CHAP. X. — TÉLÉGRAPHES A CADRAN
roue à rochet; il touche toujours la roue et empêche qu'on ne la tourne à rebours ; l'autre x ne la touche que par une saillie terminale et à Tinstant où la dent passe ; il ne la touche pas quand cette saillie se trouve Tis-à-vis le vide qui sépare deux dents consécutives.Deux fils de communication, lun supérieur, Tautre inférieur, dont chacun est lié à Tune des extrémités du fil des bobines de rëlectro-aimant, viennent du coté du manipulateur s'attacher, le premier au pôle positif de la pile, et le second, au ressort j, tandis que le ressort x communique au pôle négatif; alors, quand on tourne avec la main l'aiguille du manipulateur, d'un mouvement régulier et continu, à raison d'un tour par seconde, on entraine la roue et l'on détermine par seconde treize fermetures et treize ruptures de circuit, qui font ainsi faire une révolution juste à l'aiguille du récepteur. Par conséquent , si les deux aiguilles sont d'accord, si, par exemple, elles partent ensemble du signe -4- qui est inscrit en haut des deux cadrans et qu'on appelle le finale elles passeront ensemble sur la lettre A, sur B, surC, etc., et se retrouveront ensemble sur le final après la révolution achevée. Une fois mises d'accord, elles doivent rester d'accord, à moins que le levier de l' électro-aimant du récepteur ne soit mal réglé et ne laisse passer une fermeture ou une rupture sans exécuter son mouvement.
Cela posé, tout le mystère du télégraphe est éclairci. Veut-on, par exemple, écrire FRANCE, il est convenu que l'on part toujours du final ; le stationnaire qui parle prend donc son aiguille au fiual, et d'un mouvement uniforme, non saccadé, il la conduit sur F, où il fait une petite pause de \ de seconde ; il passe à R où il fait la même pause, à A, à N, à C, à E, en faisant toujours une pause égale ; puis il termine le mot en revenant au final, pour passer ensuite au mot suivant ; pendant ce temps-là, l'aiguille du récepteur, par l'effet de Télectro-aimant comme par une invincible sympathie, répète et reproduit à l'instant même tous les mouvements de la première, se mettant en marche avec elle, passant en même temps devant les mêmes lettres , s'arrêtant quand elle s'arrête , juste pendant la même fraction de seconde, reprenant sa route comme elle, au même instant, pour s'arrêter de nouveau avec elle pendant ^ de seconde, et ainsi de suite, avec la plus infaillible fidélité , tant qu'elle est soumise à l'influence du courant. On peut dire que l'aiguille du récepteur est comme une plume merveilleuse qui écrit à cent lieues la
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pensée de celui qui envoie la dépêche et qui récrit plus vite qu^il n'est donné à la main de le faire avec une plume ordinaire.
Chaque station doit avoir une pile, un manipulateur et un récepteur; le stationnaire qui reçoit la dépêche tient sa pileetsoQ manipulatein* en repos au dehors du circuit ; il n'a qu^une seule chose à faire : suivre des yeux Taiguille de son récepteur pour lire ce qu'elle écrit, ou plutôt pour voir ce qu'elle dit. Lorsqu'à son tour il doit prendre la parole, il ôte son récepteur du circuit an moyen d'un commutateur; il y met du même coup sa pile et son manipulateur; il fait sonner Y alarme^ c'est-à-dire la docfae de h station à laquelle il veut parler ; il la fait sonner de nouveau jusqu'à ce qu'on lui réponde; alors son oorrespondant est prêt à l'entendre; il a aussi, lui, au moyen d'un commutateur, fait une manœuvre inverse : il a oté du circuit sa pile et son manîpulatair pour y introduire son récepteur; il a fait tout cela en pouasant im bouton, ce qui lui a pris moins de temps et courte moins de peine que s'il avait eu à faire nn signe de la main pour dire : « Parlez, je vous écoute. »
C'est ainsi que l'on fiiit la conversation comme si ron était en présence assis à la même table.
Cet appareil est l'un des premiers qui aient été employés. Noos l'avons décrit sous la forme que M. Froment lui avait donnée ily a quelques années dans le modèle qu'il avait fait pour le cabinet de la Faculté des sciences. On est parvenu depuis à des fbnna qui donnent encore plus de vitesse et plus de sûreté dans Ja transe mission des dépêches; les dérangements qui se présentent quelquefois ici résultent :
1* De ce que l'encre d'échappement du récepteur donne uae assez forte secousse à la roue qu'elle frappe akemaûvement de droite et de gaudie, et qu'elle peut quelquefois laisser passer une dent au lieu d'une demi-dent, à cause de la vitesse d'impulsion;
2^ De ce que la main de celui qui fait tourner l'aiguille (h manipulateur n'a rien pour te guider et surtout rien po«ir s'arrêter au point précis ou elle doit faire sa pause. Alors la moindre incertitude qu'elle éprouve ou en avant on en arrière peut produire quelque désaccord entre les aiguSIes.
Télë^aphe A M#rMi de M. Bre^mt* — Il estTepré9eIltë(PL• 26,FtG. 10, 11, 11 bis). La figure 11 fri> montre le cadran on 1» vue de face du récepteur; on voit que ce cadran est double; a
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7 en a un pour les lettres et un pour les cfaiffires; c^est psr un signal coDTenuque celui qui reçoitla àépèAe est arerti qu*il £aut passer du cadran des chif&es à celui des lettMs on tfice verêa.
La figure 11 montre le récepteur tu par derrière et hors de sa boîte, afin que Ton puisse en bien comprendre le mécanisme.
Enfin la figure 10 représente le manipulateur tu de Sàce sur la gauche de la planche.
Cet appareil, qui est digne de la réputation de M.Sreguet, et qui a été accueilli avec une grande liKveur, se 'distingue surtout par deux choses importantes :
V Par un petit mouvement d'horlogerie qui tend sans cesse à faire mouvoir la roue a (Fig. 11), sur laquelle est montée Tai* guille du cadran du récepteur; ainsi l'électro-aimaiit cesse d'être le moteur; il n'est plus qu'un interrupteur, permettant au mou» vement d'horlogerie de faire passer une dénudent de la roue, et l'arrêtant juste au moment où elle est passée, lui permettant de Cadre passer la demi-dent suivante pour l'an^èter encore et ainsi de suite :
2** Par l'échappement particuUer que M. Breguet amis sous la dépendance de l'électro-aimantpour qu'il remplisse bien sa fone» tion, c'est-à-dire pour qu'il laisse bien échapper juste une deviident à chaque vibration d'aller et une demi-dent à chaque vibration de retour.
Essayons de faire eomprendre ce mécanisme qui fonctionne avec tant de régularité.
Deux petites palettes x et/ sont montées sur un axe od, qui est seulement un aïke d'oscillation : elles sont à une distance Tune de l'autre égale à la moitié de l'intervalle qui sépare une dent de la suivante, ou à une demi-4oogtteur de dent}; leur hauteur est telle, que la dent de la roue a ne peut pas passer sans les rencontrer, si elle les trouve sur son chemin ; mais elle ne les 7 trouve pas toujours, et surtout jaHiais elle ne les y trouve les deux à la fois ; supposons que la palette a soit en prise, qu'une dent soit venue heurter contre elle et s'y arrêter^ alors la palette jr n'est pas en prise, elle n'est pas même tout à fait sur le chemin de la dent; elle est, par exemple, un peu en arrière du plan de la rone d'échappement, telle que la représente la figure* Si maintenant l'oscillation de l'axe cd amène en avant le haut de la palette x et la dégage , le haut de la palette y est lui-même amené en avant : elle entre en prise en se préseaUnt aur le che-
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min de la dent qui vient la frapper de front et s'y arrêter ; U roue a donc avancé d'une demi-dent et pas davantage. Une oscillation contraire de cd fait repasser la palette y en airière en la dégageant, et en m^e temps ramène en prise la palette i, qui arrête la dent suivante et ainsi de suite. C'est donc par les oscillations alternatives de Taxe cd que chaque palette est tour à tour mise en prise ou dégagée et que la roue £iit en conséquence, à chaque fois, passer une demi*dent. Mais quelle force doit agir sur cd pour lui imprimer ces mouvements altematiis contenus entre les limites prescrites pour que l'appareil fonctionne avec régularité ? Tout le monde le devine : ce rôle est dévolu au levier de l 'électro-aimant : ici l'électro-aimant est horizontal: on ne voit que ses deux extrémités circulaires tout en haut de l'appareil: l'armature t^ mobile autour de l'axe kh^ porte un levier à fourchette gi qui vient prendre une goupille du petit bras zàe l'axe cd. Ainsi, à chaque mouvement de Tarmature vers l'électro-aimant, gi vient en avant : il dégage xet engage j\ à chaque mouvement de l'armature du côté du ressort qui h rappelle, gi passe en arrière ; il engage :ret dégage y^ on a donc ici la certitude qu'un seul mouvement ne peut faire passaqu'ilne demi-dent, et qu'il la fait passer en effet si le ressort de l'armature est convenablement réglé d'après la force du courant.
On aperçoit au coin de gauche sur ki vue de fiice (Fig. 1 1 his un petit cadran c qui est précisément destiné à régler la tension du ressort de l'armature. On voit aussi sur la même figure un petit bouton b qu'il suffit de presser pour remettre l'aiguille du cadran siu* le final sans l'intervention du courant, lorsqu'eUe se trouve en désaccord par suite de quelques dérangements ou de quelques réparations; ce bouton imprime à l'armature les mouvements d'oscillation qui font marcher l'aiguille.
Les deux fils de communication arrivent à deux boutons (Fig .11) qui sont eux-mêmes en rapport électrique chacun arec un bouton pareil , recevant l'une des extrémités du fil de l'électro-aimant, comme l'indique la figure.
Le manipulateur de M. Jbreguet est aussi disposé d'uoe manière ingénieuse (Fig. 10) : sous le cadran se trouve, dans une pièce de métal, qui est liée avec l'aiguille, une rainure circulaire et si nueuse , dont une portion s a été rendue visible en déaurant la partie correspondante du cadran; un levier ahc^ mobile