CHAPITRE n
De rElectrictté par infinenee.
SU. Va 0orps élMlrtaé ûéeompmmm * dUtaaee les éleeCrieltés malarelles de to«s les eowpm 0oad«ete«rs. — Nous Tenons de voir qne chacun des fluides électriques altire le fluide de nom contraire , et repousse celui de même nom ; ces attractions et répulsions n^ont pas lieu seulement sur les fluides libres et déjà décomposés, mais elles s'exercent aussi sur les fluides combmés; et il résulte de là qu'un corps conducteur peut, sans rien perdre et sans rien recevoir ^ être constitué dans un état électrique particulier qui naît de la cause agissante à laquelle il est soumis, et qui cesse avec elle. C'est cette électricité produite à distance que l'on appelle électricité par influence.
Par exemple, un anneau de cuivre nn' (Pl. 17, Fie. 9), portant deux fils de métal très-fins et deux balles de sureau, est soutenu sur un tube ou sur un crochet de verre ; on le présente à un corps r, électrisé résineusement , et , à la distance de 30 ou 30 centimètres, on voit les deux balles qui s'écartent Tune de l'autre.pour prendre la position bb' ; à une distance plus petite, la divergence est plus grande, sans que l'étincelle jaillisse entre Tanneau et le corps électrisé. Les balles 6, b' sont donc chargées d'une même électricité , et même il est facile de reconnaître que cette électricité est résineuse , comme celle du corps r qui agit sur l'anneau et sur elles. Cependant, il n'en fitudniit pas conclure qu'il y a une communication électrique au travers de rsir: car, en éloignant l'anneau, soit lentement, soit rapidement, la divergence diminue à mesure que la distance augmente, et elle devient tout à fait nulle quand la distance est assez grande; ce qui n'arriverait pas si les balles ou l'anneau avaient reçu du corps r une électricité quelconque. Tout le phénomène se passe donc dans les balles de l'anneau, et dans les fils de métal qui les joignent. Ce système de corps conducteurs a ses fluides naturels décomposés par l'influence du corps électrisé; tout le fluide vi-
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tré qui résulte de cette décomposition se rassemble dans l'anneau où il est appelé par l'attraction de r, et tout le fluide résineux est refoulé dans les balles par la répulsion. Ainsi ces deux fluides sont simplement déplacés^ dans le système conducteur ; ils se rejoignent par leur attraction mutuelle, et se recomposent dès que la distance du corps électrique est trop grande pour les maintenir séparés.
Pour ne laisser aucun doute sur cette vérité fondamentale , il suffit de Tenir toucher l'anneau avec un petit pla/i d'épreuve. (On appelle ainsi un petit disque de dinquant, collé à une longue aiguille de Terre ou de gomme laque.) Le plan d'épreuTe prend l'électricité du point qu'il touche, et si, après le contact, on le présente à un électroscope, électrisé d'aTance, il est facile de reconnaître la nature de l'électricité dont il s'est chaîné. On dit quelquefois qu'un corps est dans la sphère d'actwité ou hors de la sphère d'actwité d'un corps électrisé, suiTant qu'il en ressent ou n'en ressent pas l'influence : mais il faut remarquer que ces expressions, dont on peut se serTÛi* sans inconvénient, sont bien moins relatiTCS au corps électrisé lui-même qu'au corps que Ton soumet à son influence : rigoureusement, la sphère d'activité d'un corps électrisé s'étend à l'infini, çt la distance à laquelle nous pouTons rendre ses effets sensibles dépend de la mobilité des appareils que nous employons.
On peut encore disposer l'expérience de la manière suivante : cd (FiG. 10) est un excitateur (on nonune ainsi une tige de cuivre terminée comme le représente la figure) ; on suspend à chaaue de ses extrémités un double pendule à fil de lin ou de métal, et on le place sur un isoloir s\ alors on approche un corps électrisé r, et l'on obserre une diTergence dans les balles. Si le corps est électrisé résineusement, connue le représente la figure, l'électricité Titrée se porte et s'accumule dans la partie de l'exritateur qui en est la plus Toisine , et la résineuse est refoulée à l'extrémité opposée ; c*est ce qu'on peut vérifier en approchant un tube de verre électrisé ou un bâton de lésine, ou en prenant de l'électricité avec le plan d'épreuve pour en reconnaître la nature. Le contraire arriverait si le corpsrétaitélectrisévitreusement.
Un corps électrisé par influence agit , à son tour, pour électriser les corps voisins qui se trouvent dans sa sphère d'activité, et ces actions successives peuvent se propager jusqu'à de grandes distances. Il suffit de jeter les yeux sur la figure 12 pour voir
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la disposition que Ton peut donner aux âj)parells dans ces expériences.
m est un cdnducteui* de la machine ,
c un premier cylindre isole ,
c' un second cylindre pareil ,
b une boule de cuirre ,
et b' une petite balle de sureau.
La divergence des balles indique la présence de l'âectrltité, et les signes -h et — marquent Son espèce.
ix)rsqu'tin corps conducteur est déjà cbargé d'électricité, il n'en éprouve pas moin^ Tinfluence d'un autre corps ëlectrisëj Une seule expérience sUfEt pour montrer combien de phénomènes curieux peuvent résulter de ce principe. Lé petit anneatt à pendule , de la première des expériences qUl précèdent , c$t électrisé résineUseiheht : on lui présente Un corps électrlsé résiileusement comme lui, et là divergence des balles augmente; donc son électricité résineuse est repoussée et refoulée dans lei balles par rélectricité résineuse qui agit sur lui pai* influence, ou, si Ton veut, ses électricités naturelles soUt séparées : la résineuse est refoulée dans les balles, où elle s'ajoute à la résineuse ^ui s'y trouve déjà ; tandis que la vitrée est appelée dans Tanneau , où elle neutralise une égale portion de résineuse en se rtcomposant avec elle. La charge primitive dé Vanneau et celle du corps qu'on lui présente peuvent être telles que, pendant radion par influence, l'anneau se trouve encore électrisé résirieUsemenl, ou qu'il reprenne son état naturel, ou même qu'U se montre avec Une charge d'électricité vitrée. C'est ce que Ton peut vérifier avec le plan d'épreuve.
Ces phénomènes sont plus apparents lorsqu'on donne à panneau une charge primitive d*électricité vitrée : alors, sous fiafluence dif^s corps résineux, qu'on approche graduellement, les balles se rapprochent peu à peu, reviennent au contact, et divergent de nouveau ; ce qui prouve d^une Inanièkie évidente que leur électricité vitrée a été peu à peu appelée dans l'anneau, qu'elle y est venue en totalité , et qu'enfin , pour une moindre distance du corps agissant , il s'est fait une décomposition nou.velle qui refoule du fluide résineux dans les balles ^t qui leur donne une nouvelle divergence.
S12. Les eortiv éleolrtsés par influenee retoBibent * l^nr état primitif dés que l*inflaeii^ eesse. — Puisque la décom-
GAKP. II. — ËLBCTftldtTfi MR INFLUfilIGE. 463
positiofi par iîifltiente est iilstiltltanée dans l6S cdrps conducteurs^ lai^compdâtion doit être instflntâliëè dès qu*oil détrtiit là cauâe décomposante;
Or, on peut en général la détruil^ de deiit thanières : soit graduellement, en tirant du corps électrisé de petites étincelles avec un coipS isolé, ou en augmentant la distiint^e du corps conducteur qui reçoit son influence; Soit subitement, eti timnt dii corps électrisé une étincelle totale qui le décharge complètement lor^'il est lui-même conducteur. »
Dans le premier cas, la recomposition est graduelle comme la diminution de la force, et Ton s'eii aperçoit à la divetgencë des balles, qui diminue dé plus en plus. Dans le second cas, les deux électricités, séparées par influence, se rejoignent par leur attraction mutuelle, et se recomposent en totalité. Comme on le voit par le rapprochement des balles, qui est subit et complet.
Dans ces phénomènes, ni T un ni l'autre des fluides ne sort dé la masse qui reçoit Tinfluence électrique, mais ils éprouTcnt tous deux un mouvement de translation dans Tétendue de cette masse, soit quand ils se séparent, soit quand ils se rejoignent; et ces mouvements rapides de l'électricité produisent dans les molécules pondérables deîs secodsseè mébahiques ou des eSets chimiques très-remarquables.
Par exemple, une grenouille, prépài*ée et disposée conmle bn le voit (Pl. 17, FiG. 11), semble n'éprouver aucun- effet lorsqu'on tourne lentement la machine qui charge d'électricité vitrée le conducteur c : cependant, son électricité naturelle est décomposée par influence , la résitlelise est appelée en r, tandis que la vitrée est repoussée dans le sol par le fil j, et, dès qu'on tire une étincelle au conducteur, la recomposition Subite des électricités de k grenouille Imprime à tout son corps une sorte de convulsioti qui là fait sauter comme si elle s'élançait par un mouvement volontaire; preuve frappante que, dans le retour à l'état nattu*el, les molécules des corps sont agitées par les fluides qui se pressent pôut* se rejoindre. Les commotions de cette espèce s'appellent le choc en retouf*. L'expérience serait tentée sans succès sur une ^enouille tuée depuis cinq oU six heures : mais elle réussit très-bien avec une grenouille qui vient d'être coupée et dépouillée, et mieux encore avec une grenouille vivante telle qu'eUe sort de l'eau.
En présence d'une puissante machine , Un homme qui com-
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mumque au sol éprouve des secousses analogues ; on en peut faire Texpëiience avec un conducteur d'une grande superEde : deux personnes placées aux deux extrémités de ce conducteur n'éprouvent pas d'effets sensibles pendant qu'il se charge ; mais l'une d'elles s'approchant assez près pour tirer des étincelles, l'autre éprouve à l'instant toute la violence du choc en retour, sans qu'il paraisse aucune trace d'électricité ni de lumière entre elle et le conducteur.
En étudiant les effets de la foudre, nous verrons qu'un nuage orageux peut agir d'une manière analogue, et foudroyer à la fois par le choc direct et par le choc en retour.
Quand le corps conducteur qui reçoit l'influence électrique n'est pas en communication directe avec le sol, il se peut faire qu'il perde peu à peu celle des électricités qui est repoussée, et qu'ensuite , la cause décomposante étant subitement détruite , il perde tout à coup, par une seule étincelle, l'autre électricité qui s'est accumulée sur sa surface. C'est ce qu'on vérifie avec un pistolet de Volta disposé en présence des conducteurs de la machine.
213.* Ea toocliAttt les corps eoad«ete«i«« lersqo'Ua «•■! •oiuUs * riBMocaee, on eo jj^ot tirer l*«He ov l*s«tre électrielté t wêêAm oo ae pe«t les ehsrger q«e d'wie semle éleetriellé, ea les ■lettMit ea eoiasuaateatioa STee le sel. — Reprenons l'un des cylindres isolés de la figure 12 , et supposons que ses électricités naturelles soient décomposées par l'influence de la machine : son fluide résineux étant appelé en r, son fluide ritré repoussé en f , et la ligne neutre nn' marquant sur sa surface les points qui garent les deux fluides contraires. Dans cet état, si on vient le toucher avec un plan d'épreuve , on prendra de l'électricité résineuse dans la région nr ; de la vitrée dans la région nÇy et l'on ne prendrait point d'électricité sensible sur h ligne neutre nn'. Mais si, au lieu de toucher le cylindre avec un plan d'épreuve très-petit, on vient le mettre en communication avec le sol , on obtiendra des résultats tout à fait différents : s'il communique au sol par un point de la région nt^y tout le fluide vitré s'écoule, et le fluide résineux reste en totalité nuda* tenu par l'attraction du fluide vitré de la machine ; s'il conununique au sol par un point de la région nr^ c'est encore le fluide vitré qui s'écoule, et le fluide résineux qui reste.
Ce phénomène remarquable, très-facile à vérifia, est aussi