CHAP. IT. — CONDENSEUR ET POMPE A AIR
H est facile de voir qu'à chaque tour la somme z des poids de leau froide et de la vapeur condensée qui arrivent au condenseur est
Ainsi , pour une machine de . 40 chevaux, faisant 20 tours par minute, les valeurs de z sont à peu près de 33, 21, 16, 13, 10 kilogrammes, suivant que la condensation se fait à 35% 45*, 55% 65% 75*.
On serait porté à croire, au premier instant, que Ton ae peut pas jeter trop d'eau froide au condenseur, afin d'avoir une condensation plus prompte et plus complète ; mais le calcul précédent montre où il faut s'arrêter. En effet, il faut bien retirer l'eau du condenseur, et, pour cela, faire une dépense de force ; pour la retirer du vide sans Télever, il en coûte autant que si ou la prenait sous la pression atmosphérique pour l'élever à 10",33 : or, par une condensation à 35% par exemple, on ne laisse à la Tapeiu' opposante dans le cylindre qu'une tension de 40 millimètres, et Teau à tirer du condenseur à chaque tour est de 33 kilogrammes. Si Ton voulait condenser à 20% on ne laisserait, il est vrai, à la vapeur opposante qu'une tension de 1 7 millimètres; mais aussi il faudrait, à chaque tour de volant, tirçr du condenseur 125 kilogrammes d'eau, et certes on perdrait plus de ce côté que l'on ne gagnerait de l'autre ; une bonne condensation doit se faire entre 30 et 40^.
Le condenseur contient toujours de l'air, parce que l'eau froide elle-même en apporte qui se dégage dans le vide, et parce que l'eau d'alimentation en porte aussi dans la chaudière, qui se dégage avec la vapeur; cet air, même en petite quantité, retarde beaucoup la condensation, et nuit singulièrement à la marche de la machine ; c'est pourquoi il faut veiller avec le plus grand ^in à ce que les boîtes à étoupes de la tige du piston et de la ùge du tiroir n'en laissent pas entrer quand elles sont en communication avec le vide. On perdrait beaucoup plus par l'introduction de l'air que par les friites de vapeur qui auraient lieu lorsque les boîtes sont en communication avec la vapeur.
La nécessité d'enlever l'air est ce qui a fait donner le nom de pompe à air à la pompe qui retire l'eau du condenseur. Elle est repi-ésentée en u (Fig. 2) ; sa tige u" s'attache à la demi-lbn-
366 LIVRE II. — CHALEUR. — PREKIËRE PARTIK.
gueur du balancier; elle a donc une course égale à la moitié de celle du piston, et elle ne prend Feau qu'une fois par double coup, parce que c'est une pompe à clapet, qui se cbarge ea descendant , et qui n'élève Teau qu'en remontant. La soupape à clapet tl empêche qu'elle ne refoule l'eau dans le condenseur lorsqu'elle descend. Cette disposition a un inconvénient, parce qu'il se fait là, au-dessus du clapet, un matelas d'air qui ôte à la pompe une partie de son efficacité.
L'eau chaude arrive dans la bâche sf\ d*oà elle se dégage par un trop-plein; mais en même temps, du fond de la bâche paît un tuyau sf qui la conduit à la pompe alimentaire.
Lorsque les boîtes à étoupe donnent des fuites, par où l'air pénètre au condenseur , ou lorsque la pompe à air fonctionne mal, on s'en aperçoit à la puissance de la machine, qui est plus ou moins affaiblie; mais conune on pourrait attribuer cet affaiblissement à une tout autre cause, il est essentiel de connaître à chaque instant la pression qui reste au condenseur; on y parvient en le mettant en communication avec la partie supérieure d'un tube barométrique dont l'extrémité inférieure plonge dans une cuvette pleine de mercure. Quelquefois cette communication s'établit directement (Pl. 12, Fio. 9); d'autres fois elle s'établit indirectement au moyen de Tappareil qui est représenté dans la figure 8 (Pl. 12). Le tube intérieur, ouvert en haut, conununique en bas avec le condenseur, tandis que le tube extérieur, fermé en haut, plonge en bas dans une cuvette pleine de mercure, qui reçoit la pression de Tair. Si le vide était fait dans le condenseur, le mercure s'élèverait entre les deux tubes à la vraie hauteur du baromètre. Ce qni manque à cette hauteur est la pression du mélange gazeux qui reste dans le condenseur.
Pompe ailmeiKtftive. — C'est une pompe aspirante et* foulante à piston plongeur. On voit en \^ la soupape d'aspiration, en x le piston , en x' la tige du piston, et en x^ la soupape de refoulement. Le tube qui est au delà commtmique avec la chaudière.
Pompe €l*eaii froide. — C'est en général une pompe aspirante ordinaire, ou une pompe aspirante élévatoîre qui prend Teau dans un puits ou dans une source. Le corps dt cette pompe est en y derrière la pompe alimentaire, parce que les tiges des pistons de ces deux pompes viennent s'attacher à la demi-longuear du balancier du côté de la bielle. On voit en y le tuyau horizontal par lequel elle verse Teau dans ht bàdie^