GBAP. VU. — INÉGALITÉ DE PUISSANCE DES POLES
Quant aux chlorures alcalins, les phénomènes sont diflerents : le pôle négatif, sans être exclusivement efficace, est encore prédominant pour le chlorure de magnésium; mais c'est le contraire pour les chlorures de potassium, sodium, baryum, etc. Ici, c'est le pôle positif qui devient prédominant, à tel poiAt que le chlorure décomposé par le fil négatif est à peine le quart de celui qui est décomposé par le fil positif. Pour le chlorure de calcium, la comparaison est plus difficile, à cause d'une absorption considérable de chlore qui se fait au pôle positif, sans doute pour former un bichlorure.
J'avais commencé cette série d'expériences avec les appareils qui sont représentés dans les figures 7 et 9. Le premier se compose de deux tubes droits, terminés à leur partie inférieure par un petit diaphragme mince, de terre cuite poreuse, luté à la glu marine sur les bords du tube ; le second n'a qu'un seul diapliragme à Tune des extrémités du tube siphon qui établit la communication entre les liquides des deux vases. Mais le trans^ port mécanique de liquide qui se fait daas ces appareils empêche l'exacte comparaison de la puissance relative des pôles. En général, le tube positif perd une partie de son liquide au profit du vase intermédaire, qui en donne à son tour au tube négatif.
Ce transport mécanique, ou cette espèce di endosmose , se fait quelquefois avec tant d'énergie, que le tube positif se vide complètement ; c'est ce qui arrive, par exemple, avec une dissolution peu concentrée de potasse, même lorsque les deux tubes et le vase intermédiaire contiennent primitivement le même liquide.
297. PMes Biiiltlpleft. — Tout en regrettant de ne pouvoir donner ici de plus amples développements aux recherches que j'ai faites sur les actions chimiques de la pile, je dois encore mentionner un fait que j'ai constaté , et qui n'est pas sans importance pour l'explication théorique de ces phénomènes compliqués : c'est qu'un liquide devient lui-même un électrode par rapport aux autres liquides avec lesquels il est en contact, ce qui donne naissance à des pôles multiples dans les liquides soumis à Taction du courant. Je n'en citerai qu'un exemple. Supposons que le tube 1 (Fig. 4) ait été, avec des précautions convenables, rempli de deux liquides superposés, dont la couche de séparation soit en a ; au-dessus de a est de l'eau pure , et au-dessous , comme dans toute la branche négative, est un chlorure trèsdense, par exemple, du chlorure de zinc. Aussitôt que l'on fait
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paiser un courant d'une ini;ensité oonyeaable, le wq «e dépose sur le fil négatif; rien ne se dégage sur le fil positif^ et, ap?è& peu d'instants, Taction devient de plu# en plu$ vi?e, et Ton constate que Teau contient une proportion plus ou moing considé* rable d*acide chlorhydrique. Donc le cldore résultant de la àè^ cqmpositiou du cldorure est venu jusqu'à la surface de séparatioo a, et là il s'est combiné avec l'hydrogène résultant d<i la décomppsitiop d^ VeaU| de telle sorte que la colonne d'eau a été pôle positif par rapport au chlorure de la colonne de chlorure, et pôle négatif par rapport à l'eau.
Cette conclusion devient encore plus frappante , lorsque les communications sont établies en sens inverae, comme on le voit dans le tube S (Fig. 4); car, à la surface de séparation en a, il se forme une couche d'oxyde de zinc trè«*épais6e 9 e% $i, quand elle est formée, on change Tordre des communications, on la voit disparaître peu à peu ; puis on peut la reproduire et la détruire de nouveau, plusieurs fois de suite*
|je tube 3 de la figure 4 représente la même expérience, ayac du clilorure de fer. Les apparences en sont un peu différantes, parce que Ipxyde de fer se forme un peu au«dessus de la couche de séparation, et présente plusieurs pai*ticulariléa dignes de remarque, par les mouvementa singuliers qui se manifestent.
Enfin, la figure 6 est un autre exemple des pôles multiples. Sur le diaphragme poreux ^ déposent quelques parcelles métalliques, qui forment ^ l'instant un double pôle, sur lequel les ramifications métalliques se développent avec une rapidité surprenant^} ï^i ▼u quelquefois, surtout pour les iel« de cadmium, qu'elles s'accroissent en longueur de plus de 1 centimètre par seconde , et il ne faut qu'un instant pour qu'ellea se propagent jusqu'au fil positif.
899« l|ée<iwpfisitlo« 4eft MenU^* -^ Sur ime lamo de platiné qui communique avec le pôle positif de la pile , on pose une plaque épaisse de potasse un peu huniide, ensuite on vient li toucher au centre avec un gros fil de platine communiquant su pôle négatif; dès que le courant est établi, on voit autour de œ fil une multitude de petits globules métalliques qui dispani&*sent bientôt en brûlant avec éclat : c'e^t du potassium; il est trop combustible à l'air pour se réunir en masse un peu considé* rable. Lorsqu'on veut le recueillir, on creuse un peu, au oen* tre, la plaque de potasse, on y met une large goutte de merao*
GHAP. VU. — DECOMPOSITION DES ALCALIS. 6A7
qui devient Fëleptrode négatif dès qu'oq y plonge h fX de pIa-> tiuej alor$ le poi^&^iup[i réduit forme avec le mercure un an^al^^ game, d'où on }e séps^re ensuite en le distillant, sous Thuile de naphte, dans un tube recou^-bé que Ton ferme après en ftyoir chassé Tair.
Sans mercure , il faut une pile énergi<|ue pour électrqlyser la potasse d'une manière sensible; au moyen de la goutte de merciu-e, pn obtient le potassium) jxièvfie ^ssez rapidement, avec des piles qui ne sont pas très-fortes.
Le sodium s'obtient de même par la soude un peu humide; le baryum par ri>ydratp de baryte, mis en pâte sur le mercure ; le lytbium, le strontium. If- magnésium et le caleium, par le ipéme procédé,
299, ]iiMf»|iif|«ii« M^oolfqiies. — On possède déjà des expé» riences assez nombreuses sur les effets que de puissantes batte-* ries peuyent produire en agissant sur de Talcool absolu, dans lequel on a fait dissoudre des alcalis ou des sels. Cependant , les composés très^divers et très^omplexes qui se forment dans ces circonstances, n*ont pas encore été étudiés avec assez de soin pour que Ton puisse se rendre pompte de toutes les réactions; parmi ce^ compo^é^ , nous citerons seulement le carbonate de potasse et une matière résineuse qui se sont produits Tun et Tautre au pôle positif d'une dissolution de potasse dans Talcool.
300. Passivité ilvi f<pr« "— ' On avait remarqué depuis long<p temps que, sous certaines conditions, le fer àe\ifiïit passifs c'està-dire que, en contact ayec les acides oxygénés, et particulièrement ayeo Tacidp azotique môme concentré, il conserve son éclat, n'éprouve pas la moindre action, et se comporte enfin comme ferait du platine, M. Schœnbein a rappelé Tattention des physiciens sur ces phénomènes singuliers; il les a étudiés de nouveau avec une rare sagacité et une persévérance bien digne d'éloges. Je ne puis donner ici qu'une fi^ible partie des expériences curieuses de M* Schœnbein ; et, pour )e faire, j'éprouve mêmt^ beaucoup • d'embarras : dans un sujet aussi neuf, lorsqu'il s'agit d'actions dont les causes sont si cachées et les effets si imprévus, on court grand risque de se méprendre sur là valeur des faits, de négliger les plus essentiels et de mettre en relief ceux qui ont la moindre importance • H faudrait du moins pouvoir énumérer toutes les conditions sous lesquelles le fer prend la passivité, et tputes les conditions sous lesquelles il peut
la perdre ; mais, dans Tétat actuel des choses, cette simple énumération m'entraînerait trop loin , parce qu'on n'est pas encore parvenu à saisir des caractères généraux assez tranchés et assez décisifs. Voici, toutefois, les expériences qui me semblent les plus remarquables : je les tire des deux derniers mémoires de M. Schœnbein sur ce sujet. {Ârchiçes de Vélectricité^ 1842, t. Il, p. 267, et 1843, t. III, p. 81.)
On se sert d'une pile simple dont chaque fil aboutit dans un godet plein de mercui*e ; chacun de ces godets est ensuite mis en communication avec Vcleclrolyte^ au moyen d'un fil ou d'une bande de métal ; l'un de ces fils est ainsi Télectrode positif. Vautre l'électrode négatif. Pour l'électrolyte, M. Schœnbein emploie dans un vase de verre 1 1 volumes d'eau et 1 volume d'acide sulfurique : c'est ce qu'il appelle Y auge de décomposition. L'électrode négatif est un fil de platine, l'électrode positif un fil de fer ordinaire; si c'est celui-ci qui ferme le circuit, et qui le ferme en touchant l'eau et non le mercure , le fer est passif, il ne s'oxyde pas, et, bien plus, il n'y a pas d'hydrogène à rélectrode négatif.
Le fer redevient actif, et seulement pour quelques secondes, V quand on Ta touché un moment dans le liquide avec Téiectrode négatif; 2° quand on a interrompu le courant dans quelques-uns de ses points pour le rétablir l'instant d'après ; 3* quand on met en contact avec le fer, et dans le liquide, un morceau de métal oxydable, zinc, étain, cuivre, argent ; 4® quand on a fait une puissante dérivation du courant, en plongeant dans les deux godets un fil de cuivre de quelques centimètres de longueur, que l'on enlève immédiatement après ; 5** enfin quand on agite vivement la portion de fer qui plonge dans le liquide.
Si, au lieu de fermer le circuit par le contact du fer et de l'électrolyte, on le ferme d'une autre manière, le fer est actif d'abord pendant quelques instants, puis il redevient passif.
Si, pendant que le fer est passif, on fait des observations diverses en établissant la communication d'une manière pennanente entre les deux godets de mercure, on observe des phénomènes divers suivant l'intensité de ce courant dérivé ; s'il a une grande intensité, il ne produit nul effet sur le fer; pour une intensité moindre, il rend le fer actif d'une manière permanente; pour une intensité moindre encore, son effet cesse de nouveau; toutefois, avant qu'il soit assez diminné pour ne plus agir, on