CHAPITRE yi
Électricité développée par la pression «t par la chaleur.
234. Nous ayons vu que deux «ur&ces ^pidoonquefi B*ékotrisent (mmt le frottement, Tune prenant le livide iriytré et Tafllre le jresioeux; novs avons vu pareillement que la ten&ion de Téiao- •tridtë qui se dévelop(>e dans ces circousUnoes dépend' de U nature des corps, de Fétat de leur surface, et de lenr tempéntare. Mais cette cause mécanique n'est pas la seule qui puisfe décomposer ou séparer les fluides : sous certaines conditions, les chaiaganents de pcessîon et de tempécaUire peuvent aufisî défclopper de l'électricité.
235. »é«tf#pt«me»t de létoetHelié pmm prmakmm. — On pott un dîsque de métal sur un taCGetas gommé; mi le relève easuile an mtojea d'an mandie isolant, apisès Tavoir on peu pRisiéy et Ton tioMve de Télectricité résineuse sur ce disque, et de U vilrée sur le taffetasu Gstte expéiienoe qne Toià doit à libes, n'ofe pas un candère décisif : l'adhérence qui s'établit entre la surface du métal et la «urfshce visqueuse du vernis produit un eflfet assez analogue au frottemenl:. Mais Hauy est parvenu à dére> lopper de l'électiâdiié dans un grand nombre de corpsl smûces lisses «t polies, et dans de telles circonstances <jpiele pfeénoBièoe est bien certainement dû a la pneaiion et ncoi jutf au feottement Par exemple, un fragment de ^ath calcaire, à faces parallcleS) étant poessé' pendaot un instant entre les 4oigts , acquiert «ne duurge très-sensible d'éleoizieilé vitrée; il en est de même de b topasse, de la diaux Auatée, du mica, de rarragonite, du^ttrUi et de plusieurs autres substances : toutefois l'espèce d'électricité qu'elles prennent dépend de la nature du corps qui les presse. Haûy a découvert en même temps une propriété très-curieuse des cristaux électriques par pression : c'est la faculté qu'ils ont de conserver leur électricité pendant plusieurs heures, et quelquefois même pendant plusieurs jours. La chaux carbonatée est, sous ce rapport, la substance la plus remarquable : elle possède une
GHAP. TL — ÊLEClSiaTÊ PAR Lk CfliBJNt. 844
uik force ^otmser^fiairwe y qu'après aroir été pre&êée un instant, elle <loiiBe emsose^ au bout de mize joare, des signes ele<xrâ{iieft «eoflibles (^«a. ^ef^ Ciûn. ^ de Phys, , t. V). C'est sur cette propriété que repose la construction de raîguîiie électrique de Haày , représentée (Pl. 17, Fig. 36); elle ressemble à faigoilie ordinaire, avec cette seule difïërenoe, qu'^â Tisne des eictrémités, au lieu d'un petit globule de métal, se trouve adaptée une petite lame de chaux carbonatée cc\ que l'on 'électrise en ia pressant entre les doigts; oet électroscope, conservant très-bien sa force primitive, est un des pkis râmples et des plus «eomaodes pour comparer appt*oxîmativement les tensions éleolnqaes des (lifférents corps qu'on lui présente. Ainsi, la faculté de déveVip* per de Téleccricîté par une pression donnée, celie de prenlre tel ou td lluâde, et cette de le conserver phis ou ma» ïangtenps , Mmt antMit de caeDaolièpes ^qui peuvent «ervîr à dîMîagtier et à dasser les cristaux.
236. Bm élMtplellés prmémÊUm yar 1» ehalew. — La te«r» maline a la propriété d'attirer et de repousser les cerps légers r dans les Indes, ei'sunioirt àCeylati, ou cette pierre «est très-commirae , ^oa s'anouse «de oette propnété depuis bien «des siècles, à pea près o^mme au temps de Platon les Gf«ecs s'ansusaient 4es attractions de l'annaint. Un phénomène aussi curieux 'ne pouvait éciapper à l'attentiom des voyageurs ou nséme desoommercaiils. Les Hollandais firent connattre les tom*maHnes en finrope , et , depuis «une oentaine d'années, les propriétés électriques doia; dies jouisseBt exercent la sagacité des physiciens. Vcnci les nésiiltafts géoéraux qui ont été découverts et constates par Gaoton, Wikon, Pdestl^, Bergmaon, £pinus <et Haiiy *:
1" Quand une tourmaline est électrique, elle pnésente tonjours veoii ks extrénûtés de sou axe deux poleg 'Càntraîres, fus agissant par du fluide vitré, et l'autre par du fluide résineux : -sa -ré» giou nuiyefflie ne donne aucun signe d'electridlé. Les f uides dectriqœs qui se développent dans fat toumialine'sont dene disnâiuéB à peu pires comme les fluides magnétiques, qui deviennent libces dans «a aimant cyUndrique ou prismatique.
2^ Une tounmdtne étaiit brisée tFan9v«ersa;kment pendant qu'elle est électrique, chacun de ses fragments offre deux pôles, disposés dans le anéme sens que les pôles primitifs; autre analogie remarquable eutie ie fluide éledriqiie des tourmalines et le fluide magnétaqoeides «mtaiits.
51 s LIVRE m. — MAGNËTlSltE ET ÉLECTRICITÉ.
Il était nécessaire d'énoncer ces deux lois générales de la distribution des fluides dans les tourmalines , pour comprendre les conditions du déreloppement de l'électricité et les singularités qu'elles présentent.
3^ Pour chaque tourmaline , il y a deux limites de tempénture entre lesquelles sont compris tous les phénomènes électriques ; au*dessus de la limite supérieure et au-dessous de la limite inférieure , la tourmaline se comporte comme les autres corps, et ne manifeste plus ai électricité polaire. Ces limites paraissent être souvent 10* et 150*; elles sont en général peu différentes pour les tourmalines de même dimension , mais elles varient arec la longueur.
4^ Entre ces limites, quand on chauffe une tourmaline régulièrement, c*est-à-dire de manière qu'elle éprouve à peu près les mêmes accroissements de chaleur sur tous les points de sa surface , ses pôles électriques commencent à paraître , le vitré à un bout, le résineux à Tautre, et ils restent ainsi durant tout le temps que la température change et 9 élève.
5® Une tourmaline ayant ses pôles par échauffement, si on h refroidit régulièrement, ses pôles disparaissent un instant pour reparaître ensuite ; mais, en changeant de position , le vitié prenant la place du résineux et vice versa j et ces pôles, par refroidissement j inverses des premiers, se maintiennent pendant tout le temps que la température change et s'abaisse.
6® La vertu polaire semble dépendre du changement de température, de telle sorte qu'à une température donnée, unetom^ maline peut se présenter dans trois états différents, savoir : à Téut naturel , si elle a été maintenue longtemps à cette température; avec ses pôles par échauffement, â elle y arrive en s'échauffiioti avec ses pôles par refroidissement, si elle y arrive en se refroidissant.
7^ Haûy a quelquefois remarqué un renversement des pôles pendant l'élévation de température, et un renversement contraire pendant le refroidissement : ce phénomène , qui ne se produit pis toujours, pourrait dépendre d'une différence de température entre les couches de la surface et les couches centrales.
8^ Une tourmaline, <:hauflee ou refiroidie par une de ses extrémités seulement, paraît, pendant quelques instants, ne posséder qu'une seule électricité dans toute sa longueur; mais, comme on voit toujours les deux électricités se dévelc^per en même temp*
GHAP. YI. — ÉLECTRICITÉ PAR LA CHALEUR. 513
dans tous les autres phénom^es électriques , quels qu'ils soient, il est naturel de supposer que dans ce cas, exceptionnel- en apparence, les deux fluides s^ trouvent encore, inégalement distribués dans la longueur ou dans l'épaisseur de. la tourmaline, et par^oonséquent inégalement perceptibles.
Pour yériSer toutes ces lois de Télectricité de la tourmaline, quelques observateurs , comioe Priestley , la faisaient chauffer et refroidir pendant qu'elle était suspendue à un fil , et Haûy la posait sur un petit appareil représenté (Pl. 17, Fig. 34).
Il existe un grand nombre de cristaux qui offrent des propriétés électriques analogues à celles de la tourmaline.
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