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CHAP. I. — DES DIVERS ÉTATS DES CORPS

très, et maintenus à des distances plus cm moins grandes, et

qu'enfin il est passible que -9 sans se toucher, ils agissent de

(OQcert et se conmiuniqiient des pressions ou des mouvements.

o. ]Pes F«rcM. — Les atomes simplement posés à coté les

uns des autres ne pourraient constituer ni les corps solides, ni

les autres corps de la nature ; ils ne feraient tout au plus qu'un

amas incohérent, pareil à un monceau de sable ou de pous»

sière. Une pierre ou un morceau de fer sont des corps solides et

nôiscants : il faut donc qu'il y ait quelque chose qui retienne les

atomes, qui les attadie Tun à Tautre, qui les fixe à leur place.

Les corp»«e briseraient sans effort s'il n'y avait que des atomes.

simplement juxtaposés , ou plutôt il n'existerait pas de corps; il

n'existerait que de la poussière. Nous concevons que dans on

aocoeaa de fier un atome quelconque est pressé contre les ato*

mes Toisins, comme un bloc de pieire est pi^essé contre le sol;

pour soulever la pierre il faut un certain effort; pour arracher

l'atome, si l'on pouvait le saisir, il Êiudrait aussi un effort plus

ou moins grand. Les causes de ces pressions ou de ces actions

mmiuelles que les diverses portions de la matière exercent les

unes sur les autres, sont ce que Ton appelle en général des

forces.

Ainsi, il y a des forces qui agissent sur les atomes de fer, qui les pressent les uns contre les autres , qui les retiennent en leior lieu, et qui donnent à la masse cette fixité que nous observons* De même , il y a des forces qui agissent sur les molécules de tous les corps solides, et qui leur donnent, à l'intérieur, une stnicture déterminée, et à l'extérieur une forme permanente. Enfin, comme il n'y a pas de corps qui n'ait une ceitaine manière d'être et une certaine dépendance entre ses parties, on en conclut que, là où il se trouve plusieurs atomes voisins, il y a io«i}ours entre eux une action mutuelle, par laquelle ils se sollicttent les uns les autres et prennent un arrangement déterminé.

Les liquides, qui sont si mobiles, ont eux-mêmes cette dépendance entre toutes leurs parties voisines : une goutte d'eau a toujours une forme particulière , soit qu'on l'observe sur quelque surface ou plutôt sur les plantes où elle se dépose en rosée, Ml qu'on Tobserve aux extrémités des corps où elle se tient suspendue. Cette forme qu'elle prend est le résultat de l'action des

molécules qui la composent, car, 6ans actions mutuelles, ces molécules resteraient séparées et tomberaient isolément.

L'air, qui est invisible et qui est si subtil , n'est pas une exception à cette loi générale. U est impénétrable, puisqu'il résiste quand il est enfermé dans une vessie, dans un ballon ou dans un autre espace quelconque. Donc, il est aussi composé d'atomes et de molécules; donc ses diverses parties exercent aussi une action mutuelle les unes sur les autres : entre mille phénomiànes qui en sont la preuve , nous citerons seulement le phénomène de la respiration , que tout le monde peut observer. L'air extérieur pénètre dans les poumons , à mesure que la poitrine s'ouvre pour le recevoir ; ainsi les molécules du dehors agissent sur les molécules du dedans , elles les pressent et les forcent d'entrer, et, quand l'air est enfermé dans la poitrine , les molécules intérieures réagissent aussi les unes sur les autres pour en remplir toute la capacité , comme elles réagissent les unes sur les autres pour se répandre dans toute l'étendue d'un vase, quelque grand qu*fl soit.

Ces forces, qui agissent sans cesse dans l'intérieur d'un corps entre toutes les molécules voisines , ou enti*e tous les atomes qui composent une molécule, s'appellent forces moléculaires^ oji attractions moléculaires : il serait mieux de les appeler actions moléculaires^ ou forces atomistiqueSj ou forces constitutii^es des corj^^ imisqu'en effet ce sont ces forces qui donnent "aux corps leuis constitutions particulières et leurs modes d'existence. Nous examinerons plus tard s'il n'y a qu'ime seule force de cette nature, ou s'il y en a plusieurs qui se combattent, qui se balancent , et qui sont tour à tour plus grandes ou plus petites.

Outre les forcet moléculaires, il y a des forces d'une autre nature : les corps tombent d'eux-mêmes, quand on les abandonne; les rivières coulent sans cesse; le soleil semble toiçrpiBr autour de la terre : voilà des mouvements que nous observons , et nous jugeons dans notre pensée que la matière pourrait exis^ ter sans que ces mouvements fussent produits. Us ne sont donc que des effets accidentels dus à des causes déterminée». Ces causes du déplacement des corps ou des mouvements de transla-tion s'appellent aussi des forces ou des puissance. Elles ont sans doute des rapports avec les forces moléculaires, qui peuvent aussi, dans certains cas, imprimer des mouvements de transla-

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