‹ Éléments de physique expérimentale et de météorologie (volume 2)Chapitre 3 sur 217 · CHA^. I. — DE L'ESPACE · texte numérisé non relu

CHA^. I. — DE L'ESPACE

gneiii» et les distance»: uae longoeor d'un pas.oi» deéîx^fNis^sl! une chose qui nous est familière, et nous concevons aveetaméme^ facilité la distance qui nous sépare d^un point éloigné de Thorizoo, ou même celle qui nous sépare du soleil ou des étoiles. Nous €X)iiiprenons tous de la même' manière les étendues en sq*< perfide , comme la surface d*un grand lac ou la surface de la mer, et les étendues en volumes, comme un mètre cube de marbre'' ou de pierre, le yolume d*une maison ou celui d'une montagne. Coneerons donc un mètre cube de marbre qui soit suspendu a» milieu d'une masse d'eau*; nous savons qu'il' peut être déplacé, et qu'à l'instant Feau vient remplir la place qu'il occupait : maiS' imaginons que l'eau n'y vienne pas, qu'elle soit arrêtée de qod** qoe manière ; ou plutôt coneevons que le cube de marbre puisse être anéanti , qu'il ne reste de Im que ses six faces-, et qu'elles saient capables de retenir Feau exactement des six cotés diffiérenis. Ce Tolume où il n'y aurait plus de marbre , et où il n j aurait point d'eau, ni aucune antre chose, c'est de \ espace , c'eat Te^ f^ùe qu'occupait le mètre cube de marbre et que nous pouvons concevoir privé de tante matière. Quelques métaphysiciens Fap^ peOent Yespace pur^ et les^ physiciens l'appellent Vespaee çide, Mous en avons limité Tétendue pour en avoir une idée plus juste; mais ce que nous disons d'un mètre cube pourrait se dire d'un* Tolume beaucoup plus grand. Nous pouvons concevoir qu'une montagne s'anéantisse , depuis son sommet jusqu'à sa base , et notre esprit conserverait encore l'idée du volume ou de l'espace qu'elle occupait. Il en serait de même de tout le globe de la terre; et il ne faut pas plus d'effort pour concevoir le volume qu'il occupe que pour concevoir le volume occupé par me bille de billard ou par un boulet de canon.

Au-dessus de nos têtes est Tannosphère , et au^essos de l'at^ mosphèreestlevidedu ciel. Nctre esprit peut s'élever aus» dans ces régions : il peut se fatiguer à les pareourir dans tous les-seae; il reneontre, au nûlieii de ces espaces , dee corps analogues à laterre «des astres sur lesquels il se repose; mnis<jueHe distance les sépare, quel abîme est au delà? Cette voûte du ciel n'est qu'une ' apparence ; elle n'a rien de solide , et flftt-elle solide comme du diamant, notre esprit ne s'y arrête pas ; il en pénètre la profondeur ; il poursuit l'espace au delà de cette voûte et au delà des étoiles ; il conçoit que toute limite est impessâ>le ; il embrasse l'immensité et conçoit quelque chose de plus grand-. Ainsi l'es*

pace est indéfini pour nos conceptions, et, par conséquent, infini dans la réalité.

Une portion limitée de Tespace est dans notre langage ce que nous appelons Yétendue ; mais il peut arriver que Ton dise Tespace d'un mètre cube , au lieu de dire Tétendue d'un mètre cube. Il n^en résulte aucune confusion poui* les discussions physiques.

3. D« Temps. — On dit communément que Thomme, à Ta^ pect des phénomènes natm*els, prend l'idée de succession et celle du temps. Ainsi, dit-on, le printemps succède à l'hiver et le jour à la nuit; voilà l'idée de succession : l'eau qui coule succède à Teau qui s'est écoulée , le flux de la mer succède au re» flux ; voilà l'image du temps. Mais il n'est besoin ni de phéno-» mènes extérieurs, ni d'aucune action produite sur nos sens, pour que nous ayons présentement l'idée du temps : nous pensons et nous avons la conscience de nos pensées ; nous pensons successivement, et nous avons l'idée de succession et de continuité. Sans doute, ce phénomène intérieur ne nous permet de compter ni les heures , ni les jours , ni les années ; mais avoir l'idée du temps et avoir le moyen de le mesurer sont deux choses différentes. Tous les mouvements extérieurs pourraient être suspen-» dus, les astres pourraient cesser de tourner, les nuages pourraient être immobiles, l'eau cesser de couler; et cependant au milieu de ce repos universel, nous saurions encore que le temps se peut subdiviser, bien que nous n'eussions plus alors aucune mesure de ces subdivisions.

L'idée du temps et celle de Tespace se retrouvent dans toutes nos perceptions et dans toutes nos idées, le néant est incompré» hensible pour nous, ou plutôt, quand nous essayons de le comprendre, nous ne comprenons autre chose que l'espace et le temps.

4. Be la Hatlére el des divers états des eorps. — L'idée d'espace est une idée complète, qui se suffit à elle-même, c'est* à-dire que nous pouvons concevoir l'espace et rien dans cet espace ; mais elle n'est point une idée exclusive avec laquelle rien ne se puisse associer. Dans l'espace , nous pouvons concevoir V impénétrabilité^ et l'impénétrabilité, c'est la matière. On n a pas raison de dire que la matière a deux propriétés [essentielles : Yétendue et V impénétrabilité ; ce ne sont pas des propriétés, c*est une définition. On conçoit l'impénétrabililé ; on l'appelle matière, et voilà tout.

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