CHAPITRE PREMIER
Des Actions électriques.
206. ti y a des ssbaianees qui preanenC, par le frUUetaeiit, la propriété d*aCllrer les eorps légers. — Il est facile de s'assurer que les diverses substances, prises dans leur état naturel , n*ont aucunement la propriété d'attirer les petits fragments de feuilles d*or où de clinquant , ni la sciure de bois ou de moelle de sureau, ni les barbes de plumes, ni d'autres corps légers, quek qu'ils soient ; mais lorsque, avec une étoffe de laine ou de soie^ on frotte un tube de verre, un bâton de soufre ou de résine, un nlorceau d'ambre ou de succin , ces différents corps prennent à l'instant cette propriété remarquable : ils attirent & eux tous les corps légers qu'on leur présente, et cette attraction est si forte que les minces feuilles de métal , par exemple , sont enlevées à plus de 20 ou 30 centimètres de distance et Tiennent se précipiter sur la surface du corps attirant (Pl. 17, Fig. 3). La cause de ce phénomène est ce que l'on appelle V électricité y du mot grec JXtxTpov , qui signifie ambre j parce que la propriété dont il s'agit fut autrefois découverte dans cette substance par les plus anciens philosophes grecs.
Pour distinguer avec plus de certitude les corps qui deviennent électriques par le frottement , on emploie divers appareib que l'on appelle en général électroscopesj c'est-à-dire, instruments propres à découvrir l'électricité.
Le plus simple des électroscopes est le pendule électrique, qui se compose d'une petite balle de sureau suspendue à rextromité d'un fil de soie ou d'un fil de métal très-fin (Fig. !)• Lorsqu'on veut éprouver un corps , on l'approche de la balle , et s'il ne peut pas l'attirer à lui d'une quantité sensible, on est
CflAP. 1. -^ ACTIONS ÉLËCTRiatlES. 481
assure qu*il n'a point d'électricité, ou plutôt qu'il n^en peut avoir qu'une très-faible charge.
V aiguille électrique (Fig. 2) est un autre ëlectroscope tm peu plus sensible que le pendule : elle se compose d'un fil de cuivre, termine par deux boules ihétalliqUes beib\ c|ui doivent être creuses pouf éttë jplus légères; ati milieu de la longueur du fil est une chape en acier Ou eh dgate, que Ton pose sur un pivot. Une trèsfaible action électrique suffit pour mettre l'aiguille en moUyeraèht.
Vétéciroscdpé dé Coulomb (Fig. 4) est l'appareil le plus sensible ei le plus délicat poiir indiquer là présence des forces électriques. On le Construit avec un fil de cocon /*, une aiguille de gomme laque gg% et tm petit cercle de clinquant a. Le fil est fixé au treuil /, qui sert à l'enrouler ou à le dérouler pour élever ou abaisser 1* aiguille. Une cage de verre t'p' préserve l'aiguitle des agitations de l'aii*, elle porte une circonférence divisée ctd% et un couvercle ce* percé d'une ouverture o : c'est par cette ouverture que l'on fait descendre lentement les corps électrisés qui doivent attiret* l'extrémité de l'aiguille pour la faire tourner, à moins toutefois qu'ils ne soient assez puissants pour agir du dehors à travers l'épaisseur du verre.
Au moyen de ces appareils , on peut facilement soumettre à Tépreave tous les corps, et voir s'ils sont tous capables de prendre de Télectricité par le firottement. L'expérience en est curieuse , par l'extrême variété des résultats qu'elle donne : on trouve en effet que la gomme laque et la résine, Vambre , le soufre et le verre sont des corps éminemment électriques; qu'il en est de même du diamant, de la topaze, de Vémeraude et de la plupart des pierres précieuses ; que la terre cuite, le bois et le charbon donnent rarement des signes d'attraction , même quand ils ont été frottés longtemps et à plusieurs reprises; enfin, que les métaux, et d'autres corps encore , ne prennent jamais la moindre apparence attractive, quelque soin que l'on apporte à répéter ou à varier les frictions. Voilà donc tous les corps de la nature séparés en deux grandes classes : ceux qui prennent de l'électricité par le frottement, que l'on appelle idio-électriques] et ceux qui n'en prennent pas, que l'on appelle anélectriques.
207. Des eorps eondlietêun et des eorps aon eondueteurs. — Si les corps anâectriques ne prennent pas d'électricité quand on les frotte, ils peuvent cependant en pteudre d'une autre ma-
45i LIVRE m. — MAGNtTISlIE ET ELECTRICITt.
Bière. Cest Gray, physicien anglais, qai fit cette découverte en 1727, Gray, après avoir ëlectrisé un tube de verre ouvert par les deux bouts , voulut voir s'il obtiendrait les mêmes résultats en fermant le tube avec un bouchon de liège ; car, à cette époque, la science était encore si peu avancée , que Ton essayait de tout au hasard; on n'avait rien poiur se conduire, pas même un système. Or, en faisant Texpérience, Gray s'aperçut avec un grand étonnement que le bouchon lui-même était devenu électrique, tandis qu'il ne l'est jamais lorsqu'on le frotte directement* Une tige de métal, plantée dans le bouchon devint électrique comme lui; une tige plus longue le devint pareillement, et l'habile observateur ne se lassait pas de répéter des expériences aussi curieuses. Voyant qu'il ne pouvait pas , dans soq cabinet, ajuster au bouchon des tiges assez longues , il imagine de monter au premier étage, et de suspendre à son tube électrique un fil de métal qui descende jusqu'au sol ; il frotte le tube, et un de ses amis présente des corps légers à l'extrémité du fil : chose surprenante ! les corps légers y sont vivement attirés. On répète l'expérience au second et au troisième étage, et toujours avec le même succès. Donc, le métal a la propriété de transmettre l'électricité; et, puisqu'il la transmet instantanément, il fiiut que l'électricité soit une espèce de fluide qui passe du veiTe au métal et qui se répande instantanément sur toute sa surface. Cette propriété se manifeste dans tous les corps auélectriques, et on l'exprime en disant que tous ces corps sont conducteurs de l'électricité. Au contraire, les corps idio-électriques sont non conducteurs^ c'est-à-dire que l'électricité ne se répand jamais sur leurs surfaces; car, en frottant un tube de verre à l'une de ses extrémités seulement , son autre extrémité ne donne aucun signe d'attraction.
Cette vérité fondamentale peut être démontrée avec la wflchine électrique^ que nous prendrons seulement comme moyen d'avoir de l'électricité : on fait communiquer avec elle un long fil de métal , soutenu par des fils de soie ou par des tubes de verre ^ et, dès qu'on tourne la machine, on reconnaît aisément: V qu'il est électrisé dans toute son étendue, quelle que soit sa longueur, et quelles que soient les circonvolutions qu'on lui fasse parcourir; 2® que, s'il est interrompu quelque part, par du verre ou de la soie, il ne montre plus d'électricité au delà de cette interruption; 3® et que, s'il touche au sof ^ il ne donne plus
CHAP. I. — CONDUCTIBILITt ËLECTRIQOE. 453
aucun àgae électrique , car le sol est assez bon conducteur pour que rélectricité s*y répande y se dissipe au large sur toute sa sur* hce , et de là se communique à l'édifice entieri ou même au globe de la terre.
n résulte de là que l'air est un corps non conducteur; car, s'il était conducteur, comme le métal, Télectricité développée par le frottement passerait du corps firotté dans Pair qui l'environne, et se disperserait à l'instant dans toute la masse de l'atmosphère.
L eau et la vapeur d'eau sont de bons conducteurs : un corps électiisé donne toute son électricité à l'eau dans laquelle on le plonge, ou à la vapeur d'eau bouillante à laquelle on l'expose. C*est pourquoi l'électricité, qui se conserve longtemps dans l'air sec, se dissipe promptement dans l'atmosphère quand l'air est humide.
Le corps humain est aussi un bon conducteur : quand un homme est debout sur un mauvais conducteur , comme un gâteau de résine, il s'électrise dans toute son étendue, en touchant avec la main les conducteurs de la machine; et, quand il touche au sol, il ne conserve rien de l'électricité qu'il prend à ces conducteurs; il la transmet au sol où elle va se perdre. Cette propriété nous explique pourquoi les métaux ne s'électrisent point lorsqu'on les tient à la main nue , puisque leur électricité doit se dissiper à mesure qu'elle se développe.
Les plus mauvais conducteurs deviennent d'assez bons conducteurs lorsqu'on les humecte de quelque vapeur aqueuse : c'est pourquoi il faut chauffer les corps pour les sécher avant de les soumettre au frottement; alors le moindre contact les électrise, et même la main sèche jouit de cette propriété ; en passant , par exemple , un tube de verre, un ruban de soie ou une bande de papier entre les doigts, on leur donne une grande force électrique.
La conductibilité électrique des différents corps dépend donc d'une cause permanente, qui est la nature de leur substance; mais elle dépend aussi de plusieurs causes accidentelles dont il est difficile de mesm*er l'influence. Ainsi, au lieu de dire que les corps sont conducteurs ou non conducteurs, il est plus exact de dire qu'ils sont bons conducteurs ou mauvais conducteurs; car tl n'existe pas un corps qui soit non conducteur absolu. Les plus mauvais conducteurs sont la gomme laque, la soie, le veire et l(s l'éânes; on les appelle aussi corps isolants, parce que les <^orps électrisés qui reposent sur eux sont véritablement isolés ou
4^4 LIVS8 m. ^ HACNfiTIfiW ^T ËIECTBICIT^
séparé» du ftolf et ooiuervent longtamps râectridté qu'ik po^^ dent. Les métaux sput les meilleurs oouducteurs qfie Ton connaisse ; BOUS Terrons qu'un fil de métal, de plusieurs lieues de longueur ,^ s'électrise à Tinstant dans toute son étendue, Iqr^un peu d'éleptmâté est déyeloppée ou déposée sur uu spul de «es points. Entre les plus mauvais et les meilleurs conducteurs se trouve rinfinie variété des corp« de h mW§ ays|n( fous de§ de-* grés de conductibilité différents.
SOS. Bes tien* evpéee» 4*éleplHe|té, -^ Un corps électrbé repousse un corps léger auquel il vient de lui communiquer de son électricité. En effet) prenons un pendule isolé (c'est le pendule de la figure 1 y dont le support est de verre et dont le fil de suspension est de soie) : dès que nous approchons uu tube électrise, la balle de sureau est fortement attirée; mais vient-elle toucher le tube et se coller i lui pendant quelques instants , uussitot elle est repoussée , et repoussée à distance comme elle était attirée d'abord. Cette répulsion de la balle est produite par Vélectricité qu'elle a prise au tube; car, en la touchant avec la main pour la vemettre à Tétat naturel, elle est attirée de nouveau, et de nouveau repoussée dès qu'elle est venue au contact ; et ce qui en est une preuve encore plus firappante, c'est qu'alors elle attire les corps naturels, ou plutôt elle est attirée par eux, parce qu elle est plus mobile. Cette expérience peut âtre faite avec l'électrosoope de Coulomb , ou avec l'aiguille électrique en Visohnty ou avec une feuille d'or qui flotte dans l'air. Dans tous les cas, chaque corps électrique, quel qu'il soit, repousse toujours le corps léger qu'il vient de toucher.
Mais si Ton prend deux pendules isolés (Fie. 6), l'un qui soit ëlectrisé par le verre et repoussé par lui , l'autre âectrisé par la résipe et pareillement repoussé par elle, on observe ce phénomène remarquable : que le verre attire puissamment le pendule qui a été électrisé par la résine, et ifiçe i^ersdj que la résine auire aussi très-vivement le pendule qui a été électrisé par le verre; on peut même constater que les pendules s'attirent l'un l'autre, tandis que deux pendules touchés avec le même corps électrique se repoussent mutuellement (Fio. 6). Donc, l'électricité du verre et celle de la résine ne sont pas identiques, puisque chacun attire ce qui est repoussé par l'autre.
Ces deux électricités, différentes flans leur origine et dans leurs effets , doivent porter aussi des noms différents : la pre-
mère ^% »ppdéfî éleçfricitç filtrée y et la seconde électricité résineu^ç.
Ainsi, npps sommes conduit^ à cette çoQsé(|^ence importante ; q» il y ^ d^u;^ é^ecfriqf^ 11^11^9 qfie c]iapune sç repousse ef attira Tautre»
Sans avoir éprpuvé 1^ aptr^s corps, nous pouyoï^s être assures d'avgnc^ Qm )^ur électrique ^st fé^if^eu^e pu vifrée, car s'ils agi&^ent sur un pendule ëlectrise, il faut bien qu'ils le repoussent ou qu'ils l-fi^ti^ept ; p'est, au resïe, pç qu'il pst %cile de yérifier su]p tous ]»s porps» Pette ^pUe découverte de$ deux électricités a été fait^ par Dufay, physicien ^nnçais, en 173^ (Mém. de f Académie des sciences ^ 1733).
Quelques physiciens donnent à Télectrici^é yitrée le nom dVleçtrieité positiue , ^t à ^'électricité résinpuse celui à' électricité négutd^Cf Jl nous ^rrivei:]^ couvent d'employé^ ces dénominatiQns, bien quVU^ tiennent à un ^ystèo^e pù ^pn ^s^yp d'^^pli^ef tous les phénomènes p^ une seule ^leqricité , qui serait taptot en excèif pu en plus ^ ^ntpt e^ défaut pu Ç^ moins.
800. Pev Hvlflw ^|e#irfiipiep ei de y*«»t»t i||»ri|*el fliev çp^»* ^ De Ig rapidité avec laquelle Télectncité se répand sur toutp retendue des porps conducteurs, on conclut qu'elle e$( un ihndp exceafiiTement mobile; et ()e l'opposition qui e^te entre les électricités du verre et de la pésin^» on ixmdut qme C^ f^wàp fi^t double, c'est"àrdire qu'il y « dpux fluides électiîque^, cpum^e il y a dsuK fluides magnétiques. Ces deux fluides, combinés (entre eux par leur attraction mutuelle, ou neutralisée l'up p^M* T^tre, constituent Vétat naturel des iporps^ n^iis vienu^nt-i)^ à i^e décomposés ou séparés par un^ cause quelconq^ , 1^ actions cootrair^s qu'ils exercent au dehors ne peuv^njt plus se poqi^pensef eudemeat , et le icoips dans lequel cette décQpiposition, a eu lieu est un corps é^eptrisi^ : il es^ éhctrfsé ifitrfiusemenf ^ c'est le fluide vitré qui domine , et résineusemen$ si c'es^ Iç iîuid^ résii^eux. Quant au mode d'existenœ du fluide /électrique d^us Y'^ir téiienr des corps , tous les pfaénoniènes s^mblenjt ii^dJique^ qu'il ^ répandu dans les intervalles qui séparent les atpi^es pondérables, et que là il peut; éjire , de proche en proche^ dé(Con^o$é et iecoBi|M)8é, suivant les forces qui le soUidl^ei^. )1 y a ajoute- ^ une d^Sérence fondainentak entre le fluide ék^c^Tique et le ^uide magnétique < celui-<;i est enfernaé .dans les él^ngieut^ mar {■Miqiies, A fttut ^'y xnouyoùr, «uds û n'en {^ut siMÛr? Uf^
456 LIVRE m. — MAGNÉTISME ET ftLEGTRICITfi.
que le fluide électrique est libre dans tous les corps, il peut traverser dans tous les sens toute l'étendue de leur masse, et même il peut en sortir pour se répandre et s*accumuler sur les corps voisins. Cette vérité résulte évidemment de toutes les expériences que nous avons déjà rapportées, et nous la verrons confirmée par Tensemble des phénomènes électriques.
Lorsque nous développons de Télectricité résineuse ou vitrée dans un corps qui était d'abord à l^état naturel, il faut donc que rélectricité contraire se trouve pareillement développée, ou bien qu'elle soit détruite par la cause décomposante. 0^, la destruction d'un agent naturel ou d'une force n'étant pas moins impossible que la destruction de la matière elle-même , nous pouvons être assurés que jamais l'une de ces électricités n'est développée sans l'autre. C'est au reste ce que Ton peut vérifier par l'expérience , en frottant Tun contre l'autre deux disques isolés par des manches de verre (Fig. 7) : lorsque après le frottement on les tient unis, ils ne donnent aucun signe d'électricité ; mais dès qu'on les sépare , il est facile de reconnaître que l'un possède l'électricité vitrée, et l'autre la résineuse. Ces disques peuvent être de verre, de résine, de bois ou de métal; et si ron veut donner plus de variété à l'expérience, on y colle des fourrures, des étoffes , du papier, etc. , car l'espèce d'électricité ne dépend que des surfaces frottantes.
Un corps naturel possédant les deux électricités en égale proportion, il*semble d'abord qu'il n'y ait pas de raison pour qu'il prenne ou qu'il conserve l'un des fluides de préférence à l'autre; aussi est-il susceptible de devenir, par le frottement, tantôt résineux et tantôt vitré : par exemple , le verre est vitré quand on le frotte avec la laine ou la soie , et il est résineux quand on le frotte avec une peau de chat, une peau de loutre, et plusieurs autres fourrures. D y a pareillement des corps qui font prendre à la résine l'électricité vitrée , tandis que beaucoup d'autres lui font prendre la résineuse. Pour définir rigoureusement chacun des fluides , il convient donc d'ajouter que le fluide uitré est produit par le uerre frotté avec la laine^ et le résineux produit par la résine frottée avec la peau de chatj la laine ou la soie.
Concevons que l'on dresse une liste de tous les corps, en le rangeant par ordre de tendance électrique y de telle sorte que chacun soit vitré avec les suivants , et résineux avec les précédents ; alors on pourra reconnaître que des ciroonstanoes presque
CBAP. I. ~ FLUIDES ÉLECTRIQUES. 457
imperceptibles feront changer la place d'un corps dans cette Us^ : par exemple , une élévation de température le prédisposera à prendre l'électricité résineuse et le fera redescendre de plusieurs rangs, tandis que le refix>idissement le fera remonter , en le rendant plus vitré; une surface plus polie le fera pareillement remonter, tandis qu'une surface plus rugueuse le fera redescendre. C'est ce qu'il est facile de vérifier sur un tube de ▼erre dépoli. La couleur, la disposition des molécules ou des fibres, le sens de la firiction , et même la pression plus ou moins forte du corps frottant, pourront produire des résultats analogues : par exemple , un ruban de soie noir prend toujours Félectricité résineuse quand on le frotte avec un ruban blanc, et des rubans de la même pièce , étant frottés en croix , celui qui est immobile prend l'électricité vitrée, et l'autre, la résineuse. Il y a même des substances, comme le dUthène^ qui, sur certaines parties de leur surface , prennent Télectricité vitrée , et la b résineuse sur d'autres, sans qu'on puisse y reconnaître la moindre différence de température ou d'aspect. On peut varier indéfiniment ces expériences , avec des rubans de laine ou de soie , des bandes de papier, des pièces de fourrure et des corps conducteurs que Ion isole très-bien en les supportant par des tuyaux de plume.
910. De 1» cofluaiiiae»tlett de réleetrlellé. — L'électricité se communique au contact et à distance, mais toujours son mode de communication dépend de la conductibilité des corps et de rétendue de leur surface.
Au contact^ les corps très-mauvais conducteurs ne prennent ou ne perdent de l'électricité que dans l'étendue des surfaces touchées ; les très-bons conducteurs la prennent ou la perdent dans toute l'étendue de leur surface; et les corps intermédiaires, pour leur conductibilité, présentent des résultats intermédiaires, et prennent ou perdent l'électricité autour des points de contact, dans une étendue d'autant plus grande qu'ils sont meilleurs conducteurs.
L'électricité qui se communique à distance j se répand aussi sur les corps à raison de leur conductibilité, mais à son passage elle présente le phénomène curieux de Yitincelle électrique, U n'est pas nécessaire qu'un tube soit très-fortement électrisé pour qu'on voie, à la distance de plus d'un centimètre, briller une rive étincelle , quand on en approche une tige de métal ou
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même la jointure du doigt ; en même tempii on entoid un bruit sec j qui semble jaillir avec Tétincelle x nous yenona plus tard la cause du bruit et celle de la lumière. Quand le oorpa électriié est métallique 9 et qu'il ollVe une grande surfepe» comme les conducteurs 'de la machine, l'étincelle part à 9û| SO» 40 ou même 50 centimètres de distance; sa lumière ptend un édil éblouissant, et le bruit qui Taccompagne ^ppe Tair comme un coup de fouets
C'est Otto de Ouericke , Tinventeur de la machine pne^mad* que , qui vit le premier l'étincelle éleotriquei et plus tard, Ik« fay, dont nous venons de parler, exciu une grande admiration en démontrant que du corps d*un homme on peut faire jaillir des étincelles et des lames de feu, comme des conducteurs de la machine.
Pour en faire l'expérience , il Aiut monter sur un gâteau de résine bien sec, ou sur un isoloir ayant des pieds de verre, et communiquer avec la machine, soit en la touchant avec la main, soit en la touchant avec une tige ou une chaîne de métal : la personne qui se trouve dans cette position pe reçoit aucun choc lorsqu'on tourne la machine ppur développer de Télectii* cité ; seulement elle éprouve sur la peau , et surtout k la figura, Timpression d'un soufQe léger : ses cheveux se hérissent et hisr sent échapper des aigrettes de lumière. AUnps , si on approche d'elle la jointure du doigt, ou quelque corps conducteur, on en tire de longues étincelles , et Ton éprouve soirmême une oom' motion électrique qui n'a rien de dangereux. Si Tétincelle ne part qu'à la distance de quelques centimètres, on ne sent qu'une légère piqàre ; si elle part à 10 ou 15 centimètres, la seosatian se fait sentir jusqu'au coude , et tout l'avant-bras se fléchit d'un mouvement involontaire et irrésistible ; l'étincelle qui part à une distance plus grande, se fait sentir jusqu'à la poitiîne, et produit un ébranlement dans tout le corps « Alors on est averti qu'il n'est pas prudent de recevoir des étinceDes plus fortes. Pendant ce temps-là , la pei'sonne isolée qui communique à la machine ressent à peu près les mêmes secousses que la jpersonne qui l'approche pour en tirer des étincelles.
Soit que le partage de l'électricité se fasse au contact ou i distance, entre des corps bons conducteurs, ii se fait toujours en raison des surfaces. Ainsi, pour qu'un corps éleotrisé donne tonte son électricité, il faut le mettre en commumeatSpn avec une très-
CHAP. I. ^ GaMMUNIOATIÔH OB L'ËLECTiaCITÉ. 4K9
^nde surface , par exemple avec les murs ou le plancher de l'appartement, car les murs communiquent eux-mêmes avec le sol ou la surface de la terre j que Ton appelle le réserifoir com^ mun* En effet, une boule de cuivre, isolée à l'extrémité d'un manche de verre, ne tire des conducteurs de la machine que de très-faibles étincelles; tandis qu'elle tire les plus fortes étincelles, et décharge complètement les conducteurs, lorsqu'elle communique au sol par une chaîne conductrice (Fig. 32).
De ce qu'on n'est jpas brûlé par la lumière électrique , il n'en résulte pas que ee soit une lumière sans chaleur : en effet, nous verrons par les expériences suivantes que, dans beaucoup de cas, l'électricité agit comme le feu, et qu'elle devient souvent un agent chimique des plus puissants.
Une bougie qui vient d'être éteinte se rallume à l'instant lori* qu'on tire une étincelle à travers la mèche encore chaude.
L'étincelle peut enflammer l'éther et même l'alcool; ces Uqui* des sont dans un petit vase de métal, que l'on approche d'un corps électrisé, de manière que l'étincelle parte à la surface du liquide : le corps électrisé peut être une personne isolée commu» niqiiant avec la machine.
I45 pistolet de Volta est représenté (Fig. % ) : c'est un petit rase de métal qui se ferme par un bouchon de liège ; un fil ^e cuivre, terminé par deux petites boules 6, b\ passe du dedans au dehors sans toucher les parois, et, pour cela, on le mastique avec de la cire dans un tube de verre td ; l'étincelle qui entre par ce fil doit passer de la boule V à la paroi opposée , en tra« versant le gaz qi4 remplit le pistolet. Si ce gaz est détonant, s'il est, par exemple, un mélange d'hydrogène et d'air, ou mieux encore d'hydrogène et d'oxygène, dans les proportions qui font l'eau, l'étincelle détermine l'action chimique, la déto* nation a lieu, le bouchon est lancé au loin, et de l'eau est forméo.
Les eudiomètres à eau ou à mercure , dont on se sert aveo tant d'avantage pour l'analyse des gaz, sont disposés pour re« cevoir TétinoeUe électrique , à peu près comme le pistolet de Volta. Suivant la nature des gaz que ces appareils contiennent, il faut une étincelle plus ou moins forte pour déterminer la combinaison ! il importe donc de faire iranchir à l'électricité un espace assez grand ; les petites boules doivent être distantes au moins de 5 ou 6 millimètres. L'étincelle se donne avec l'élec* trophore (218).
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