CHAP. VIL — PILE ORDINAIIIS DE WOLLASTON
zinc n'étant pas amalgamé, il y a une action, même quand les deux pôles ne communiquent pas entre eux ; par conséquent, il y aune dépense inutile d'acide et de métal. Il est probable aussi que rafTaiblissement rapide que la pile de Wollaston éprouve dépend de cette cause bien plus encore que de Taffaiblissement des acides. On éviterait sans doute une partie de ces inconvénients en|employant du zinc amalgamé ; mais il ne parait pas que le cuivre puisse jamais être aussi efficace que le platine platiné pour dégager Thydrogène. Il y aurait des recherches intéressantes à faire pour analyser les causes véritables qui affaiblissent si rapidement le courant dans les piles de cette espèce*
Pile de Yeny. — La figure 20 représente la disposition qui a été imaginée par M. James Young, pour composer des batteries d'un très-grand nombre d*éléments , occupant très-peu de place {Phil. mag., 1837, t. X, p. 241). p est rensemble de la pile en action ; p' montre au contraire, sur une plus grande échelle, les détails de la construction : on y voit la feuille de zinc telle qu'elle doit être découpée , avec l'appendice a qui se soude à un appendice pareil de la lame de cuivre, qui est aussi exactement découpée conmie celle de zinc; seulement, en les unissant, la bande b qui joint les deux parties d'une plaque est mise toujours d'un côté pour les zincs, et toujours de l'autre pour les cuivres. Au moyen de cette disposition, chaque zinc est entre deux cuivres, et chaque cuivre entre deux zincs. Il en résulte que, comme dans la pile de Smée, le zinc étant attaqué et chargé d électricité négative, cette électricité se communique métalliquement au cuivre auquel il est soudé ; ainsi , c'est au même instant que tous les zincs et tous les cuivres sont chargés d'électricité négative ; par conséquent, l'hydrogène, qui est, lui, chargé d'électricité positive, trouve À une petite distance une surface négative qui l'attire, et sur laquelle il vient se dégager, après y avoir déposé son électricité positive. U importe beaucoup dans les piles de cette espèce que les éléments zincs soient atta- «jués avec la même énergie , précisément parce que les deux cuivres qui enveloppent un zinc ne reçoivent pas de lui l'électricité négative qui doit neutraliser l'électricité positive de l'hydrogène que ce zinc a mis en liberté.
'Ue de Hnaeb. — La figure 21 représente une disposition de pile encore plus simple que celle de Youiig, elle est beaucoup plus facile à construire, et réunit exactement les mêmes avan-
tages. Cinquante éléments occupent à peine 3 décimètres de longueur ; il suffit de quelques baguettes de bois pour les tenir réunis, et d*une auge de bois mastiqué pour contenir le liquide où ils doiyent plonger. Rien n'est plus commode que cette pile; ^e n'a que peu de poids et peu de volume ; ses effets sont énergiques et assez durables. En prenant soin d'amalgamer les zincs (et leur forme s'y prête aisément), cette disposition, imaginée par M. Munch, de Strasbourg, me semble de beaucoup la plus avantageuse lorsqu'il s'agit de réunir un grand ttond>re d'êé^ aients.
ÉlémeMt de 8tvr|peoA. — La figure 19 représente un élément analogue à celui de Smée et imaginé par M. Storgeon ; il se compose d'un vase cylindrique de fonte de 250 millimètres de bauteor et de 76 millimètres de diamètre ; on le remplit d'un ii« quide composé de 8 parties d'eau et 1 d'acide sulfîirique; au centre, on plonge un cylindre ou une lame de zinc amalgamé, reposant sur un petit disque de b(HS. Les phénomènes qui se produisent id som identiquement les mêmes que dans Télément de Smée. L'hydrogène se dégage en abondance»sar la paroi in* térieure du vase de fonte ; il parait que Vintensité du courant est plus grande quand cette paroi a été oxydée ; on comprend, en effet, ou que l'hydrogène réduit cet oxyde quand il existe, ou qu'il se dégage plus facilement sur les molécules et sur la aspérités du fer révivifié. Une pile de 8 ou 10 âàoaents est capable de produire des efEets énergiques.
. ÉléflMMt de MTkeatatoae. — > Cet élément est représenté dam la figure 2ô ; il se <x>mpose d'un vase poreux de terre rouge à moitié cuite, que l'on remplit d'un amalgame pâteux de âne; ot vase repose au centre d'un vase de verre ou de porcelaine que l'on remjJit de sulfate de cuivre; dans l'amalgame on plongeai fil de cuivre qui est le pâle négatif de la pile; autour du me poreux et dans le bain de suUkte de cuivre est une lame de cuivre communiquant à un fil de même métal et formant le pôle positif de la pile. Le zinc de l'amalgame est attaqué aveck temps, même quand le fil positif et le fil négatif ne communi* quent pas; mais l'action est faible : au contraire, si les fils communiquent, l'action est vive, l'eau est décomposée, le zioc s^oxyde, l'amalgame devient négatif, et cette électricité négative se transmet immédiatement à la feuille de cmvre qui plonge dans le bain de sulfote de cuivre; l'hydrogène positif, résultant
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de la décomposition de l'eau , se rend donc au cuivre, et là , il réduit l'oxyde du sulfate pour donner lieu à un dépôt de cuivre métallique, tandis que Tacide devient libre pour se combiner HYec l'oxyde de zinc. Ainsi, pour un équivalent de zinc oxydé, il y a un équivalent de cuivre révivifié. Le sulfate de zinc qui se forme s'élève au-dessus de l'amalgame. Cet élément a une force sensiblement constante, autant du moins que le vase poreux permet une circulation également libre des liquides, et que la di^ solution de sulfate de cuivre est maintenue i un degré couve* nable de saturation.
ÉlémMit de B»sratioM (FiG. 22). — Comme pile à un seul liquide je dois mentionner encore un appareil à chlorhydrate d ammoniaque, imaginé par M. le prince de Bagration , et particulièrement convenable, à ce qu'il paraît, pour les expériences de galvanoplastique. Cette pile, dont je n'ai pas eu occasion de me servir, se construit en mettant dans un vase de verre ou de bois des cyhndres ou des lames parallèles de zinc et de cuivre, à une petite distance l'une de l'autre. Le vase est en partie rempli de terre ou de sable, et arrosé de temps à autre avec du chlorhydrate d'anunoniaque ; des conununications convenables sont établies entre les plaques de zinc et de cuivre.
Les piles de Smée, de Wollaston, de Young, de Mundi, de Sturgeon et de Wheatstone , dont nous venons de parler, ont ce caractère commun, qu'elles sont toutes à un seul Uquide ; que Télectricité y est toujours produite par la décomposition de l'eau, résultant de l'affinité du zinc pour l'oxygène ; que les deux métaux qui les composent s'y trouvent l'un et l'autre à l'état négatif par la communication plus ou moins conductrice qu'ils ont entre eux au dehors du liquide, et que l'hydrogène qui est positif ne vient à l'élément non oxydé, platine, cuivre ou fonte, que parce que cet élément est chargé de l'électricité négative qu'il a reçue do zinc, et peut ainsi, en décomposant l'eau en sens inverse, c'est-à-dire en prenant l'hydrogène, compléter la chaîne des décompositions successives entre toutes les molécules Uquides qui séparent les deux métaux.
La tension électrique élémeutaue de ces diverses piles peut cependant être variable ; il en est de même de la quantité d'électricité développée sur une surface donnée, à cause des états divers dans lesquels se trouve le zinc, à cause de la conductibilité propre du liquide, et enfin à cause de Tétat différent dans
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lequel se trourest les surfaces sur lesquelles Thydrogène se dégage ou se combioe pour opérer des révivifications métalliqiies.
308. Pour types des piles à un seul liquide, nous aTonsdiobi de préférence Télément de Smée» parce que les phénomènes s' j accomplissent d*une manière simple et régulière. Pour les piles à deux liquides, nous choisirons par les mêmes moùfs Télémeot de Daniel!, qui a d'ailleurs Tavantage de donner facilemeat des courants d'une intensité constante.
ÉléateMt de Danlell. — Cet élément est représenté sous trois formes différentes dans les figures 24, 26, 30. L'élément de la figure 24 est celui qui m'a servi à déterminer les lois de Fintensité des courants hydro-électriques (voy. n^ 28â et suivants). le vais d'abord eu donner la description : il se compose d'un cjlindi'e creux de cuivre rouge très-mince a, lesté avec du sable h^ et fermé de toutes parts; le fond intérieur c est plat, et le fond supérieur d est conique ; au-dessus de la base de celui-ci s'élère un rebord e, percé de plusieurs trous /*; ce cylindre s'engage dans une vessie g qui vient se lier autour du rebord 6, mais aodessus des trous f. On verse sur le cône d une dissolution satu* rée de sulfate de cuivre , qui tombe par les trous f et qui vient remplir tout l'espace compris entre la vessie et le cylindre; ensuite on met sur le même cône des firagments de sulfate de cuivre que l'on renouvelle à mesure qu'ik se dissolTcnt dans le liquide, qui doit toujours les baigner un peu : un mandion de zinc A, qui est fendu sur sa longueur pour s'élargir à volonté, est plongé dans une dissolution de sulfate de zinc ou de chlorure de sodium, contenue dans un vase i de verre ou de faïence. On met le cylindre de cuivre dans le manchon de zinc, et les deux bandes de cuivre/? et n , soudées l'une au cylindre et Taotre au manchon, représentent les deux pôles de l'élément ; àh qu'on établit entre elles une communication métaUique , on obtient un courant d'une intensité constante, pendant des heures > des journées entières, si cette communication reste la même.
Pendant que le courant se produit et que son intensité s observe avec les boussoles dont nous avons parlé (284), le cylindre de cuivre se charge d'un dépôt de cuivre métallique révivifié, qui est en général pulvérulent et sans adhérence, et la dissolution de sulfate contenue dans la vessie s'appauvrirait rapide-