terre , il suffit de considérer deux points éloignés et liés entre eux par une chaîne de triangles qui permette de mesurer exactement lem* distance. Nous prendrons pour exemple Dunkenjàe et Formentera, qui se trouvent sur le méridien de Paris ; les verticales de ces deux points font entre elles un angle de 12' 22' 14". Ces deux lignes concourent au centre de la terre exactement, ou un peu plus près, ou un peu plus loin. Si, de leur point de rencontre , on décrit un arc de cercle passant par Dunkerque et par Formentera, c'est cet arc qui sera de 12* 22' 14". Or, de la chaîne des triangles on déduit que la distance de ces deux points , comptée sur cet arc de cercle, ou à très-peu près, est, en mètres, de 1374438,72. Donc, si 12* 22' 14" forment cette distance , un seul degré forme une I. 6

longueur qui est très-facile à trouver : c'est cette longueur que Ton nonune un degré du méridien. Si la terre était sphérique, tous les degrés seraient égaux entre eux et vaudraient le même nombre de mètres, et réciproquement. Donc, au contraire, si Ton trouve que les degrés sont inégaux , on conclura que la terre n'est pas sphérique. On voit (Fig. 17) que , si elle est elliptique et aplatie vers les pôles, les verticales de l'équateur, qui font entre elles un angle de 1% vont se rencontrer plus tôt que les verticales des pôles qui font le même angle; ainsi, l'arc de 1% compris entre les premières, a mie moindre longueur, comme appartenant à un cercle d'un plus petit rayon, que l'arc de 1% compris entre les verticales des pôles ; d'où il suit que, i^ice versa^ si on trouve les degrés de l'équateur plus petits que les degrés des pôles, on pourra conclure, avec la plus grande certitude, le fait de l'aplatissement.

Or, des arcs , dont chacun avait plusieurs degrés d'étendue , ont été mesurés sur divers méridiens et à plusieurs latitudes : au Pérou , par Bouguer et La Condamine ; dans l'Inde , par Lambton ; au cap de Bonne-Rspérance, par Lacaille ; en Pcnsylvanie, par Mason et Dixon; en Italie, par Lemaire et Boscowich; en France, par Del ambre et Méchain; en Espagne, sur les côtes de la Méditen*anée, par Arago et Biot; en Angleterre, près de Greenwich, par Roy, Dclambre et Méchain; en Suède, parMelanderhiehn. De rensemble de ces mesures, il résidte deux conséquences : premièrement, que la terre n'est pas sphérique, puisque les degi'és sont inégaux à diverses latitudes; et, secondement, que la terre est en effet aplatie vers les pôles, puisque les longueurs des degrés vont en croissant à mesure que l'on s'éloigne de l'équateur. En combinant ces mesures par diverses considérations géométi^|Qes, on en peut déduire les longueurs du rayon de la terre poof des latitudes diverses. On trouve alors les résultats suivants :

Rayon de l'équateur. . . 6376984 "**"•' ou 1434,8 "^

Rayon du pôle 6356324 1430,1

Différence 20660 4,7

I2 aplatissement est la différence entre les rayons de l'équateur et du pôle divisée par le rayon de l'équateur; il est donc, d'après ces mesures, de 308:55. Le rayon moyen de la terre est

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