CHAP. VII. — DORURE AU TREMPÉ
même étendue, la dorure au mercure yarie de 50 à 250 mlUigrammes.
Domre galvanique. — C'est à M. de La Rive que Ton doit (Tavoir, dans ces derniers temps , rappelé Tattention des physiciens et des chimistes sur les avantages que Ton pouvait tirer des courants électriques pour Tart de la dorure. Les indications qu'il avait données ont été successivement modifiées et perfection-» nées : il y a, à cet égard, un conflit de priorité entre les brevets de MM. Elkington , de Ruolz et BoquiUon , sur plusieurs condS*» txons qui paraissent indispensables au succès des expériences. Sans entrer ici dans aucune discussion des titres que les inventeurs divers peuvent avoir à des exploitations industrielles pri* ▼ilégiées , je vais indiquer en peu de mots le procédé tel qu'il est employé en ce moment dans quelques ateliers. On mélange des dissolutions de cUorure d'or et de cyanure de potassium, dans des proportions qui ne sont point restreintes entre des limites très-étroites; ce mélange peut être plus ou moins concentré et plus ou moins chaud ; contre la paroi intérieure du vas^ qui le contient, on suspend une lame d'or qui fait fonction d'électrode soluble, et I^on procède comme pour la dorure au trempé , avec cette seule différence qu'ici les fils qui portent les pièces sont mis en rapport avec le pôle négatif d'une pile , tan- £s que le pôle positif communique par dCvers points à la lame d'or dont nous venons de parler. Dans cette opération , comme dans celles que nous avons décrites pour le cuivre, l'intensité du courant doit être réglée d'après diverses conditions relatives à la température du bain, à son degré de concentration en or et même en potassium , et surtout à l'étendue des pièces soumises simultanément à son action.
Ce procédé s'applique non-seulement au cuivre et au laiton, mais à Vargent, au maillechort, au fer, à l'acier; cependant les conditions d'adhérence ne sont pas les mêmes pour les différents métaux : il paraît que sur les premiers on arrive à les remplir d'une manière assez satisfaisante ; mais il est encore à craindre que lès dorures du fer et de Facier ne laissent à cet égprd beaucoup à désirer.
L'argenture se fait identiquement de la même manière, en employant un bain de cyanure double d'argent et de potassium. Le cobaltage et le nickelage s*obtienneht de même par les cyanures doubles de ces métaux.
M. Becquerel a présenté récemment à T Académie des sciences {^Comptes rendus^ mars 1844, p. 449) des échantillons remarquables de métaux recouverts de couches minces de platine, de cobalt, de nickel, de palladium, d'iridium, etc. La méthode qu'il a suivie pour les obtenir est analogue à celle de la dorure an trempé, dont nous avons parlé plus haut; elle consiste à préparer une solution de double chlorure métallique et alcalin, et à remployer à une température comprise entre 0 et 100®. Les pièces convenablement décapées sont plongées et légèrement agitées dans le bain , puis après quelques instants, une minule à peu près , elles sont retirées , lavées à grande eau et sécbées à la sciure chaude.
Nous indiquerons, comme exemple, la préparation du chlorure double de platine. « On prend une dissolution de platine aussi neutre que possible, on verse dedans une solution concentrée de potasse pour opérer sa décomposition. On lave le précipité, d'abord avec un mélange d'alcool et d'eau, puis avec de Talcool ordinaire pour enlever Texcédant d'alcali sans dissoudre le double chlorure, ou du moins le mélange de double chlorure et de plàùnate de potasse. On a alors celui-ci parfaitement neutre, puisque sa solution dans Tean distillée ne change pas la couleur de papier de tournesol rougi par un acide. Cette solu* tion , étendue de deux ou trois fois son volume d*eau , sert à obtenir le platiné^ en opérant à 60 ou 70* au plus. »
Dépôt des oxydes et coloration des métaux par V oxyde depïomh.
517. Priestley paraît être le premier qui se soit occupé de la coloration des métaux par 1 électricité ; il rapporte dans ses ou« vrages un grand nombre d'expériences sur ce sujet. Son procédé consiste a faii'e passer des décharges électriques au travers de lames polies de métal , deux pointes opposées et rapprochées de la lame dirigeant le courant , à peu près comme dans l'expérience du perce-verre. Il paraît que le métal des pointes est détaché par la décharge, et vient former sur la lame des anneaux concentriques de diverses nuances , qui dépendent de l'épaisseur de la matière étrangère qui est ainsi étalée et comme incorporée à celle qui constitue la lame elle-même.
Nobili était parvenu aussi à colorer les métaux , mais par un