‹ Éléments de physique expérimentale et de météorologie (volume 2)Chapitre 188 sur 217 · CHAP. X. — TÉLÉGRAPHES A CADRAN · texte numérisé non relu

CHAP. X. — TÉLÉGRAPHES A CADRAN

autour du point b , va par un appendice et un galet s'engager dans cette rainure, qui fait ainsi, pendant qu'elle tourne, avancer ou reculer le petit bras ab^ tandis que le grand bras bc éprouve un mouvement correspondant et opposé; de telle sorte que l'extrémité c vient successivement presser ou le ressort qui est lié à l'arrêt /", ou le ressort qui est lié à l'arrêt d\ dans le premier cas, il y a fermeture du circuit ; dans le second cas , il y a rupture. Il faut remarquer que dans cette rainure sinueuse, les paiv ties les plus voisines du centre correspondent aux lettres de rang pair et les plus éloignées aux lettres de rang impair ; ainsi, pour A il y a rupture, pour B fermeture, pour C rupture, etc., etc. ; par conséquent lorsqu'on fait tourner Taiguille g avec une manette convenablement disposée, on fait tourner en même temps la rainure sinueuse, et Ton détermine ces fermetures et ruptures alternatives du circuit. L'aiguille g du manipulateur et l'aiguille du récepteur (Fig. 11 et 11 bU) ayant été mises d'accord, on voit que celle-ci fera tous les mouvements de la première comme dans l'appareil à cadran ordinaire , avec cette différence qu'il y a ici beaucoup moins de chances de dérangements.

On voit de plus, sur le pourtour du cadran du manipulateur (Fig. 10), des crans marqués dans le métal et correspondant à* chaque lettre; ces crans sont destinés à empêcher toute espèce d'incertitude dans les mouvements de Taiguille g^ parce que la manette qui la fait tourner se relève un peu pendant le mouvement, et porte une cheville qui vient s'engager dans les crans pour s'arrêter d'une manière absolue et sans hésitation.

Par ces heureuses dispositions M. Dreguet a remédié à la plupart des inconvénients que présentait le télégraphe à cacjiran or* dinaire que nous avons décrit tout à l'heure.

Chaque station doit encore ici être munie d'un récepteur, d'un manipulateur et d'une pile, le récepteur étant mis dans le circuit pour recevoir la dépêche, tandis que le manipulateur et la pile y sont mis à leur tour quand il s'agit de prendre l'initiative et de parler aux autres stations.

Télé^aphe A eadraii et A elavlev de M. Fremeat* — Le plus récent des télégraphes à cadran, et assurément l'un des plus parfaits, est celui que M. Froment a présenté à l'Académie des sciences et à la Société d'encouragement en 1851 ; cet appareil semble réunir à un très-haut degré tous les avantages désira-

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bles dans les télégraphes de cette espèce; la descriptioa en a été publiée dansle£tt//«^ijt de la Société d'encouragement{jkQ^\%h\\ d'après un rapport que j'en avais fait, et j'emprunte à ce recueil les figures qui* me semblent les plus propres à faire comprendie ici le principe de cette invention.

Le télégraphe à cadran de M. Froment est surtout remarquable par la perfection du manipulateur, et par la réunion permanente du manipulateur et du récepteur (Pl. 27, Fie. 1, 2, 3, 4): ces figures sont au cinquième de candeur naturelle.

La figure 4 représente le plan ou la vue en dessus de Tenaemble de l'appareil ; on y distingue les vingt-huit touches du dévier, qui forment la partie extérieure du manipulateur, et qui sont sous la main de celui qui envoie la d^éche exactement comme les touches du piano sont sous la main du pianiste; les lettres et les difiEérents signes s'y trouvent gravés en même nomhte et dans le même oidre que sur le cadian du récepteur qui est vu en élévation (Fie. l)t et qui se trouve établi à demeore sur la caisse dn davier..

Ce récepteur est muni de sa doche d'appel don( le marteau est mis en mouvement par im électro-aimant particulier adapté contre la porte de Tappareil et très-ingénieusement disposé. Lorsque cet électro^aimant a été introduit dans le circuit au moyen des commutateurs que Ton voit en m et en n (Fie. 4), il suffit que Ton presse une touche du clavier dans Tautre station, qui veut correspondre, pour que le marteau donne l'éveil par ses vibrations répétées.

Quant à Télectro-aimant qui fait mouvoir Taiguille du cadran, il est ajusté à peu près comme celui du récepteur de la planche 26 (FiG. 6), que nous avons décrit plus haut; mais par la formes , les dimensions et le parfait ajustement des pièces, M. Froment a pu donner à Téchappemeat un àeffé de pnécision et de sûreté qu'il n'avait pas.

Essayons maintenant de faire comprendre le mécanisme à haliilement combiné du manipulateus, et d'expliquer comnent la main de celui qui envoie la dépêche , en .se promenant sur scm clavier avec la plus grande {H^stesse , £ait marcher l'air guille du récepteur de la station qui la reçoit^, de telle sorte qu'elle signale in&illiblement toutes les lettres qui ont été toa-

Dans la caisie du clavier, à l'extrémilé de droite, se trouve

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an mouyement d'horlogerie h (Fig. 1), destmé à faire tourner sur lui-même un arbre d'acier aa , mince , droit et très-rigide qm Ta d'une extrémité à l'autre de la caisse. Au bout fde cet arbre , à droite, est montée une roue à rochet r, qui se Foit de iace dans la coupe transversale (Fig. 2) ; c'est la dernière roue du inouyement d^hovlogerie ; elle tend à tourner avec une grande TÎtesse, par exemple, 1 , 2 ou 3 tours par seconde, et par con* séquent à imprimer cette vitesse de rotation à l'arbre d'acier (ta qui la porte; mais il y a un cliquet qui l'arnète, dimt le proloB» gement est un peu saillant en avant, et par conséquent un peu saillant à droite dans la coupe (Fig. 2) ; il faut presser sur oe prolongement c pour d^ager le cliquet et permettre à la roue de tourner. Or, il se trouve une longue règle zz (Fig. 1), droite^ mince et légère, ingénieusement suspendue et équilibrée par une sorte de parallâogramme , qui descend parallèlement à ellemême, pour peu qu'on la presse en un point qudoonque <le sa longueur; c'est elle qin vient «presser à son tour le proloage» ment du cliquet, et qui donne ain» à l'arbre d'acier la libôté de tourner; mais, aussitôt qiae l'on cesse d'agir «ur «etiterègle zz^ elle reprend sa place, le cliquet la sienne, et tout mouyement s'arrête. On devine que les touches sont précisément destinées à produire cette pression et par conséquent le mouvement de rotation qui en est la suite ; en effet, la règle zz est suspendue sous les touches , et s^abaisse «u moment où l'on vient mettre le doigt sur l'une d'elles.

Jusque-là toutes les touches produinûent le même effet , il &ut arriver à les différencier et à imprimer à chacune un caractère propre ; M. Froment y parvient de la manière suivante : sur l'arbre d'acier aa sont plantés autant de bras qu'il y a de touches, c'est-à-dire 2S; ces bras b (Fig. 3), tous égaux et perpendiGulaires, divisent en %% parties égales la longueur de l'arbre comprise entre la première et la dernière touche , ils divisent de mâme sa circonférence en 2S parties égales, formant ainsi la révolution complète d'une hélice , dont une moitié seulement ,est représentée sur la coupe transversale (Fig. S). De plus, chaque touche f (Fig. 2, 5), porte, au mileu de son épaisseur et dans le point convenable de sa longueur, une cheville d'arrêt î , sous laquelle le bras correspondant de l'arbre d'aâer passe librement quand la touche est dans sa position naturelle , mais contre laquelle il Tient heurter et s'arrêter quand la touche est abaissa

et pressée par le doigt. Oa vient , par exemple , presser la louche F , à rinstant Tarbre tourne jusqu'à ce que le bras correspondant à cette lettre vienne rencontrer sa cheville d* arrêt; là, le mouvement de rotation cesse , et il ne reprend pas quand ou lève le doigt, parce que le cliquet s'engage dans la roue r; on passe à la touche r , nouvelle rotation proportionnée à l'intervalle qu'il y a entre p et r , c'est-à-dire de ^ de circonféreocc pour chaque lettre, et par conséquent de ^ de circonférence; puis nouvel arrêt, et ainsi de suite.

Il ne reste plus qu'une question à résoudre , celle de sarolr conmient la main , en passant d'une touche à l'autre , détermine le nombre voulu de fermetures et de ruptures de circuit, pour que l'aiguille du récepteur marque tous les signes qui lui sont eu quelque sorte dictés par les mouvements de la main. Cette question est résolue de la manière la plus simple : Vautre extrémité de l'arbre d'acier, celle de gauche (Fig. 1), porte une roue analogue à celle des manipulateurs (Pl. 26, Fig. 2 et 5), seulement son pourtour contient iA dents et 14 espaces Tides, para que le clavier a 28 touches; le contact du ressort et d'une dent produit la fermeture du circuit , tandis que le passage d'uu vide devant la saillie du ressort produit la rupture. Alors on comprend que l'aiguille du récepteur étant sur le final -+• , il feui, pour que le clavier soit d'acord , que le bras de l'arbre d'adei qui correspond à la touche marquée du final +9 soit précisément sous sa cheville d'arrêt; les bras correspondant aui lettres a^bjCj rf, etc., se trouvent ainsi respectivement à des distances de leur arrêt de ^, ^, ^, etc., de cireonférence; donc, si l'on presse une touche quelconque , on déterminera juste U rotation voulue pour que l'aiguille du récepteur vienne s'arrêter sur la lettre correspondant à cette touche, et le même accord x soutient ainsi indéfiniment. On peut l'éprouver par une^ exp^ rience curieuse : passez la main d'un bout du clavier à l'autre d'une manière quelconque, autant de fois que vous voudrezi aussi vite que vous voudrez, sans ordre ni attention aucune, pressant même plusieurs touches à la fois, le récepteur ei le clavier nauront pas perdu leur accord; en mettant le doigt sur une touche, vous verrez l'aiguille du récepteur marquer cette lettre, comme si l'on venait de régler l'appareil.

Il j avait cependant quelques difficultés , soit pour les lettres doubles , soit pour d'autres détaib ; mais M. Frohnent a troirr^

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