‹ Éléments de physique expérimentale et de métédrologieChapitre 9 sur 231 · CHAP. I. — DES FORGES · texte numérisé non relu

CHAP. I. — DES FORGES

tioe; mais en jgénéral on les distingue, comme nous ie Terrons plus loin.

6. I^« ««p«« et «a MoiiTcAnii. — Les idées de repos et de numpèment sonfti^^!omme Tidée d'impénétraMlité , des conception^ fimples et primitives, qui ne peuvent ni se décomposer ni se définir. Onepaçoit le repos, on conçoit le mouvement, on peut aider un esprit k comprendre ces choses d'une manière plus* générale ou plus féconde, mais, dans aucune langue, on ne peut les ex- |Equer ni Tune ni l'autre que p»Qr des mots équivalents. Dès que BOos-mTons Tidée d'espace et Tidée de nous-mêmes , nous nous prenons pouf un centre autour duquel Tespace indéfim se dévebppe, et nous avons Tidée de direction^ de distance et de situations respectives. Nous avons besoin de Taspect du ciel pour nous orienter par rapport au soleil et aux astres , mais nous n'avons besoin que du sentiment de nous-mêmes poiur nous orienter par npport à nous : à moins de tout confondre , nous ne confondons pas Téspace qui est devant nous avec l'espace qui est au-dessus de nos tètes ou sous nos pieds , ni celui qui est à droite avec celui qui est à gauche. L'homme qui a véc*u dans les ténèbi?eiy soit à la sur&ce de la terre, soit au fond des mines, ne sait ce tfae c'est que l'orient, l'occident ou les pôles du monde, toutes choses qui se rapportent à l'aspect du ciel, qu'il ne connaît pas ; cependant il conçoit l'espace , et par la pensée il le sépare en diverses régions qui ont rapport à lui-même ; en régions latérales, antérieures et postérieures, et en régions hautes ou régions basses. Nous pouvons tous faire abstraction de la matière , sans pouvoir jamais faire abstraction de nous-mêmes; et, une fois que nous avons de la sorte pris possession de l'espace , nous pouvons comprendre que rien ne change plus ni en nous ni autoiur de nous : nous avons alors l'idée de repos et de repos absolu, car on appelle repos absolu d'un corps la persistance réelle de ce corps dans le mdme lieu de l'espace. De même , nous pouvons compiendre qu'il arrive un changement de place; nous pouvons romprendi-e que nous avançons ou que nous reculons dans une de ces régions idéales, que nous allons d'un côté ou de l'autre; f|ae nous montons ou que nous descendons : alors nous avons ridée du mouvement et l'idée du mouvement absolu; car on appelle mouvement absolu d'un corps le déplacement réel de ce rorps dans l'espace.

iO NOTIONS PRÉLIMINAIRES.

Il y a <ieux chose» esseutielles à considérer dans le mouvement : sa direction et sa lenteur ou sa rapidité , quUl ne faut pat confondre avec sa vitesse, dont nous parlerons plus loin. Si le mobile^ ou le corps «jui se meut, parcourt une, ligne droke^ le mouvement est dit rectiligne^ et la droite parcourue par le mobile est la direction du mouvement; au contraire, si le. mobile parcourt une courbe quelconque , le mouvement est dit curçi^ ligne^ et Ton dit encore que la courbe qu'il parcourt est en général la direction du mouvement. Mais dans ce dernier cas, pour exprimer sa direction dans im instant quelconque , il faut romaivquer qu'entre deux points d'une courbe , on peut mener une infinité de tangentes ou de Jignes droites qui ne font que toucher la courbe ; alors le mobile étant en même temps sur la courbe et sur une tangente , on dit que la direction de son mouvemient est celle de la tangente sur laquelle il se trouve. Ainsi, dans le mouvement curviligne , le mobile change à chaque instant de direction , et, s'il parcourt un cercle entier, il a véritablement passé par toutes les directions possibles, da moins dans un même plan. Pour la lenteur et la rapidité du mouvement, on dit en mecaiiÎ4|ue , comme dans le langage ordinaire , qu'un mouvement est plus lent quand le mobile parcourt moins d'espaœ dans le même tanps, et qu'il est plus rapide quand il parcourt un espace plus grand. Seulement, il Ëiut prendre garde que , de deux mouvements donnés, celui qui serait le plus lent, en ne considàrant que les espaces parcourus pendant une seconde , par exemple , pourrait être le plus rapide , si l'on considérait les espaces parcourus pendant une heure ou pendant un jour; car on coQçmt qu'un même mouvement peut se ralentir avec le temps ou devenir plus rapide.

Le repos absolu et le mouvement absolu ne sont que des coiboeptions de notre esprit : dans l'an^ngement du monde, il n'y a rien d'absolu pour nous, tout est relatif et conditionoel. Ainsi, toutes les choses qui nous paraissent les plus immobiles à la sup-^ fiftce de la terre, ne sout que. dans un repos relatif. Les arbiies sont en repos par rapport aux montagnes, et les montagnes sont en repos par rapport au sol et à la masse du globe; mais les arbres et les montagnes sont emportés avec nous dans le vaste orbite de notre planète , et tous ensemble nous parcourons en une seconde dix fois pUis d'espace que n'en parcourt dans le même

CHAP. I. — BU REPOS ET DU MOUVEMENT. il

teaps w boulet qui sort du canon. Cependant, en parcourant auflû YÎtt les espaces du ciel, nous ne pouvons pas juger de notre momnement absolu, car il fiiudrait savoir si le soleil est immobile au centre du nx>iule. Or, tout semble annoncer que le soleil emporte avec lui toutes les planètes, comme la terre emporte avec elle son atmosphère et ses nuages , ses arbres et ses montagnes. Le soleil luÎHOiéme n'est qu'une planète imperceptible, par rapporta un autre soleil autoar duquel il tourne, et cet autre soleil ett sans doute emporté kûnooéme dans Tespace , sans qu'on puisse asâguer ni même imaginer un centre fi^se autour duquel toutes œs lévoltitions s^aocomplissent.

7. S« PlBcrOa» -— B y a deux manières de concevoir les forces qui arasent anr la matière inorganique. On peut supp<^ ser qu'elle» ont une existence séparée, qu'elles sont hors de la matière et qu'elles en sont indépendantes ; ou bien on peut adlaetiie qu'elles sont inkérentes à la matière elle-même , et qu'elles ne sont que des propriétés pennanentes, qui lui cmt été primîtî-» fcmoit doanées. Ces deux suppositions reviennent au £aud à une seule et même chose; mais, quelle que soct l'idée qu'on poisse pcendbre de l'cMngine des forces et de leur mode d'existence , il y a sur elles et sur la matière deux principes fondamentaux qui résultent de tous les phénomènes naturels qui se produisent à nos yeux , et qui se renouvellent ou se perpétuent depuis tant de siècles. Ces deux principes constituent ce qu'on appelle V inertie de la matière. Le premier est que, toutes les forces qui agissent sur la matière cessant d'agir à un instant donné, la matière conserve son état de repos ou de mouvement. Le second est que toutes les forces sont soumises à des lois d^une infaillible stabilité. Il résulte du premier principe qu^un atome de matière ne peut ni se donner du mouvement ni altérer celui qu'il aiu^ait reçu ; et si deux atomes de matière peuvent se donner du mouvement l'un à l'autre par leurs attractions ou en général pat* leurs actions mutuelles, comme l'attraction de la terre donne du mouvement à une pierre qu'on abandonne à elle-même, il résulte du second principe que ce mouvement se produit suivant une loi déterminée qui n'a éprouvé aucun changement depuis que le monde existe. Ainsi , tous les changements que subit la matière, soit dans son état, soit dans son repos, soit dans son mouvement , nous devons les attribuer à des causes ou

à des forces particulières : tantôt à des forces nouvelles, qui surviennent tout à coup; tantôt à des forces permanentes, qui continuent d'agir et qui règlent leurs actions suivant les lois immuables auxquelles elles sont soumises. Si un corps se brise ou se déplace , s'il devient plus dur ou plus mou , s'il se refroidit ou s'il se réchauffe, s'il se liquéfie ou s'il se vaporise, c'est qu'une cause est survenue qui lui imprime ces modifications. Jamais une piene ne s'est brisée d'elle-même , jamais elle ne s'est soulevée sur le sol , jamais on ne l'a vue ni se durcir , ni se ramollir , ni s'échaufler , ni se refroidir, ni se liquéfier d'elle-ménfte , ni disparaître en vapeurs. Si l'on coupe le fil qui soi^j^Rit un corps, on le voit qui tombe et qui se précipite d'un mouvement de plus en plus rapide. Il fallait une cause pour le faire tomber, et c'est cette même cause qui continue d'agir et qui presse son mcovement par ses actions répétées. La terre , dans son orbite autour du soleil , éprouve des variations perpétuelles : tantôt sa course devient plus lente , tantôt plus rapide , et cependant rien n'est Ctcidentel dans ces- périodes, rien n'est fortuit ni imprévu. C'est toujours la même cause qui préside à ces mouvements; mais c'est une cause qui change d'énergie , et c'est par la loi de ces changements que se maintient l'équilibre du monde.

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