VJ
Années. Inclinaisons.
4854 (noTembre) 66 35
1853 (décembre) 66 28
Sauf quelques irrégularités, il résulte de ce tableau que Tindinaison, à Paris, a toujours été en diminuant depuis 1671, et que la diminution a été sensiblement variable d^une année à l'autre. Cependant depuis 1835 elle parait être régulièrement de 3' par an, ce qui donne à défaut d'observations directes, 67* 9' pour le 1" janvier 1841, et 66* 39' pour le 1" janvier 1851.
La découverte de l'inclinaison remonte à Tannée 1576; elle est due à Robert Norman, ingénieur en instruments dans l'un des faubourgs de Londres : jusque-là on avait supposé que l'aiguille devait être horizontale, et, lorsqu'en Europe on voyait son pôle austral .s'abaisser, on se contentait d'admettre que le centre de gravité était mal déterminé. Robert Norman, observateur plus ingénieux et plus précis qu'on ne l'était alors, mesura le contrepoids qu'il fallait ajouter, et fut conduit ainsi à l'une des plus importantes découvertes du magnétisme.
186. Boussole dos TorlatloAs dlnmos. — L'aiguille de déclinaison éprouve tous les jours quelques mouvements à l'est ou à Touest du méridien magnétique : tantôt ces mouvements sont brusques et accidentels, tantôt ils sont réguliers et périodiques : dans le premier cas» on les nomme perturbations ; dans le second cas, ils se composent de ce qu'on appelle les variations diurnes. Dans les jours qui ne sont pas marqués par quelques perturbations, l'on observe à Paris les phénomènes suivants : pendant la nuit, l'aiguille est à peu près stationnaire; au lever du soleil, elle se met en mouvement, et son pôle austral (ou son extrémité nord)
410 LIVBE ili. — HAGNSTISIIB ET ËLlGTlIiCaTË.
Buurdie à Touest comme s'il fiiyah rinlmnoe èe cet «tv»; t«n nûcfi, ou phi6 généralement ât midi à tro» heures^ il i maximum de déviation occidentale ; Misiiite, par m contraire, il revient à Torlent jusqu^à 9, 10 ou 11 heures du soir : alors, soit que l'aiguille ait repris exactement sa position primitive, soit qu'elle s'en trouve seulement très-rapprochée, elle s'arrête et reste immobile pendant toute la durée de la nuit, pour recommencer le lendemaia une oscillation pareille.
U amplitude de la variation diurne est l'angle que parcourt l'aiguille, depuis la station du matia jusqu'au maximum de déviation occidentale. Cet angle est toujours variable : cependant il résulte des nombreuses observations de Cassini qu'«ft général il est plus grand pendant l'été, depuis Téquinoxe do printemps à l'équinoxe d'automne ; et plus petit pendant l'hiver, depuis l'équinoxe d'ajutomne à VéquiBoaw du printemps. La valeur moyenne, pour les mois d'avril, mai^ juin, juîlhit^ aoât et septembre, parait être de 12/ k 15'; et seukmeKt de <8' à 10' pour les mots d'octobre,, novembre, décembre, janvi^ février et mars. U j a des joors où cet angle s'élève jitMpi'à 25', et d'autres où il ne dépasse pas ô ou 6'.
On doit encore à Cassini cette remarque importante <pie, dans les caves de rObservatoîre, l'aigodle de déclinaison éprouve aussi des changements journaliers; là, à près de 30 metrts soi» terre, à l'abri de toutes les inHuences de la lumièi» et de la chaleur du jom*, ranq>lil»d0 de ses variations est la même (pi'à la siur&ce du sol, et c'est aux mêmes hcutes qa^elle est immobile , qu*eUe mardie. à Voeddent et qu'elle revient à l'orient.
Ihns les régions ks plus septentrionales, ooau&e en Dmkmark, en Islande et au nord de l'Amérique, les vari«tio«B divonei sont en générai plus ccNiaîdéiHbles et mAÎns réguhèeea-; il panît aussi que l'aiguille ne consenœ pas pendant la nuit l'îmmeUité qu'on <dMerve à Paris^ et que c'est vers le soir sedement qu'aile atteint son maximum de déviation oocideotake.
Aa oonliDaine, en partant dn. nord pour aller v«rs Téquateor magnétique, les variations diocnes vont sans cesse en dnrinitint d'amplitude^ et sur l'équateur magaétiqae luipaiéme elles sont sensiblement nulles. Il paraît oepewlaat, d'après quelques observations du capitaine Duperrey, «pie la position duj soleil au noid o9 au midi de l'éqvatenr tercestne pourrait anoair qydqae ia^
CKAP. H. ^ BOUSSOLE DS YÂRIATiOiN. 41i
flueoce pour faire oscilla, de part et d'autre de Véquateur ma- |[nëtique, les points qui sont sans variatioiis.
Au sud de Téquateur magnétique , les vanations diurnes se produisent dans un ordre inverse : rextrémité nord de raigiûlle marche vers Test, aux vo&mes heure» ou, dans rhëmisphère boréal, elle marche à l'ouest; ce résultat ciuîeux est constaté par des obstinations qui ont été taixe^ ea 1794> 1795 et 1796, au fort MairU>orou|^die Suwitca, et à Sainte*HélièBe, par M« J. Mao dooald; ei) ISliS, )819 et 1820, à Tile de France, à Timor, à Sawak, à GubMH, à Movi et au port Jackson, par le capitaine Freyonat; et en 1822, 1823 et 1824, dans plusieurs points qui avoifiioent Féquateur magaétique, par le capitaine Dur* perrey.
L'aiguille d'inclinaison est soumise à des variations diurnes^ Qomyie celle de dédipaison, mais elle a moins d'amplitude, dans ses mouvements.
En généralisant ces multats, on peut présumer qu'une ai-< guiUe ainaantée, mobile dans un plan quelconque, éprouverait des oscillations jouraaiières, et qu'une aiguille qui serait mobile dans tous les sens, aulxxu* de son centre de gravité, décrirait chaque jour un cône dont la base serait une ellipse ou une autre courbe plus ou moins allongée dan» les di£férente Ueux de la terre.
Les variations diurnes furent observées pour la première fois par Grabam» à la fia de 1722.; ensuite elles furent étudiées a,Tec soin, en Suéde, par Hiorter et Celsius, vers 1740, et par Wargentiu, en 1750.; k Londres, par Canton, en 1756; en Da-< oeinark, par Lous, de 176Ô à 1772; à Rome, par le père Ab^ ckppi, en. 1772.;, en France, par Cassini, de 1780 à 1790. Depuis cette époque, les instruments sont devenus plus parfaits, les observations ^ conAiauent sur plusieurs points du globe, et les voyageurs, dans leur& courses autour du monde, doivent les compter comme un des cbjet^ les plus importaots de leurs re^ cherches.
La figure 8 représente la boussole ds variaUon. Tous les observateurs ne peuvent pas. sans doute se procurer un instrument aussi complet, mais tous peuvent disposer des aiguilles d'après les principes de sa construction, et arriver ainsi à une assez gnmde exactitude dam les observations. Il est presque ioiitile de Ittre remarquer que touXes 1^ pièces de métal sont en cui^ne rouge très-pur.
412 LIVRE III. -- MAGNËTISHe ET ËLECTRIGITË.
zJ^ table de marbre blanc, sur laquelle reposent les colonnes et la boîte de Tinstrument.
ss\ colonnes pour la suspension.*
mniy colonnes pour le premier microscope.
iw'/w', colonnes pour le second microscope.
hh\ boîte de la boussole.
aa! ^ aiguille aimantée, passée de champ dans un petit anneau de cuivre /i. A cet instrument est attaché un fil, ou plutôt un assemblage de fils de soie sans torsion, qui porte Taiguille, et qui vient s'enrouler sur le petit treuil f. Ce fil est maintenu au centre du cercle divisé ce,» en traversant, là, une petite ouverture triangulaire. Il est enfermé dans une cage de verre qui s'élève entre les deux colonnes ss pour que l'air ne puisse ni l'agiter ni pénétrer dans la boîte; en tournant le treuil t dans un sens ou dans l'autre, on peut élever ou abaisser l'aiguille. Deux lames de verre, mobiles à volonté , ferment les ouvertures de la boîte, qui correspondent aux deux extrémités de l'aiguille; sur chacune de ces extrémités, est solidement fixée une petite plaque d'ivoire, portant des divisions très-fines dont la valeur angulaire dépend de la distance au centre de suspension ; c'est en général 15 ou 20'.
Après avoir disposé l'appareil à peu près dans le plan du méridien magnétique et l'avoir nivelé soigneusement, on s'assure que le fil de soie est sans torsion, et, par quelques tâtonnements, on arrive à diriger les microscopes r et r' sur la ligne de foi de l'aiguille, dont on voit la trace sur les deux plaques d'ivoire. Alors il est facile d'observer les déplacements qu'elle éprouve, soit en comptant les divisions qui ont passé sous le fil, soit en suivant ses mouvements, au moyen des vis de rappel qui font marcher les microscopes. De petites loupes/? et/>', mobiles sur les tiges / et î', servent à lire la position ou la course de chaque microscope sur la traverse qui le porte et qui règle son mouvement latéral.
On ne doit s'approcher 'de cet appareil qu'avec de grandes précautions, et sans avoir autour de soi aucune pièce de métal.
187. PertorbatloiiB de l*alsnllle aimantée. — Plusieurs causes naturelles agissent sur l'aiguille aimantée, ou pour la déranger brusquement de sa position, ou pour troubler au moins la régularité de ses variations diurnes. Entre toutes ces causes,