‹ Éléments de physique expérimentale et de météorologie (volume 2)Chapitre 112 sur 217 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

Des Forces électriques.

219. Eics attvftcttons et les répnlalons éleetriqnes sont en raisen eoBipoeée des quantités de fluide, et en raison Inverse ds earré des dlstanees. — Cette loi fondamentale des actions électriques a été découverte par Coulomb, comme la loi fondamentale des actions magnétiques, et c^est par des moyens analogues, savoir, par la balance de torsion, et par les oscillations d'une petite aiguille, qu'il est parvenu à en démontrer la vérité. La balance électrique diffère peu de la balance magnétique : dans la construction de cette dernière, il faut éviter soigneusement remploi des corps ferrugineux ; dans la construction de la première, il faut éviter avec le même soin l'emploi des corps conducteurs. On la construit de la manière suivante : sur une table de bois très-sec, on établit par incrustation quatre grandes glaces carrées d'environ 1 mètre de côté (Pl. 17, Fig. 19); leurs bords verticaux sont travaillés de manière qu'ils se joignent très-exactement, et on les colle ensemble de peur que Tair n'y puisse trouver quelque issue. Une cinquième glace, un peu plus grande, s'ajuste sur les premières pour fermer exactement l'appareil ; elle est percée de deux ouvertures circulaires, l une au centre, sur laquelle s'élève un tube de verre f, de 30 à 40 centimètres de bauteur, et l'autre sur le côté, par laquelle on introduit les corps électrisés. Au-dessus du tube de verre est un micromètre pareil à celui de la balance magnétique ; le fil de cuivre ou d'argent qui est fixé au treuil de ce micromètre porte à sa partie inférieure une légère aiguille en gomme laque, très-bien équilibrée, et terminée par une petite balle de sureau ou par un disque de clinquant. Sur le contour de la cage, et vers le milieu de ^ bauteur est une bande de papier qui porte les degrés. Le fil de torsion doit toujours, comme nous l'avons vu, passer par le centre de ces divisions. Au fond delà balance, on met du chlorure de calcium dans une capsule, pour absorber l'humidité de l'air.

Pour déteiminer, avec cet appareil, la loi des répulsions élec-

474 LIVRE III. ^ MAGNÉTISIE ET ËLECTRICtTE.

triquesy on donne d'abord de rélectricité à la baUe de raiguillc suspendue ; et ensuite, à rextrëmité d'un tube de verre ou d'une aiguille de gomme laque, est une autre balle électrisée de la même manière, que Ton fait descendre dans la balance, avec la précaution de la maintenir à ti'ès-peu près sur la circonférence que la balle mobile peut décrire dans son mouvement révolutif. La répulsion s'exerce entre ces deux balles comme entre deux pôles magnétiques de même nom, et Texpérience s'achève, en effet, de la même manière. En donnant aux balles des électricités contraires, on détermine aussi la loi des attractions électriques comme celles des attractions magnétiques.

Pour démontrer que les attractions et les répulsions sont en raison composée des quantités d'électiicité, il faut s'appuyer sur ce principe évident de lui-même : que deux sphères conductrices et ^e même rayon, qui &ont mises en contact, se partagent également les électricités quelles possèdent. Ainsi, après avoir observé la force de torsion qui fait équilibre à Taction attractive ou répulsive des deux balles à une distance connue , si Ton vient toucher l'une d'elles avec une troisième balle isolée qui lui soit exactemcQt pareille, on lui enlève la moitié de l'électricité qu'elle possède, et l'on reconnaît que, pour la même distance, la force de torsion se trouve réduite à moitié. En prenant une seconde fois, par le même procédé, la moitié du fluide qui reste encore sur l'ime ou sur l'autre des balles, on réduirait encore la force à la moitié de sa valeur ; et, si Ton prenait simultanémeot la moitié du fluide qui se trouve sur chacune des balles, la force serait réduite au quart de ce qu'elle était.

Coulomb a encore constaté les mêmes lois, avec la même pré- 'dsion, en faisant osciller devant un globe électrisé une petite aiguille de gomme laque suspendue à un fil de soie, et portantà l'une de ses extrémités un disque de clinquant destiné à recevoir l'un ou l'autre fluide. Cet appareil devient tout à fait semblable à celui que nous avons décrit potur le magnétisme : seulement la réaction électrique qui s'exerce alors entre le globe et le disque est la seule cause des oscillations ; d'où il résulte que, pour de» charges ou pour des distances différentes, les intensités des forces sont entre elles couune les carrés des nombres d'osciDaùons que l'aiguille exécute.dans le même temps.

220» De la perte de l*éleetrieUé p»r l*»lr et par les bmt ports. — L'électricité des corps disparait avec le temps : elle se

Page 1