GIAP. L — DILATATION DES SOLIDES
de Didong et Petit, loiisqu'on s'élève aux températures de 200 et 300*, sont rendus plus frappants lorsqu'on détermine les températures que marqueraient des thermomètres ooDstniits avec ces substances. Ces déterminations sont faciles : en efiet , construire un tel thermomètre c'est admettre que , au ddà de 100^, comme entre 0* 100^, un degré correspond à une dilatation égale au coefficient constant n, par conséquent, qu'à la température de a^ correspond l'allongement nx ; d'un autre o6té, le coefficient moyen étant vl pour la température i comptée sur le thermomètre ordinaire, l'allongement est vli\ la température inconnue x est donc déterminée par la condition
nx-=^nt^ dou j:=r.-- ' n
On trouve ainsi que poiu* t = 300, les substances dont il s'agit donnent les résultats suivants :
platine, 311,6; verre, 352,9; fer, 372,9; cuivre, 328,8.
129. AppUeatloB de la dilatation des solides. — La puis* sance de dilatation d'un corps est égale à la résistance de com^ pression dont il est capable. S'il faut un poids de mille kilogrammes pour réduire la longueur d'une barre de fer verticale autant que la réduirait un abaissement de température de 1^, il est évident qu'en la chargeant à sa partie supérieure du poids de mille kilogrammes, et en la chauffant de 1^, la dilatation due à la chaleur compensera la compression due à la charge, et sa longueur restera la même. C'est d'après ce principe que l'on peut juger des elToits prodigieux qu'exercent les corps en se dilatant ou en se contractant. Les licjuides étant peu compressibles et très-dilatables , sont , de tous les corps , ceux qui peuvent produire les plus grands effets de cette nature. Parmi les corps solides, le fer et la fonte ont pareillement une grande puissance de dilatation : c'est pour cela que, dans les grands ouvrages où Ton doit mettre bout à bout des barres de fer sur ime longueur de plusieurs centaines de mètres , on les ajuste de distance en distance pour que l'extrémité d'une barre puisse s'engager dans l'extrémité de la barre suivante, sans la presser. Dans les tuyaux de conduite , l'ajustement est un peu plus difficile ; mais on y parvient cependant avec des lames de plomb, dont on enveloppe 1. 14
2i0 LIVRE IL — CHALEUR. — PREMIER fAlflE.
l'extrémité du tuyau qui doit s^engager dansFesbréadtépiaKlnge du tuyau siÙTant.
La puissance de contraction des solides est égale à la résis^ tance de traction qu^ils peuvent opposer. S^â faut «n poids de mille kilogrammes pour donner à une barre de fier Yerticale un allongement égal à celui qu^elle prendrait poour me augmentation de tenq>ératurfe de !<*, il est évident que , si on la charge i son extrémité inférieure du poids de mille kilogranunes^ et qn^en même temps on la refroidisse de 1^, la contractioii du refroidi»* sèment compensera rallongement de la traction, et la longueur restera la même que si la barre n^était ni refroidie de 1^, ni tirée par mille kilogrammes. I^a ténacité du fer étant très-grande, on peut profiter de cette propriété pour exercer des efforts qui surpasseraient peut-être nos moyens mécaniques. On doit tenir compte de cette double propriété, IcM'squ'on emploie des matériaux qui sont exposés à de grands changements de température. Il n'est pas douteux, par exemple, quSine barre de fer ne se courbe lorsqu'elle s'échauffe, si ses deux extrémités rencontrent des obstacles que l'effort de sa dilatation ne puisse pas repousser; et il n'est pas douteux qu'elle ne se rompe par le refroidissement, si ses extrémités sont fixées à des obstacles que l'effort de la eontraction ne puisse pas rapprocher. C'est ain^i que, dans Popération du moulage, beaucoup de pièces cassent par le reftoiiSssement , lorsque leurs formes et leurs proportions n'ont pas^ été assez bien combinées pour que le retrait s'accomplisse librement.
Peiifliale emnpensateiir. — Nous avons déjà eu occasion de faire remarquer que les horloges et les pendules avancent pendant l'hiver et retardent pendant l'été , par l'effet des contractions et des dilatations qu'éprouve la tige du pendule. Mais l'on est parvenu à corriger ce défisiut : les pendules dans lesquels les effets de la dilatation sont ainsi détruits s'appellent pendules compensateurs. On en a varié la forme de mille manières. Les figiH res 22, 23, 24, représentent les trois modes le plus généralement adoptés. Le f^emier est destiné aux grandes horloges publiques. Le pendule est porté en a par une sorte de levier en «quenre ahe^ dont Taxe est en &; le bras &c de ce levier porte un heurtoir d'acier, contre lequel vient butter la fort^ tige de métal m. Quand la- température s'élève, le pendule s'allonge, mais la traverse m