CHAPITRE YII
Électro-chimie.
J^ai essayé de réunir dans ce chapitre Fensemble des acdons chimiques qui m'ont paru appartenir essentiellement à la pfayâque par leur intime liaison aT€c les phénomènes électriques de la pile. Parmi ces phénomènes, il s^en trouve qui peuvent être rapportés à des principes généranx incontestables et désormais bien acquis à la science , mais il s^en trouve aussi , et c*est te plus grand nombre, pour lesquels on est force de recourir à des explications dont la rigueur laisse encore beaucoup à désirer. Le cadre de cet ouvrage ne m'a pas permis d'entrer toujoui5 <ians le détail des discussions , j'ai dû souvent me borner aux Saits eQXHnémes, en m'appliquanf , autant qu'il m^a été possible, à les rendre d'une manière claire et précise. S^ît m- est arrivé quelquefois de ne pas regarder oonome sufiSsantes des explica* tiens qui ont été proposées et qui semMeat généraiement ad- BEiiseS) ou même de passer sous silence des faits qui ne m*oiit pas para établis sur des données assez certaines, j'ai la confiance que les doutes qui se sont élevés dans mon esf»it , sur ces poàils délicats, ne seront pas mal interprétés par 1^ habiles physicieas qui sont plus directement intéressés dans la question , et pour les travaux desquels je professe une grande estime.
Ce chapitre est divisé en cinq parties :
5 1 . Décompositions chimiques produites par les courants.
5 2. Actions lentes produites par l'électricité.
S 3. Description des piles voltaïques de divers systèmes.
§ 4. Affinités chimiques modifiées par la lumière et Téleotricité.
§ 5. Diverses applications de l'électricité voltaîque.
5 1. Décompositions chimiques produites par les courants
électriques,
294. Nous avons déjà indiqué (239) l'appareil qui sert ordinairement pour la décomposition de l'eau (Pl. 23, Fie. 10);
CHAP. Vn. — ÉLECTRO-CHIMIE. 6M
ses deux fils de platine étant mis en communieation , l'un avec le pôle poâîiif , et Fautre avec le pôle négatif de la pile , Fean est décoBiposée; la cloche du pâle pcisitif se remplit d'oxygène, et celle du pôle n^atif d'hydrogène. Cet appareil se nomme voUamitre; il peut recevoir des dispositions différentes : celle qui est représentée (Pi.. 22 , Fig. 27, 28), et qui est décrite (2d5), est assez commode. Cependant, dans mes dernières recherches^ /ai adopté de préiéreBce la disposition qui est indi* quée (Pl. 24, Fig. 1); les appareils jt, 7, jj, entièrement de ▼erre, servent à mettre les cloches en place et à les retirer lors* 4|tt elles oontienneat des liquides que Ton ne peut pas toucher ftvec les- doigts.
H. Farscday a pvoposé d'appeler électrodes les fils du voltamètre, et en général les fils conducteurs qui sont d'une part en communication avec la pile , et de l'autre avee un sûlieu sm^ lequel le oourant exerce des actions chiraiqiies. Gefte expression, heureuMmcnt choisie, a été acceptée ; ainsi dans toute action ekimique de la pile nous aurons à considérer les deux électrodes, XHectnnle positif et V électrode négatif y qui pourront être, l'un et Tautre, formés d'une substance conductrice quelconque . La Mtore des électrodes exerce, en général, une double influence : lune sur l'intensité même du courant, eonmie nous l'avons déjà coastaté (â95), l'autre sur la nature des composés chimiques ?â se peuvent fermer.
Les physiciens paraissent disposés à accepter aussi l'exprès- ^^^électrolyte qui appartient, comme la précédente, à la nomenclature de M. Faraday; électrolyte signifie corps décomposahle for le courant électrèffite; et de même électrofysation signifie fiécon^osition; phénomènes électroljtiques ^ phénomènes qui appartiennent à la décomposition , etc.
Béevmpoflitkni de Teaa. — L'eau pure ne peut être décom* posée que par de fortes batteries ; comme on reconnaît d'ailleurs q^ la présence d'une proportion infiniment faible d*un acide , <l'aB alcali, ou d'un sel, rend l'eau beaucoup plus rapidement <^mposable par le même appareil, on est porté à conclure que la décomposition très-lente que Ton observe dans l'eau la plus pure, dépend peut-être, ou de l'air, ou de quelques autres Parcelles étrangères qu'elle tient en dissolution. Il a'y a , dans 1 éuit actuel de la science, aucun intérêt sérieux à résoudre la
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question, et à savoir si Teau parfaitement pure est ou n est pas absolument indécomposable par le courant électrique.
En parlant de la décomposition de Teau, nous supposerons donc toujours qu'il s* agit d'un eau acidulée ou idcaline ; oa a coutume de mettre dans les voltamètres d'épreuve, de Teau contenant depuis j^ jusqu'à ^ d'acide sulfurique ordinaire; dans ce cas, l'acide sulfurique n'est jamais décomposé, et Toq recueille un volume d'oxygène au pôle positif et deux volumes d'hydrogène au pôle négatif.
Lorsque les électrodes sont de platine, le métal n'est pas attaqué d'une manière appréciable ; quelques physiciens pensent qu'il est en partie oxydé; mais il ne paraît pas que jusqu'à présent on ait recueilli une masse pondérable de cet oxyde, pour en constater les caractères, soit par l'analyse, soit par Tétude de ses propriétés.
Quand l'électrode positif se combine aisément avec Foxygène, sous la double influence de l'électricité et du milieu ambiant, l'oxygène entre en totalité en combinaison, aucune bulle ne se dégage de F électrode ; alors plusieurs phénomènes divers peuvent se présenter : si l'oxyde est soluble dans l'électrolyte ou dans le bain, il se dissout à mesure qu'il se forme, pour composer un sel dont il est l'acide ou la base ; sil est insoluble et conducteur, il devient lui-même électrode, et l'action continue; mais en général une partie de l'oxygène sa dégage, tandis que l'autre continue à oxyder l'électrode primitif; enfin, si l'oxyde est insoluble et mauvais conducteur, l'électrolysation cesse bientôt tout à fait , à moins que l'on n'emploie des courants trèsénergiques qui le détachent à mesiu*e qu'il se forme : dans ce cas, une partie de l'oxygène se dégage encore, et il se forme un précipité.
Aussitôt que l'oxyde est entré en combinaison pour former un sel , il arrive souvent que ce sel est insoluble : alors il se précipite ; mais, s'il est soluble, il éprouve presque toujours luimême une décomposition; aloi's les phénomènes électrolytiques deviennent analogues à ceux que présentent les dissolutions salines dont nous devons nous occuper un peu plus loin.
Sans enti-er à cet égard dans de trop longs détails, nous devons citer quelques exemples : dans l'eau acidulée avec l'acide sulfurique, si l'on excepte l'or et le platine, et sans doute ceux qui sont chimiquement dans la même section, tous les niéuux