‹ Éléments de physique expérimentale et de météorologie (volume 2)Chapitre 63 sur 217 · CHAP. I. ~ FUSION ET SOU0IFICATION · texte numérisé non relu

CHAP. I. ~ FUSION ET SOU0IFICATION

bien des fleuves et peut«-étre bien des mers qui ne seraient autxe chose qae d'immenses glacâers.

La {dupait des corps ne possèdent pas cette propriété excepuoonelle de Teau , à Fétat solide ils sont en général plus denses que le liquide de même température qui vient de les former.

Cependant le bismuth brise les tid>es de verre dans lesquels il se solidifie ; et M. Ermami a observé un phénomène analogue dans l'alliage de 4 parties de bismudi, 1 de plomb et 1 d'étain : cet alliage singulier se dilate en se congelant , et il a un maximum de densité à Tétat solide^ vers 44^.

On doit à M. Rodberg des observations très-intéressantes sur la solidification de divers alliages métalliques de plomb et d'étain, d'étain et de bismuth, d'étain et de zinc, de zinc et de bismuth {Jm. de Chym. et de Phys., t. XLVUI, p. 363). Par exemple , lorsque Talliage binaire de plomb et d'étain est formé de 1 atome de plomb et de 3 atomes d'étain , il se solidifie à environ 187^; mais, s'il est formé en d'autres proportions, il présente deux points de solidification : l'un fixe y à 187*, l'autre mobile^ d'autant phis élevé au-dessus de 187* qu'il y a un plus grand excès de plomb ou d'étain au-dessus de la proportion précitée de 1 atome de plomb pour 3 d'étain. Il en résulte évidemment qu'il se forme alors deux alliages différents, qui restent mélangés jusqu'à ce que le refroidissement en opère la séparation. Les autres alliages métalliques présentent des phénomènes analogues.

Les dissolutions aqueuses , acides , on alcooliques présentent à œt égard des phénomènes variables. Dans la congélation de Teau de mer et des dissohitions saUnes très-étendues , il paraît que l'eau seule passe à l'état solide ; au contraire , dans la congélation du vin il se forme d'abord des dépôts plus ou moins abondants de bitartrate de potasse, de matière colorante et de Matière azotée, puis vers-"— 6*, — 8*, ou — 10^, suivant la richesse alcoolique , il y a congélation partielle ou totale ; dans tous les ^ la glace contient de l'akool , qui n'est pas seulement interposé mais combiné. M. de Vergnette-Lamotte admet que cette glace est un composé alcoolique en proportions définies , fosible vers-^6®; M. Boussingauh n'adopte pascette opinion, cependant 1^ expériences laissent encore des doutes puisqu'un mélange <^Qtenant 15 pour 100 d'alcool fut porté à 17 pour 100 quand on ^ eut séparé les lames de glace composant environ le quart du

volume total. {Ann, de Chim. et dePhys.y t. XXV, p. 353 et 363.)

Allotropie. — Le soufre, le sélénium et le phosphore, trois des corps simples non métalliques qui n'afFectent pas l'état gazeux, présentent, sous Tinfluence de la chaleur, des phénomènes extraordinaires tout à fait dignes d'intérêt : ils semblent changer d'aspect , de caractères physiques et même de propriétés chimiques; cVst cette transformation que Ton appelle allotropie^ comme poiu* indiquer que leurs molécules sont alors tournées ou groupées autrement.

Le soufre un peu au-<lessus de son point de fusion est liquide comme de Teau , en le chauffant davantage sa couleur jaune clair tourne au rouge , se fonce de plus en plus , sa substance devient visqueuse , pâteuse , coulant à peine , comme si elle tendait vers un nouvel état sohde. Lorsqu^on verse dans Teau froide en filet mince cette matière qui ressemble à de la mélasse, elle se fige un peu, et Ton retire de l'eau une masse filamenteuse , brun rougeâtre , assez tenace et élastique conmie du caoutchouc. C'est ce que l'on appelle du soufre mou ^ il est alors dans un état amorphe. Cet état se conserve quelquefois durant des mois entiers , cependant l'aspect change peu à peu , la couleur jaune commence à reparaître , la masse devient moins élastique , puis cassante; enfin elle reprend toutes les apparences et toutes les propriétés du soufre ordinaire.

Le sélénium porté à la température d'environ 220* , et lentement refroidi à l'air, devient visqueux, et prend une sorte d'état solide , amorphe , à 50^ , sans avoir perdu sa chaleur latente (M. HittorfF, Arm. de Poggendorf^ t. LXXXIV); mais si on le maintient pendant quelques heures, dans un bain d'huile, à environ 100^, ou un peu moins longtemps à environ 160', il laisse dégager sa chaleur latente, et s'élève rapidement à une température de 40' ou 50' plus haute que celle du bain. Dans son état cristallisé son point de fusion paraît être à environ 217'.

Le phosphore maintenu pendant huit ou dix jours à une température d'envirou 240 à 260', à l'abri de tout contact de l'air, et de tout corps exerçant sur lui quelque action chimique, se transforme en une poudre rouge carmin, ou même en une masse cohérente ayant l'aspect de l'hématite (Schrotter, Comptes rendus de V Académie des sciences^ 1848 et 1850). C'est du phosphore amorphe, sa dureté est comprise entre celle du

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