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CHAP. II BOUSSOLE DE DËGLINAISON

Pour donner une idée des changements qu'éprouve la déclinaison , nous présentons , dans le tableau suivant , les observatiens qui ont été faites à Paris à diverses époques.

Déclinaisons observées à Paris,

Aimées. Dédinaisons.

, 4 30 oaest.

noo

<844 sa 34

Annéev. Dédinaisoni.

4846 22»25' oaest.

4855 (3 décembre) 20 47

On voit, V que , depuis 1580, la déclinaison a varié de plus de 30* ;

2* Que c'est en 1663 qu'elle a été nulle;

3* Que sa marche a été sensiblement progressive vers Touest depuis les premières observations jusqu'en 1814;

4® Que, depuis cette époque, elle semble éprouver un mouvement rétrograde vers l'orient.

La boussole marine ou compas de variation n'est autre chose qn'une boussole de déclinaison : seulement, elle est suspendue de manière à se maintenir , au milieu de l'agitation de la mer , dans une situation sensiblement horizontale. Les figures 5 et 6 représentent uuq vue et une coupe de cet instrument.

bb\ bords de la boîte dont le fond est en ff.

Py verre qui la ferme.

ty pivot qui s'élève ou s'abaisse au moyen de la vis w.

S^9 aiguille dont la chape est en c.

rr\ feuille mioce de papier, doublée d'une feuille de talc ou de quelque autre substance légère et rigide. Ces feuilles forment ce qu'on appelle la rose des cents; elles sont attachées ou collées à l'aiguille pour se mouvoir avec elle. La rose est un cercle dont le centre est dans la verticale du pivot , et dont la circonférence porte à la fois des divisions en degrés et les signes des vents.

pp\ deux pinnules , la première ayant une fente étroite et la seconde une large fente au milieu de laquelle on fixe un fil vertical.

m , miroir à faces bien parallèles, incliné de 45* , et ayant à

406 UVW m. — MAfiNiTlS]» BT ÉLECTRICITÉ.

peu près la largeur de la pînnuli» ooùaisep. Ia pcirte bande du nÛFoir qui con^spond à l$i feiDte de cette pianule e$t. déséiasiM dans sa partie supérieure seulemeot, pour <]ue Vobserr^teur puisse, au travers de la glace, viser au fil de la pinnule/?'.

o , position de Tœil au moment de Tobservation. Au moyen des deux pinnulrs, on vise à un astre, ou à un objet situé dans Thorizon ou élevé à 15 ou 20*. En même temps on voit, par réflexion sur le miroir, en i, une portion de la ligne de foi /*, qui est peinte en noir sur le bord intérieur de la boite; et en f la division de la ros^ qui se trouve vifr«à~vis la ligne de fiai, c'est-à-dire dons le plan vertical du pivot et des fentes des pinnules.

De cette manière on connatt d'un seul coup d'œU F angle db Taiguille ou du méridien magnétique , avec le plaa vectûcal de Tastre ou de l'objet. Il reste à déterminer , par les moyens «on» nus, Tangle de ce dernier plan, avec le méridmi astroiji^mMiue du lieu , pour en déduire la déclinaison. Tout l'instTumeBt f^t porté sur une traverse tt' (Fie. 6) qui se visse sm* un pied où elle peut toiuner librement; un cercle fixe ce' est porté sur cette traverse; un cercle intérieur ee' repose sur le premier, ettouroi» sur Taxe j:.z ; enfin,, la boîte elle-même est portée par ce cercle mobile, et tourne sur lui au moyen de Taxe zis' qui est perpeor diculaire à xa:'. C'est par ces deux mouvements rectangulaires que la boite conserve son horizontalité ; il^ coosûlueD^ ce qu'on appelle la suspension Je Cardan,

La figure 7 représente une boussole d'arpeniBUP ^ dont on comprendra facilement l'usage d* après ce qui vient d être dit.

La boussole a été en usage chez, les Chinois longtemps avant d'être connue en Europe. On peut conclure de plusieurs docoments authentiques , rapportés dans la Descripjmn de Vempire de la Chine par Duhalde , que , plus de mille ans avant Jé$us« Christ, les Chinois se servaient de la boussole pour se diriger sur les coniinems. On a supposé que Marco Paolo iious avait apporté cette invention; mais ce voyageur célèbre, qui connut si bien la Chine, ne fut de retour en Euiiope qu'eu lâ95; et il est parlé de la boussole dès 1 1 80 dans les vers de Giiyot à» Provius, et dès 1266 dans l'histoire de Nonrége. OSn s'accorde en général à regarder les Melphitains comme les.premiecSkiimQr teurs de la boussole européenne , et il paraît constant quks 90tt usage ne fut un peu répandu, que vers l'an tôQO^

€KAP. ÏL -— BODSSOU DE BfiGUHilSON. 407

On do^ttk, dans ks premie» temps, que raigoiUe aimantée se tournait diceotcmcnt au nord dam tous les lieux de la terre; et l'oD ra|q>orte que GoloBnb fut trèa-étounë d'observer une dédînaîsoQ en 1492, lorsqu'il parcourait TOcean pour aller découvrir le nouiwau monde. Il paraît que Cabot, de Venise , qui de- TÎDt grand pilote d'Angleterre, fit de» observations analogues vers l'an 1500.

Le fiât de la dédioaison une fiais connu , il fallait découvrir les variations qu'elle éprouve lorsqu'on passe d'un lieu à Tautrè. Les premières tables un peu précises qui constatent ce phénomène important furent dressées en 1599 par les navigateurs hollandais , d'après les ordres du prince de Nassau.

Enfin, le diangement de la déclinaison dans le même lieu fut découvert en 1622 par Gunter , professeur au collège de Gresham : il trouva à Londres une déclinaison orientale de 6* 13'; tandis qu'elle avait été trouvée de 11'' 15', aussi à l'orient, en 1580, par Robert Norman, le même- qui découvrit l'inclinaison en 1 576.

IStt. ■■■■■■■%! dineiliiaiMK» — EUe est représentée dans les figures 9, 10, 11, 12, 13.

La figure 10 représente Faigoitte d'inclinaison gg* vue sur sa largeur, eC la figure 11 la représente vue sur son qiaisseur. Les sections «, /, s^j donnent une idée de sa forme.

ee est une sorte de virole ou d'anneau de cuivre qui s'ajuste, à frotiiement très-serré, vers le milieu de la longueur de l'aiguille ; il porte un axe de cuivre ce' , terminé par de petits cylindres d'aeier poE mtA a! qui forment l'axe de rotation. L'axe madiématique de ces deux cylindres doit passer par le centre de grarité de Taîgttifle : on .essaye d'atteindre cette condition, ou du moins d'en approcher le plus possible, en plaçant l'anneau convenablement et en faisant mouvoir les vis latérales ifp.

L'aiguiUe est en place dans la figure 9 ; le rectangle sur leqnel ^ repose est une pièoe importante de la boussole. On le voit pkis en grand et avec plus de détails dans Tâévation (Fdg. 12) et dans la coupe (Fio. 13). Il se compose d'une traverse fixe tt! qui' perte le couteau d'agate pp'^ et d'une autre traverse mm' iBobile autour de l'axe cl. Cdle-ci porte une fourchette f qui ^^^▼e l'aae de l!aiguiUe quand on ne veut plus qu'elle impose anr les couteaux d'agate, et d'une pièce d'arrêt r qui en^éehe i axe de glisser sur lâi fimichetts* Cet. ajuafiement est combiné pour quft l!aae.de l'aiguilJe se trouve esacimnent an centre du

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limbe d^inclinaison //' (Fig. 9), et perpendiculaire à son plan dès qu'on abaisse la fourchette pour commencer robservation.

Le limbe //' repose perpendiculairement sur une plaque so» lide pp' qui porte aussi les montants du rectangle , une cage de verre rr' et un niveau n/i'. Tout ce système est mobile autour d'un axe vertical xx\ qui passe par le centre du cercle //', et par conséquent par le centre de gravité de l'aiguille. Un vernier iï ^ attaché à la plaque/)/?', parcourt le cercle azimutal zz pour marquer à chaque instant sur ce plan les angles décrits par le limbe vertical.

Pour observer l'inclinaison avec cet instrument, quand on connaît déjà la déclinaison ou la direction du méridien magnétique , on met le limbe vertical dans cette direction , et Vaiguille vient d'elle-même se placer suivant la ligne d'inclinaison : si l'on ne veut pas attendre qu'elle soit en repos, on prend le milieu des petites oscillations qu'elle fait avant de s'arrêter. Après ce premier résultat , on retourne les faces de l'aiguille sans ea retourner les pôles , afin de corriger par ce retournement les erreurs qui poun^aient provenir soit de l'irrégularité de l'aimantation , soit de l'excentricité du centre de gravité ; mais ces deux causes d'erreur n'étant par là qu'imparfaitement compensées, il est nécessaii*e de faire deux autres observations pareilles , après avoir renyei*sé les pôles de l'aiguille en l'aimantant dans le sens contraire. C'est la moyenne de ces quatre résultats qui donne l'inclinaison.

On peut facilement se dispenser de déterminer d'avance la déclinaison. En effet , le couple terrestre étant contenu dans le plan du méridien magnétique , l'aiguille n'est jamais sollicitée à sortir de ce plan , et par conséquent elle doit se diriger verdca* lement quand on l'oblige à se mouvoir dans un plan vertical perpendiculaire à ce méridien. Réciproquement, si l'on tourne le limbe de la boussole jusqu'à ce que l'aiguille soit verticale, on peut être assuré qu'il est alors perpendiculaire à l'aiguille de déclinaison, et il suffit de lui faire décrire, à partir de là, 90* sur le cercle azimutal pour l'amener dans le méridien magnétique. Oa pourrait encore, pour plus de simplicité, chercher par quelques tâtonnements l'azimut du limbe qui donne le minimum d'inclinaison : ce minimum est l'inclinaison du lieu, puisque de part et d'autre l'aiguille se rapproche de la verticale.

Le tableau suivant contient diverses inclinaisons observées à

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