CHAP. VII. — PILE DE SSIÉE
n^tÎTement , tandis que l'oxygène lui-même et la molécule de zinc qu'il oxyde, remis sensiblement à l'état naturel, se chaîne» Font par cette combinaison , le premier d'électricité positive , et le second d*électricité n^atire. Mais ces électiicités égales et contraires ne pourront pas entrer dans le courant, car il faudrait qu elles pussent passer isolément dans les conducteurs métalliques, et Ton ne conçoit pas oonunent cela serait possible. Il en est de même des électricités égales et contraires qui résultent de Faction de Tacide sulfurique sur Toxyde de zinc. Ainsi, les deux fluides développés par les actions secondaires sont contraints de se recomposer directement entre eux , et le courant ne se peut composer que des fluides» contraires développés par V action primitiifey c'est-à-dire par la décomposition de Teau.
Cependant il reste à voir pourquoi l'électricité positive de l'hydrogène parait sur la lame de platine : on peut admettre qu'à l'instant où les communications sont établies , l'électricité négative dont les lames de zinc sont chargées par le fait de la première oxydation, passe immédiatement par les fils ou par les conducteurs sur la lame de platine , qui , se trouvant ainsi électrisée négativement, attire les molécules d'hydrogène qui sont chargées d'électricité positive.
Si les phénomènes se passent réellement de la sorte, la pile de Smée, éprouvée au condensateur, ne doit pas se comporter comme certaines piles à deux liquides, où il y a une double action; c'est, en effet, ce que j'ai constaté par l'expérience.
Il paraît bien certain, d'ailleurs, que l'électricité résultant de la décomposition de l'eau est la seule qui constitue le courant dans la pile de Smée; car, s'il en était autrement, la loi de Faraday ne pourrait pas être exacte. En effet, l'eau acidulée décomposée par deux électrodes de platine, ne donnerait pas la même quantité d'hydrogène que le même Uquide décomposé pa^ un élec- ^ode positif de zinc , puisque l'électricité d'oxydation tiendrait lieu d'une certaine quantité d'électricité de décomposition. Voici, au reste, une série d'expériences de MM. Boquillon et Silberttuinn , qui en donne une confirmation directe. MM. Boquillon et Silbermann ont disposé un grand .élément Smée de manière à recevoir exactement tout l'hydrogène qui se dégage sur la lame de platine ; chaque opération a été prolongée assez long- ^mps pour donner au moins 7 ou 8 litres d'hydrogène, et le plus souvent jusqu'à 17 ou 18 litres. En même temps le fil po-
mO LIVRE III. — MAGnfiTISlIE BT ËUSCTRICITË.
sitif de rëlément arrivait à une plaque de enivre plongeant dans un bain de salfate de cuivre, tandis que le fil négatif arrivait à un moule métallique, plongé dans la même dissolution en regard de la plaque de cuivre. Les comomnicalions étant établies, Yé^ lément Smée éprouvait les actions dont nous avons paxié, tandis que dans le bain de sutfaie de euvvre le mode du pôle n^tif recevait du cuivre révivifié, et le cuivre à» pôle posittf se corrodait et se transformait en salfate dé cuivre , pour mcûatenir h dissolution à Fétat de saturation. Aucun gaz n'apparaissait dans le bain de sulfiite de cwvre m au pote positif, ni au pâle n^tîf . A la fin de chaque opération, rkjdvogène recueilli sur le fdadoe de Tâérnent était jaugé avec soin : on en déduisait le poids en faisant toutes les corrections de pressicnt, de température et d*état hygrométrique; pareillement on pesait avec soin le moule, pomr en déduire le poids eorvespondant du ravie déposé ; ensuite on divisait celui-ci par le premier pour avoir leor rapport. Plus de trente opérations de cette espèce ont donné, pour ce rapport, des nombres extrêmement voisras : la moyenne est 31,66; le nombre le plus fart est 32,88, et le plus fiiibte 30,20. En multipliant le nombre 31,66 par l'équivalent de Tliydrogène 12,50, on trouve 395,76 pour l'équivalent du cuivre, pour lequel les analyses diîmiques les plus exactes donnent 395,69.
Noos remarquerons d'abord que ces expériences sont d'autant plus décisives, qu'elles portent sur des masses suffisantes; lorsque, dans des expériences de cène nature, on s'attache à comparer des milligrammes, on court toujours le risque de commettre des erreurs qui sont de Tordre des nombres qne Ton coin» pare.
Nous remarquerons ensuite qu'elles conduisant à deux conséquences importantes : 1® c'est que, dans Fappareil de Smée, Tâectricité qui constitue le courant résulte exclusivement de l'eau décomposée, et contient absolument tous les Suides électriques résultant de cette décomposition ; 2* que l'équivalent de cuivre engagé dans le sulfate exige pour sa révivification autant d'électricité négative que l'équivalent d'hydrogène en dép^ par sa combinaison avec l'oxygène , conmote nous l'avons annoncé plus haut.
Il me reste à indiquer maintenant les avantages que Von trouve à amalgamer le zimc et à phtiner le plaUne,
CHAP. VU. — PILE DE SMËB. 68i
Lorsque le zînc n'est pas amalgamé, il est directement attaque par les acides, même quand ils sont étendus d'une grande quarn tité d'eau ; alors l'hydrogène se dégage «ur la surface même du âne. Que devient rélectricité positive dont il est nécessairement diaiçé à l'instant ou il se sépare de l'oxygène? C'est un point sur lequel il est permis de conserver encore quelques doutes : du moins je ne connais aucune expérience qui tranche la question d'une manière dédsive. Il me paraît cependant assez j)robable que les phénomènes se passent conformément à ce que l'on admet en général , c'est*à-dire qu'il se forme sur la surfiice même du zinc divers éléments galvaniques; quelques points moins disposés à l'oxydation deviennent des pôles où se porte l'hydrogène, et tiennent lieu par conséquent de la lame de platine de l'élément que nous décrivons ; alors la communication entre le pôle négatif, ou le point oxydé , et le pôle positif ou le point qni ne l'est pas, s'établit par l'intérieur même de la masse de zinc. Il parait impossible en eflet que les molécules d'hydrogène, même à l'état naissant, cèdent au liquide mauvais conducteur oÀ elles se trouvent, la totalité de l'électricité positive dont elles sont chargées à l'instant de leur séparation : si elles la cèdent, ce liquide doit être positif au condensateur; si elles ne la cèdent pas, elles doivent se d^ager avec de l'électricité positive sensible au condensateur; mais si elles vont la perdre sur quelques points du zinc, le condensateur ne doit rien recevoir, ni du zinc, ni da liquide, ni des bulles d'hydrogène.
Dans tous les cas, la couche de mercm^e, en s^amalgamant avec le zinc, change cette disposition ; le zinc, comme nous l'a** vons vu, cesse d'être directement attaquable; il le devient seulement quand le zinc et le platine communiquent par un conducteur convenable ; et cependant , au moment ou cette communication est établie, le zinc devient en quelque sorte plus oxydable que s'il n'était pas amalgamé, car on peut à coup s6r obtenir dans le même temps plus de sulfete de zinc sur la même surfaœ, que l'on n'en obtiendrait d'une plaque Kbrc et non amalgamée. Il y a là des recherches à faire pour se rendre un compte exact de ceaf phénomènes, et pour reconnaître si le contact du mercure avec le zinc qu'il a dissous ne modifie pas jusqu'à un certain point les affinités chimiques.
C'est M. Kemp qui a le premier fait connaître tous les avantages que Ton pouvait tirer du zinc amalgamé, dans la composi-
6S9 LIVRE m. — MACNÉTISHE ET ÉLECTRICITÉ.
tton de5 appafeib Yoltaîques(yoiirna/ de Jamesom^ décembre 1826; Smée, Electro-metallurgXj 1841, p. 12).
Le rôle du platine platiné parait plus accessible à la théorie. 0 est bien constant que, suivant Tétat dans lequel il se trouve, le platine a la propriété de se couvrir plus ou moins facilemeQl d*une couche gazeuse qui empêche le contact immédiat du liquide, et par conséquent des éléments gazeux qui se rendent à sa surface faisant fonction d'électrode positif ou négatif. Soit à raison de ses aspérités, soit pour quelque autre raison, le platine pladnê paraît moins propre à retenir ses <x>uches gazeuses ; c'est pourquoi il agit conune corps meilleur conducteur, et donne beaucoup plus d'énergie au courant.
Ce dépôt de platine noir sur les lames de platine, qui constîtoe le platine platiné, s'obtient en plongeant les lames de platine bioi décapées, dans une dissolution de double chlorure de potassium et de platine, et en les mettant en conununicatîon avec le pok négatif d'une pile qui n'ait pas trop d'intensité, le fil positif plonge dans la dissolution, et le platine se dépose. Si le pôle positif est lui-même une lame de platine, cette lame est attaquée par le chlore, et la dissolution conserve son degré de saturation.
M. Smée avait eu l'idée d'employer des lames de plaqué d'argent, pour les platiner ensuite; mais le poli de l'argent se prête mal à cette opération et ne donne pas d'assez bons résultats. M. Boquillon a imaginé, à cet égard , un perfectionnement important : il prend d'abord une lame mince de cuivre du commerce, il y dépose une couche de cuivre, en disposant l'appareil pour que ce dépôt soit rugueux et couvert de petites aspérités; par une seconde opération, il couvre cette première couche d'une couche d'argent qui participe au même état superficiel, et c'est sur cette couche d'argent .({u'il dépose enfin le platine pulvérulent et adhérent qui donne à la lame et au plus haut degré la propnêlé de dégager librement l'hydrogène.
Il est présumable qu'avec les plaques de M. Boquillon, qui sont plus efficaces que celles de M. Smée, on pourrait augmenter un peu les proportions des lames de zinc par rapport à celle de plt* tine platiné.
nie «rdlMAlre de Wellaslea. — Ce que nous venons de dire de la pile de Smée nous dispense d'entrer dans de longs détaibsor la pile ordinaire de Wollaston (Fig. 9, 11, 12); les actions cfaimiques et électriques sont pareilles, avec cette différence que le